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Questions à?Joe Vella Bonnici
● Quel est le but de votre mission à Maurice ?
Je suis invité par le National Productivity and Competitiveness Council (NPCC) pour aider à mettre en place une politique nationale de développement de réseau destinée aux entreprises locales. Il s?agit d?une initiative conjointe secteur public et secteur privé.
La démarche du Commonwealth Secretariat est également d?assurer la formation des facilitateurs de réseau, une fois la stratégie ayant obtenu l?aval des autorités. Le rôle des facilitateurs est d?identifier les entreprises qui sont à la recherche des opportunités de collaboration.
L?existence d?une stratégie nationale enverra un message clair aux opérateurs. On leur dit qu?il existe une nouvelle approche pour travailler ensemble. Toute initiative de réseau devra viser une situation qui profite à tous les partenaires.
● Dans quelle mesure l?idée de réseau peut-elle améliorer la compétitivité des entreprises ?
Le développement de réseau vise principalement les petites et moyennes entreprises (PME) qui opèrent de manière indépendante. La situation du marché change avec la globalisation. Il est de plus en plus difficile pour les petits opérateurs de faire face à la concurrence seuls.
Il est possible d?envisager des alliances avec d?autres opérateurs. Le concept de réseau est très lié à celui de regroupement. Prenez l?exemple de Hollywood ou de Bollywood. Les sociétés cinématographiques qui sont sur la place sont certes des compétiteurs, mais elles coopèrent à plusieurs niveaux.
Il existe deux types de réseau : horizontal et vertical. Un regroupement des PME pour exploiter un marché commun ou se procurer en intrants ou développer un design commun.
Il est également possible de développer un réseau vertical. Par exemple, une grosse société pourrait décider de sous-traiter certaines de ses activités non critiques à des PME. C?est la tendance qu?adoptent les multinationales ces jours-ci.
Auparavant, elles essayaient de tout faire en interne. Maintenant, elles se concentrent de plus en plus dans les opérations qu?elles savent faire le mieux et sous-traitent le reste aux opérateurs spécialisés.
● Quelles sont les conditions qui doivent prévaloir pour réussir ce genre de partenariat ?
Il faut d?abord identifier une bonne opportunité d?affaires. Il est important que tous les partis impliqués agissent de leur propre gré et qu?il n?y ait pas de pression de part et d?autre. Il faut aussi s?assurer que les bénéfices soient correctement distribués. Sinon, le partenariat ne sera pas durable.
Par exemple, des PME souhaitent développer un réseau d?exportation mais se rendent comptent qu?individuellement cela leur reviendra très cher. Elles peuvent envisager une certaine collaboration afin de partager les coûts et les risques liés à l?activité d?exportation.
Il faut mettre en place un cadre facilitateur pour encourager ce genre d?initiatives. Mais cette nouvelle approche requiert un changement culturel. Les entreprises qui s?allient à des réseaux devront peut-être changer leur manière d?opérer et la façon dont elles travaillent avec les autres opérateurs.
Le rôle des facilitateurs est crucial. Ceux-ci devront être proactifs dans leur démarche. Ils doivent s?inspirer des expériences réussies de réseau dans les autres pays et éviter les erreurs déjà commises.
La deuxième partie du programme du Commonwealth Secretariat est d?aider les agences de facilitation telles que le NPCC et Enterprise Mauritius à développer leurs compétences dans le domaine du réseau.
● Dans quels pays cette stratégie a-t-elle donné des résultats positifs ?
L?expérience du réseau a été concluante en Italie et au Danemark notamment. La fabrication de plusieurs produits industriels dans l?alimentation, l?habillement, l?ameublement, et la bijouterie s?est organisée autour des réseaux et des clusters.
Ces expériences servent aujourd?hui de modèle à d?autres pays. Nous voulons que les entreprises mauriciennes puissent s?inspirer de ces modèles qui ont également fait leur preuve en Inde, au Brésil, au Nicaragua et à Malte.
● Le gouvernement préconise un mélange de législations et de négociations pour amener les grosses entreprises à sous-traiter certaines activités aux PME?
Il appartient aux parties en question de trouver la meilleure formule de collaboration possible dans le cadre d?un scénario win-win. L?existence d?un plan stratégique et d?une législation envoie un signal fort à tous ceux intéressés.
Un cadre législatif est nécessaire dans la mesure où il aide à mettre en place un environnement prévisible pour ce genre de partenariat.
Mais on ne peut forcer personne à s?engager dans les diverses formes de collaboration. D?autre part, les formules de réseau doivent rester flexibles.
Il est également important que les PME consolident leurs capacités pour être éligibles à des projets de sous-traitance dans le cadre des initiatives de réseau vertical. Il faut qu?elles puissent opérer selon les normes établies par les grandes entreprises sur le plan de la qualité et de fiabilité.
Propos recueillis par Akilesh ROOPUN
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