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Quarante matches, zéro surprise
Le sélectionneur de l?équipe d?Angleterre, Clive Woodward, a parfaitement résumé le sentiment général après la phase de poules de la Coupe du monde de rugby, qui s?est terminée dimanche.
?La guerre bidon est finie?, a dit Woodward après la victoire de sa formation 111-13 contre l?Uruguay. N?importe quel observateur aurait pu prédire sans risque l?issue des 40 rencontres de cette phase sans aucune surprise.
?Je suis impatient d?aller à Brisbane et d?entamer ce pour quoi nous sommes venus ici, les rencontres à élimination directe.?
L?Angleterre affronte le Pays de Galles en quart de finale dimanche à Brisbane juste après que la France aura, à Melbourne, joué son match pour une place dans le dernier carré.
La veille, la Nouvelle-Zélande se mesure à l?Afrique du Sud à Melbourne et les champions du monde en titre australiens relèvent le défi écossais à Brisbane.
Le tournoi se dirigera ensuite vers Sydney où seront jouées les demi-finales les 15 et 16 novembre. Le stade olympique accueillera la finale le 22 novembre.
Chair à canon
La victoire des Anglais dimanche n?a rien fait pour relever la compétition et n?a fait que confirmer une vérité incontestable dans le monde de la boxe : un poids lourd battra toujours un poids mouche, quelque soit le niveau du plus léger.
Aucun promoteur de combats de boxe n?aurait en effet organisé des duels aussi déséquilibrés que ceux qui ont eu lieu lors de la première phase du Mondial.
Les quarts de finaliste sont tous professionnels ; la majorité des joueurs des équipes qu?ils ont affrontées en poules, comme l?Uruguay et la Namibie - pulvérisée 142-0 par l?Australie - sont des amateurs.
Pour ne rien arranger à l?affaire des petites nations du rugby, le calendrier a été aménagé de telle façon que les gros bras ont bénéficié de plages de récupération plus longues que la chair à canon qui leur a servi d?adversaires.
Le président de l?International Rugby Board (IRB), Syd Millar a reconnu hier que le calendrier, qui a conduit l?Italie et les Tonga à jouer quatre matches en 14 jours, était injuste.
?Il nous faut faire rentrer de l?argent dans le rugby et bien entendu la télévision demande des matches au sommet à certains moments et nous devons en être conscients?, a-t-il admis.
Le plus inquiétant est que Millar a refusé de promettre des changements pour la Coupe du monde 2007 en France.
?Si nous avions l?impression de pouvoir faire quelque chose, nous le ferions mais pour le moment ce n?est pas notre intention?, a-t-il dit.
Pourtant, le sélectionneur de la Namibie a estimé que son équipe avait appris de ses défaites. La Namibie a fait l?effet d?une modeste équipe de club et il est difficile d?admettre que l?Uruguay et la Géorgie ont un rôle à jouer dans un tournoi qui est supposé désigner la meilleure équipe du monde.
La situation des îles du Pacifique Sud est plus brillante. Ces équipes possèdent de nombreux talents naturels mais il faut que les sélections concernées parviennent à trouver assez d?argent pour financer leur participation à la Coupe du monde.
Les Tonga ont déçu mais les îles Fidji, emmenées par l?ailier Rupeni Caucaunibuca, ont séduit et ont bien failli priver l?Ecosse de leur participation habituelle aux quarts de finale.
Les Samoa, qui évoluaient sans certains de leurs meilleurs joueurs - leurs clubs les payaient mieux - ont fait trembler l?Angleterre.
L?Italie a gagné deux matches sur quatre mais a été victime du calendrier. Elle a perdu contre le Pays de Galles son match de qualification pour les quarts quatre jours après avoir affronté le Canada. Les Gallois sortaient d?une plage de cinq jours de récupération.
Pour le moment, le tournoi a confirmé que la Coupe du monde n?avait pas changé depuis sa première édition en 1987.
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