Publicité
Richard Beaugendre, l?homme orchestre
Par
Partager cet article
Richard Beaugendre, l?homme orchestre
Musicien versatile. Richard Beaugendre se définit lui-même avec humour comme un artiste ?multicollection?. Il se produit actuellement au Taj Exotica, deux fois par semaine et au Paradis. Il joue en solo, en duo et en trio, tantôt à la guitare, tantôt au saxophone. Il fait également des remplacements au Sugar Beach. ?À Maurice, il vaut mieux être un homme orchestre. Car s?il y a un autre musicien qui fait mieux que toi dans le même registre, que deviens-tu alors ??
Richard Beaugendre, c?est surtout à la clarinette qu?il s?éclate le plus. Il a découvert l?instrument il y a quelques années. ?Pour moi, c?est le souffle de vie?, résume-t-il. La clarinette est un instrument difficile à entretenir, surtout à cause de l?indisponibilité des accessoires sur le marché local.
Toutefois, alors qu?il se produisait en cabaret dans un pub à Rose-Hill, on lui a volé son instrument. ?C?est comme si j?avais perdu mon âme?, raconte-t-il. Une période de galère débute pour lui au moment même où il atteignait sa plénitude de musicien. ?Il n?y a pas d?assurance pour ce type de perte?, lâche-t-il cyniquement. Dur, dur, le métier de musicien?
Richard Beaugendre rame donc pendant plusieurs années pour acheter un nouvel instrument. Entre-temps, il n?arrête pas de jouer à la guitare surtout, un instrument qu?il avait dompté dans son enfance. ?C?est comme le vélo, on n?oublie jamais comment en jouer??
À 40 ans, le musicien a déjà un beau parcours. Issu d?une famille de musiciens (il est le neveu de Michel Legris), il débute dans le groupe Ebène, avec José Bhoyroo. Puis c?est avec son frère Roland qu?il commence à jouer dans les hôtels, au Morne d?abord, au début des années 1980. Ils sont les Country Boys, groupe aujourd?hui disparu.
Dans les années 90, il effectue un long séjour à la Réunion. Là-bas, il fait plus ample connaissance avec le jazz et c?est la révélation. ?Le swing m?a ramené à mon bon vieux séga?, résume-t-il pour expliquer le coup de foudre.
À son retour à Maurice, il participe à la création du Creole Jazz Band, une formation de jazz New Orleans qui devient vite incontournable dans le monde musical local. Les tournées se succèdent et coïncident surtout avec des promotions de la destination touristique mauricienne sur les marchés internationaux.
Et entre-temps, sa musique prend forme. Une forme mélangée, forcément? Il sort un premier album en 2000, intitulé Santé avec une formation qu?il baptise Sunbeam et qui comprend des gens comme Philippe Thomas, Steeve Deville, Menwar?
Séga jazz ? Il récuse l?appellation, réductrice, selon lui. ?C?est ce qui nous bloque finalement, sur le marché. Personne ne montre un intérêt.? A qui la faute ? Richard Beaugendre est très critique envers les réseaux de diffusion où règne la politique des petits copains. Il sort malgré tout un deuxième album en 2004, sous le titre de Sunbeam tropical.
Aujourd?hui Richard Beaugendre continue son bonhomme de chemin. Il gagne sa vie dans les hôtels, joue sur de nombreux albums de chanteurs locaux même si ses contributions ne sont pas toujours reconnues à leur juste valeur.
Surtout, il n?a pas oublié sa passion pour la clarinette. Il en a finalement trouvé une, mélange de trois instruments, dont les morceaux ont été mis bout à bout. Il ne manque plus que le bec, la partie la plus chère et la plus importante de l?instrument. ?Je ne finirai bien par en trouver un?, lâche-t-il avec une confiance inébranlable en l?avenir?
Publicité
Publicité
Les plus récents