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Rencontres autour des littératures africaines
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Rencontres autour des littératures africaines
L?idée est originale. Donner l?occasion à ceux qui le souhaitent, de partager leurs préférences. De dire avec ses mots cette passion qui s?étrangle un peu tellement elle veut sortir à grands jets des gosiers. Parler en toute simplicité des littératures africaines, celles qui savent nous dépayser, nous saisir et nous captiver.
L?idée est de Lindsey Collen. ?Ki fer nou pa dimann dimounn vini avek zot liv ?? Les intéressés, les vrais, n?ont pas raté le rendez-vous fixé mercredi à 18 heures à Grande- Rivière-Nord-Ouest. Au départ, n?ayons pas peur des mots, la table ronde autour de la littérature africaine, a l?air d?un petit comité avec deux pelés et trois tondus. Jusqu?à ce que prenne place à la table Umar Timol, poète et nouvelliste et que débute l?interaction entre les deux auteurs, chose rare et précieuse, à laquelle nous assistons trop peu souvent.
S?attaquer à un domaine aussi vaste que les littératures africaines, c?est mettre à nu tout ce que l?on n?a pas lu. C?est revenir aux ?classiques?. Things Fall Apart de Chinua Achebe, The river between de N?gugi wa Thiong?O, July?s People de Nadine Gordimer, l?incontournable L?enfant noir de Camara Laye.
Tous ces ouvrages, inscrits au programme scolaire et universitaire, ont façonné les images de l?Afrique enracinées dans la tête de générations de lecteurs. Le recul aidant, on contraste les impressions de lecture de ces années-là, à celles de la maturité. Pour se rendre compte à quel point on a évolué dans sa pensée.
Tout est ressorti : les idées préconçues d?une Afrique ?lointaine? et floue, ?corrompue? voire ?sal ek vilin?. La voix de Lindsey Collen s?élève. Elle vient de là-bas. Elle est aussi d?ici. Là où un autre lecteur n?a vu que la corruption, elle s?est laissée attendrir par ?une expérience d?innocence?. Avec un sourire, elle avoue : ?Kitfwa mo bizin relir liv la pou mo get sa lot vizion la.?
Apogée. Car au final, à quoi cela sert de parler pendant deux heures des littératures africaines, si c?est pour camper sur nos positions de lecteur ? Et ne pas avoir envie de dévorer tous les livres exposés à notre vue sans se laisser décourager par le fait que bon nombre de ces ouvrages ne sont pas disponibles en librairie.
Umar Timol choisit, lui, de mettre Andre Brink sur le tapis. ?C?est extrêmement bien écrit.? Le mot est lâché. Qu?est-ce que le ?bien écrit? ? Peut-on le résumer à un phrasé simple, un ensemble de mots uniquement puisés dans le registre usuel. Ou est-ce plus que cela, un sens poétique indéfinissable qui nous retient jusqu?à la fin ?
Avec deux écrivains en présence, le débat bifurque forcément sur les conditions qui permettent à certains de publier. De ces ?autres voix de l?Afrique auxquelles nous n?avons pas accès?. De notre ?dépendance sur l?Occident pour définir l?image de soi?. De l?influence du colonialisme sur les plumes d?Afrique.
Autour de la table, certains n?écoutent plus que d?une oreille. Ils déjà ont commencé un nouveau voyage au c?ur des littératures africaines. Ne serait-ce qu?en feuilletant l?un des livres éparpillés à portée de main. Vivement l?année prochaine pour une autre édition.
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