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Quelle alternance ?

12 avril 2005, 00:00

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Le budget 2005-2006 a anéanti les possibilités de programmes électoraux basés sur des promesses. C?est peut-être le plus grand bien qu?il ait fait à la politique mauricienne avant le lancement officiel de la campagne électorale. C?est aussi le grand défi lancé à l?opposition travailliste et à ses partenaires. Les ?100 jours? pour transformer le pays ou la ?démocratisation de l?économie? deviennent dès lors de simples slogans. Le leader rouge a du pain sur la planche. Il lui faudra démontrer, tant par calcul politique que par son sens de l?imagination, qu?il est capable de présenter un projet cohérent.

Il existe cependant peu d?indications à ce jour qu?il soit à même de surprendre. Au contraire, il en est encore à essayer de convaincre qu?il a changé, qu?il n?y aura plus de ?jaide? (laisser-faire) et que son action ne participe pas d?une opération de rachat. Et encore, c?est mal parti. Comment peut-on penser qu?il promet d?être plus dynamique et rapide dans ses décisions qu?il ne l?a été dans son premier mandat quand il choisit de s?absenter du Parlement le jour de la présentation du budget ? Après s?être tiré une première balle dans les pieds, il s?enfonce encore en déclarant à son meeting à Rose-Belle qu?il compte présenter un autre budget dans l?éventualité d?un retour au pouvoir.

Navin Ramgoolam doit vite se rattraper s?il ne veut pas embarquer le navire de l?opposition dans un naufrage électoral. C?est désormais dans un rapport d?altérité avec Paul Bérenger, et par extension avec Pravind Jugnauth, que Navin Ramgoolam devra se redéfinir rapidement.

Le budget 2005-2006 fait ainsi clairement ressortir le fait que le gouvernement MSM-MMM a travaillé sur un projet de cinq ans. Cela implique planification et organisation. Que le résultat final soit un ?manifeste électoral? ou un exercice financier réfléchi, il reviendra aux électeurs d?en décider. Mais il est évident que le gouvernement avait un projet. Qu?il a fonctionné selon un style de gestion. Qu?il vient de faire preuve d?audace ou d?irresponsabilité, cela se vérifiera dans le temps.

Par contre, il ne reste plus beaucoup de temps à Navin Ramgoolam pour énoncer un projet qui puisse réellement convaincre et séduire. Le prétexte à l?effet que l?alliance MSM-MMM pourrait reprendre ses idées ne tient plus. C?est en fait un non-sens absolu. Du sens, c?est ce que devrait démontrer son action future. Fini le temps des boycotts et des indécisions.

D?autre part, le Parti travailliste et ses alliés devront, sous le leadership de Navin Ramgoolam, rendre publics sa liste de candidats et son programme électoral avant l?alliance gouvernementale s?ils veulent reprendre l?initiative. Ils ont surtout le devoir de présenter un projet qui inscrirait Maurice dans une autre logique de développement et dans un nouvel élan économique. Une possibilité de confrontation d?idées et de politique générale se dessine à présent. Il appartiendra au leader rouge et à ses partenaires de décliner leur politique des réformes sans laquelle l?Etat ne se modernise pas. C?est l?enjeu principal de ceux qui plaident en faveur d?une alternance.

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