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Relancer l?investissement : handicaps

15 juin 2004, 20:00

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La Bourse de Maurice est restée insensible à la présentation d?un Budget 2004-05 qui est loin d?avoir passionné les Mauriciens que la course de Hinterland ou la remontée de l?équipe de France de football.

Moins de Rs 3 millions, soit à peine plus de US$ 100 000, ont été échangées lundi, avec un Semdex en hausse de 0,3 %. Mardi, le Semdex a perdu 0,3 % avec Rs 11,5 millions ayant changé de main dont Rs 9,5 millions sur la seule action Gamma-Civic. Force est de constater que l?investissement indirect via la Bourse de Maurice est aujourd?hui totalement marginalisé et déconnecté de l?économie mauricienne, pour une raison essen- tielle : l?absence depuis presque dix ans d?offre régulière d?actions à travers soit des introductions en Bourse, soit des augmentations de capital. La capitalisation boursière totale représente 40 % du PIB mais, au niveau de développement où Maurice se situe, ce pourcentage aurait dû être supérieur. Si l?investissement indirect n?est pas considéré par les autorités comme étant digne d?intérêt, l?attention est focalisée sur l?investissement direct qui est en déclin constant depuis 1999 et atteint aujourd?hui 22 % du produit intérieur brut.

Or, le niveau d?investissement direct est très lié à la perception du pays aux yeux des investisseurs potentiels. A ce stade, Maurice est desservie par trois handicaps majeurs. Le premier réside dans la lourdeur de l?appareil administratif. Dans ce domaine, le bouche-à-oreille a beaucoup plus d?importance que l?on pourrait le croire a priori. D?une part, les investisseurs potentiels recherchent toujours le ?feedback? de leurs prédécesseurs. D?autre part, les consultants mauriciens, qui connaissent en détails toutes les difficultés pour monter un dossier, sont aujourd?hui peu enclins à promouvoir Maurice comme destination d?investissement.

La seconde constatation est la non-reconnaissance des secteurs productifs comme vecteurs de croissance : ni l?industrie, ni l?informatique-télé- communications, ni les services financiers, ni le tourisme n?ont reçu une attention particulière dans le ?Budget Speech?. Il est paradoxal que l?accent soit placé sur la formation, sans que les secteurs créateurs d?emplois ne soient considérés. A quoi cela sert-il de former si, à la fin, l?offre d?emploi est insuffisante pour embaucher les personnes issues des centres de formation ?

Enfin, la hausse du taux d?imposition des individus dont la tranche supérieure passe de 25- % à 30 %, laisse perplexe. Au cours des années précédentes, un certain nombre de ?schemes? ont été créés pour attirer une main-d?oeuvre qualifiée internationalement, presque tous les pays s?évertuent à diminuer leurs taux de taxation directe, car ils sont un des gadgets placés dans la vitrine de l?investisseur, qu?il soit d?origine locale ou étrangère. Celui-ci ne va pas entrer dans le détail des barêmes, mais simplement demander quelle est la tranche supérieure d?imposition et la comparer, parmi un certain nombre d?autres indicateurs, à celle d?autres pays.

Repenser ces handicaps aiderait à relancer l?investissement.

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