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Présentation en avril du budget 1955-56
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Présentation en avril du budget 1955-56
Grand bruit est fait, aujourd?hui, par l?opposition parlementaire et extra-parlementaire, de la décision, ?anti-démocra-tique? selon certains, des présents locataires de l?Hôtel du Gouvernement de présenter le budget national 2005/06 au début de ce mois. Les hasards des retours en arrière historiques permettent d?enregistrer un précédent à ces budgets du mois d?avril. Il survient un demi-siècle de cela. Le gouverneur de l?époque, Sir Robert Scott, décide, de présenter le mardi 5 avril 1955, son budget pour l?année financière 1955-56.
Il ne semble pas, à première vue, que ce budget prématuré ait suscité l?ire particulière de Seewoosagur Ramgoolam ou de Satcam Boolell. Des observateurs feront remarquer à juste titre que les locataires de l?Hôtel du Gouvernement de l?époque étaient convaincus d?être encore en poste à la fin de l?année financière 1955-56.
Ce budget est Rs 150 m en 1955-56 contre Rs 43,1 milliards en 2005. Les gouvernements changent peut-être mais pas celui du montant des dépenses publiques, toutes proportions gardées. Ainsi en 1955, le gouvernement colonial dépense annuellement l?équivalent de l?achat de 50 000 voitures à Rs 3 000 l?unité. C?est probablement ce qu?elles coûtaient en moyenne, à l?époque, à des cadres touchant environ Rs 500 par mois.
En 1955, l?Establishment et l?Income Tax (naissant) traquaient sans répit tout automobiliste pilotant véhicules luxueux. Le moindre signe extérieur de richesse pouvait donner lieu à une enquête en profondeur. Il était mal séant de parler publiquement des bénéfices d?une entreprise et encore moins des des émoluments, d?un particulier ne faisant pas partie de la fonction publique. Mais jetons plutôt un coup d??il sur ce budget colonial d?il y a un demi-siècle.
Le budget 1955-56 comprend les dépenses pour le développement ainsi que pour et le bien-être social. Les revenus comprennent ceux dits courants, comprenant les taxes et les tarifs appliqués aux différents services, et ceux dits de capital, provenant des ventes de terres de la couronne et des remboursements des prêts et avances. Les recettes pour 1955-56 sont estimées à Rs 142,3 millions (Rs 106,1 m de revenus courants et Rs 36,1 m de revenus de capital). Les dépenses s?élèveront à Rs 150,8 m occasionnant un déficit de Rs 8,5 m. L?estimation révisée pour 1954-55 s?élèvent à Rs 124,4 m Les dépenses estimées des recettes de 1955/56 sont de Rs 99,9 m pour les frais courants et de Rs 50,9 m pour les investissements de développement, soit un total de Rs 150,8 m et un dépassement de Rs 35 m sur celles de 1954-55 (Rs 115,8 m). Il est escompté que le budget national de 1954-55 laissera un surplus de Rs 8,7 m qui sera versé en grande partie au General Revenue Balance.
En 1938-39, les dépenses nationales s?élèvent à Rs 24,2 millions. L?impôt sur le revenu rapportera Rs 35 m en 1954-55 et Rs 37 m en 1955-56. Le montant total des taxes indirectes s?élève à Rs 50,9 m. La dette publique se chiffre à Rs 88,9 m en avril 1955 contre Rs 61,8 m. en avril 1954. Les revenus du chemin de fer sont évalués à Rs 4,4 m et les dépenses à Rs 7,2 m, laissant un déficit de Rs 2,8 m.
Des provisions de Rs 54 531 sont prévues pour la création d?un quatrième district comprenant les Plaines-Wilhems (à l?exception des villes), la Rivière-Noire et la partie de Port-Louis ne tombant pas sous la juridiction de la municipalité, soit 192 miles carrés pour une population de 81 000 âmes.
Le personnel de l?Income Tax est trop à l?étroit au quartier général des Postes et Télégraphes. Ce département occupera bientôt une partie de l?immeuble que la Banque Agricole (la future Banque de Développement) se propose de construire à la Chaussée en face de l?Institut de Maurice (le Musée de Port-Louis).
Une somme de Rs 1,9 m permettra de remplacer le câble souterrain reliant Curepipe au sud de l?île. L?Amirauté le met en place en 1942. Il avait une longévité de deux ans seulement. Il a tenu 12 ans. Son délabrement est tel qu?il doit être à présent remplacé.
La malaria étant éradiquée, la tuberculose devient la maladie à vaincre en priorité. Un sanatorium sera construit à Moka sur un terrain de la couronne de huit arpents. Le nouvel hôpital comportera 175 lits. Il coûtera Rs 400 000. Sa construction rendra caduc le projet de doter l?hôpital civil de Port Louis d?une Chest Clinic et d?un département pour les patients externes. Des dépenses de Rs 229 000 sont prévues à cet effet dans le budget 1954-55. Aujourd?hui, Moka est doté d?un hôpital spécialisé en ophtalmologie. Les tuberculeux ont longtemps été soignés à l?hôpital de Poudre d?Or et l?hôpital civil dispose d?une Chest Clinic.
Une somme de Rs 100 000 est prévue pour construire un laboratoire de bactériologie à Candos. L?Institut de recherches de l?industrie sucrière (MSIRI) nouvellement créé, rend caduc le laboratoire de bactériologie au Réduit. Les locaux qui l?abritaient sont à vendre.
Voici, par ailleurs, une nouvelle extraite de l?actualité du mois d?avril 1955. Le Collège Royal de Curepipe présente A Midsummer Night?s Dream. La pièce de William Shakespeare est mise en scène par Patrick Delahunty. Les interprètes sont Serge Florent (Bottom), Raymond Rault, fils (Quince), Yves Houbert (Oberon), Miranda Sims (Titania), Winona Swan (Hermia), Francis André (Lysandre), Lindsay Lingaya (Démétrius), Philippe K/Vern (Thésée), Mme B. Sims (Hippolyte, reine des Amazones), Jacques Némorin (Puck). Le Collège Royal compte déjà à son actif des représentations de Topaze, de Il est minuit Dr Schweitzer, de Dr Knock. Dans la célèbre pièce de Jules Romains, un certain Gaëtan Duval interprète une ? Dame en mauve.
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