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«State Age Pension»

Le FMI appuie la réforme, les syndicats «pa pou kile»

17 juillet 2026, 15:00

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Le FMI appuie la réforme, les syndicats «pa pou kile»

Une semaine après la manifestation à Port-Louis, la Platform Komun Syndikal maintient la pression sur le gouvernement et poursuit ses consultations en vue d’éventuelles actions, dont une grève générale. (Photo : Kiranchand Sookrah)

Le bras de fer entre le gouvernement et les syndicats est loin d’être terminé. Une semaine après la mobilisation qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes dans les rues de Port-Louis contre la réforme de la pension, les positions restent irréconciliables. Mardi, à l’Assemblée nationale, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a une nouvelle fois exclu tout recul sur ce dossier. En même temps, le Fonds monétaire international (FMI) estime que la réforme doit se poursuivre, confortant ainsi l’exécutif dans son orientation.

Une prise de position qui ne fait qu’alimenter la détermination de la Platform Komun Syndikal (PKS), dont la démonstration de force de samedi dernier n’était qu’une première étape. Désormais, l’éventualité d’une grève générale est ouvertement évoquée. Mais avant d’en arriver là, les dirigeants syndicaux entendent poursuivre leur campagne de sensibilisation auprès des travailleurs. Ashvin Gudday, négociateur de la General Workers Federation, affirme que la plateforme entend respecter le mandat confié par les manifestants réunis au Jardin de la Compagnie.

Selon le négociateur syndical, le gouvernement persiste à défendre une réforme qui, avec l’introduction de la State Age Pension, repousserait dans les faits l’accès à une pension complète. «Les personnes veulent une action d’envergure. Face à la résistance du gouvernement, nous devons poursuivre la mobilisation.» Il réfute également l’argument de l’allongement de l’espérance de vie, avancé pour justifier la réforme. «L’espérance de vie n’est pas une réalité uniforme. Chaque travailleur a ses conditions de vie, son état de santé et son parcours professionnel. Rien ne garantit que tous pourront profiter de leur retraite dans les mêmes conditions.»

Si la grève générale demeure l’objectif affiché, Ashvin Gudday reconnaît qu’une telle action nécessite une préparation importante. La PKS prévoit ainsi d’organiser des mobilisations régionales à travers le pays afin de renforcer la sensibilisation. «Il faut battre le fer tant qu’il est chaud», lance-t-il. Même prudence du côté de Narendranath Gopee, président de la National Trade Unions Confederation (NTUC), qui rappelle qu’une grève générale ne peut être improvisée et qu’elle implique le respect de plusieurs procédures. Il fait notamment référence à la grève historique de 1979, quand de nombreux travailleurs avaient perdu leur emploi.

«Nous voulons que toute action entreprise soit conforme aux procédures légales. La grève reste notre ultime recours si le gouvernement refuse d’entendre les travailleurs.» Narendranath Gopee affirme toutefois privilégier encore la voie du dialogue et espère que le Premier ministre acceptera d’ouvrir des discussions avec les représentants syndicaux. «Nous ne sommes pas uniquement dans une logique de confrontation. Nous avons également des propositions à soumettre afin que chacun puisse en sortir gagnant», insiste-t-il.

Les recommandations du FMI constituent un autre point de crispation. Dans son rapport du 15 juillet, l’institution encourage Maurice à poursuivre la réforme du système de pension. Une position vivement contestée par Narendranath Gopee. «Est-ce désormais le FMI qui décide de la politique sociale du pays ? Les Mauriciens n’ont pas élu le FMI en 2024.» Tout en reconnaissant les difficultés financières auxquelles fait face le système de pension, il reproche au FMI de préconiser une réforme sans préciser les modalités à adopter.

Le président de la NTUC estime que d’autres pistes de financement existent et mériteraient d’être étudiées avant de repousser l’âge d’accès à la pension. Il cite l’exemple de sir Anerood Jugnauth, qui avait, selon lui, privilégié des solutions locales face aux recommandations du FMI au début des années 1980. «Pourquoi ne pas réunir les différents partenaires sociaux afin de trouver ensemble des solutions adaptées à la réalité mauricienne ?» s’interroge-t-il.

Même son de cloche chez Reeaz Chuttoo, président de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé. Il annonce que les membres de la PKS multiplieront les visites sur les lieux de travail afin d’expliquer aux salariés les enjeux de la réforme ainsi que les implications d’une éventuelle grève. Il reconnaît toutefois que le cadre légal mauricien ne facilite pas l’organisation d’un mouvement national de cette nature. «Les grèves sectorielles ou nationales ne sont pas prévues dans notre législation. Mais lorsqu’un mouvement bénéficie d’un large soutien populaire, comme cela a été le cas en 2013, les travailleurs peuvent décider collectivement d’agir.»

Pour Reeaz Chuttoo, la réaction du Premier ministre était prévisible. Malgré tout, il assure que la porte reste ouverte au dialogue. «Nous demandons simplement au gouvernement de nous écouter. Nous avons des alternatives à proposer. Une réforme d’une telle ampleur mérite un véritable débat avec l’ensemble des parties concernées.» À ce stade, le gouvernement ne montre aucun signe d’assouplissement, tandis que les syndicats poursuivent leur montée en puissance. Entre la fermeté de l’exécutif, le soutien du FMI à la réforme et la volonté des organisations syndicales de maintenir la pression, le dossier de la pension s’annonce plus que jamais comme l’un des principaux fronts sociaux des prochaines semaines.

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