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Quand l’heure de la récolte arrive

21 septembre 2004, 20:00

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Kersley Bauluck, frère aîné de Fabrice et également boxeur pieds-poings, est tel un électron libre dans le salon VIP de l’aéroport SSR. Au fur et à mesure que les secondes s’écoulent, il a du mal à contenir son excitation. “Je suis le plus heureux des frères… voilà comment résumer mon état d’esprit”, confie-t-il.

Et puis, ça a fait tilt. Deux frères boxeurs pieds-poings, ça cache certainement de belles bagarres entre frères ? Eclats de rire. Kersley acquiesce. “C’est vrai, comme chez tous les frères d’ailleurs…”, soupire-t-il. Plus loin, guirlandes de fleurs à la main, les parents de Fabrice Bauluck et de Niven Ramasabbu attendent impatiemment l’arrivée de leurs héros.

Et l’attente touche à sa fin. Les progénitures arrivent et tombent dans les bras de leurs parents respectifs. Ils s’échangent ensuite les parents pour de franches accolades. Y’a pas photo. C’est une seule et même famille.

On découvre, par la même occasion, que Fabrice et Niven Ramasabbu sont comme deux frères. “Comme il habite Beau-Vallon, Fabrice vient souvent passer quelque temps chez nous à Stanley afin d’éviter le long voyage après ses séances d’entraînement”, expliquent Bishnu et Vedy Ramasabbu, les parents de Niven.

“Avant son départ, Niven m’avait promis qu’il ne reviendrait pas les mains vides. Et il a tenu sa promesse”, lâche Bishnu, tout ému.

La fierté se lit également sur le visage de Marlène et Paul Bauluck. Parents d’un champion, c’est un rêve qui se réalise. Paul Bauluck était loin de s’imaginer qu’une telle chose puisse se produire. “Quand il a choisi le kick-boxing, je ne vous cache pas que j’ai été étonné. Je pensais qu’il me dirait qu’il ferait du football. Mais j’ai respecté son choix… Et puis, il faut dire qu’il a été influencé par son frère aîné, Kersley”, lâche le père de Fabrice.

“Il a toujours été un grand timide. Toujours discret”, renchérit Marlène.

En effet, difficile de croire que sous cette petite frimousse de grand timide se cache un champion du monde. “Fabrice, dès qu’il a un moment, se rend dans le garage et s’entraîne avec son sac”, confie sa mère.

Son père l’a même surpris à faire l’aller-retour entre Mahébourg et Blue Bay en courant, histoire de se garder en forme. “C’est fou ! Je me demande bien où il tire toute cette hargne”, s’interroge Paul Bauluck.

Mais aujourd’hui, tous les sacrifices du jeune Fabrice Bauluck prennent enfin sens aux yeux de ceux qui ne comprenaient pas qu’on puisse autant carburer à la passion. Toutes ces fois où il a fait passer le sport avant la famille en s’entraînant à Rose-Hill sous l’oeil de son mentor Judex Jeannot, ont finalement porté leurs fruits.

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