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Rajkumar Lallah : Le calvaire d?un père
Il aura vécu un véritable cauchemar avec les amants terribles qu?étaient Anju Lallah et Antoine Chetty. C?est ce qui ressort de l?affidavit de Rajkumar Lallah en 1997. Dans un ordre qu?il avait réclamé à la Cour suprême, le notaire faisait état des misères que sa fille et son compagnon lui faisaient subir. Des misères qui l?ont amené à approcher Raj Dayal afin qu?il bénéficie d?une protection rapprochée contre Antoine Chetty. L?ancien commissaire de police en a lui-même témoigné lors de sa conférence de presse, vendredi dernier.
Rajkumar Lallah craignait donc pour sa vie. Dans un affidavit signé en présence de son avoué, Me Hiren Jankee, le 7 novembre 1997, le notaire déclare qu?il ne peut plus supporter le comportement du couple. « As a father, I have had to tolerate the outrageous behaviour of Anju Lallah and of her lover», explique le notaire au septième paragraphe de son affidavit.
Le vieil homme ne tolérait pas que sa fille aînée mène une existence débridée avec Antoine Chetty. Il lui reprochait également ses va-et-vient incessants à la maison de l?impasse Coombes, Vacoas. Une maison qu?il a vendue à sa fille cadette, Moushumi, pour la somme de Rs 2,5 millions en janvier 1997.
Mais le notaire a bénéficié d?un « droit d?usage et d?habitation » de Moushumi qui étudie le droit en Angleterre. Rajkumar Lallah n?apprécie donc pas qu?Anju se rende à l?Allée Coombes « at her own whims and fancies » et cela, sans sa permission.
Dans son affidavit, le notaire révèle que sa fille faisait également montre d?un comportement violent à son égard. « Elle venait souvent à la maison avec son amant et lorsque je montrais ma désapprobation quant à la présence de ce dernier, elle m?insultait, elle criait à tue-tête et me passait à tabac. » Le notaire détaille son calvaire en affirmant que sa fille l?avait, à un certain moment, battu si violemment qu?il s?est retrouvé avec les côtes cassées et a dû être admis à l?hôpital. Ces scènes de violence se déroulaient souvent en présence d?Antoine Chetty, a expliqué le notaire.
Certaines fois, poursuit le notaire, alors qu?il tentait de raisonner sa fille, elle l?insultait de plus belle et « would show her affection for Antoine Chetty physically in my presence ». Le vieil homme finit par craquer. Il fait une dépression et l?attitude d?Antoine Chetty le démoralise encore plus. Le notaire passe ainsi deux semaines en clinique où il a déboursé quelque Rs 60 000.
Loin d?abandonner, le notaire veut encore raisonner à sa fille. Et l?évidence finit par s?imposer : sa fille ne changera pas. C?est peine perdue. «? her conduct has become totally undignified and intolerable», dit-il en s?avouant vaincu. La nuit, Antoine Chetty venait rejoindre Anju à la maison et le garage est « converted into a make shift bedroom » pour abriter leur amour.
Novembre 1997, Rajkumar Lallah est un homme brisé. Il n?en peut plus. Le couple squatte la maison et sa fille lui a piqué ses clefs. Il n?a plus accès à la maison et ne peut pas non plus utiliser la Mitsubishi Galant qu?il a achetée cinq ans plus tôt.
Toujours dépressif, le notaire ne travaille plus. Il n?arrive pas à faire face à ses proches. Brisé, il part vivre chez sa vieille mère. « La relation entre moi et ma fille a atteint un tel sommet que je ne veux pas qu?elle habite dans la même maison que moi ou qu?elle utilise ma voiture. She has developed into a most despicable character and is indulging an immoral life », souligne le vieil homme.
Il enfonce le clou contre son aînée en révélant que celle-ci a même été arrêtée en 1997 pour le vol d?une voiture. Le procès avait été appelé devant le tribunal de Rose-Hill.
Rajkumar Lallah finit ainsi par réclamer une injonction défendant Anju Lallah et Antoine Chetty de se rendre au domicile, de lui restituer les clefs de la maison, des armoires et de sa voiture. Il réclamait également l?assistance de la police afin que l?ordre de la cour soit respecté.
Et le 11 novembre 1997, la juge Saheeda Peeroo accède à sa demande : « after having seen the demeanour and attitude» d?Anju Lallah. Six jours plus tard, les documents relatifs à l?odre de la cour suprême sont remis à Anju Lallah à travers Antoine Chetty au bureau du notaire Vinay Deelchand à la rue Sir Virgil Naz, Port-Louis.
Depuis, beaucoup d?eau a coulé sous les ponts. Et Anju Lallah et Antoine Chetty sont repartis vivre chez Rajkumar Lallah. Jusqu?à ce qu?ils soient arrêtés le 24 mars dernier dans cette demeure avec 825 grammes d?héroïne valant plus de Rs 8 millions.
La relation conflictuelle entre le couple et Rajkumar Lallah est telle que des questions sont posées sur la mort de ce dernier le 18 novembre 2001. Le notaire avait alors soixante ans et serait décédé après une chute.
Les proches de Rajkumar Lallah n?ont pour leur part jamais caché qu?Antoine Chetty ne serait pas étranger à sa disparition. Ils évoquent les ecchymoses trouvées sur le corps du notaire.
Raj Dayal n?est donc pas le seul à soupçonner qu?il y a eu« foul play ». « Si ti fer otopsie sa lepok la, kapav ti pou trouv kiksoz », s?est exclamé un proche parent du notaire quelques jours après l?arrestation d?Anju Lallah et de son compagnon.
Une lettre anonyme d?un Senior Lawyer destinée au commissaire de police et au Premier ministre 15 jours après ce coup de filet, fait état des coups tordus de la bande de Vinay Deelchand. « Mr Chetty can also tell how the deceased notary Lallah die », révèle la lettre.
Anju Lallah n?étant pas au pays, elle n?a donc pu faire des commentaires sur l?ordre réclamé par son défunt père. Par contre l?un des avocats d?Antoine Chetty, Me Samad Golamaully, invite l?ancien commissaire de police, Raj Dayal, à consigner une déposition sur le décès de Rajkumar Lallah. « En tant que citoyen responsable, s?il a des renseignements, il doit consigner sa déposition même s?il doit le faire en présence de l?inspecteur Prem Radhooa. Je ferais appel au commissaire de police pour qu?il puisse faire sa déposition avec cet officier », déclare l?avocat.
« Anju venait souvent à la maison avec son amant et lorsque je montrais ma désapprobation, elle m?insultait et me passait à tabac »
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