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Prostitution infantile :«Question de verre à moitié rempli ou vide»

2 juillet 2008, 00:00

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Prostitution infantile :«Question de verre à moitié rempli ou vide»

Les débats ont longtemps tourné en rond, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et le leader de l?opposition, Paul Bérenger, campant sur leur positions, commentant diversement les mêmes chiffres? Le sujet de ce désaccord : la Private Notice Question (PNQ) de Paul Bérenger, portait sur la prostitution infantile à Maurice. «Le Premier ministre est-il d?accord qu?il est grave que l?US State Department chiffre les enfants prostitués à 2600 à Maurice ?» demande le leader de l?opposition Paul Bérenger, au Premier ministre.

«Le rapport dit en fait, que la situation s?est améliorée», répond Navin Ramgoolam. «Mais 2 600 enfants prostitués, c?est beaucoup. Peut-être que l?on devrait mener une enquête pour voir si ce chiffre est vrai, parce que sinon cela risque de porter préjudice à l?image de notre pays.»

«Ce chiffre de 2 600 a été publié pour la première fois quand le gouvernement avait commandé une enquête sur la question. C?est en 2002 que ce rapport a été publié et depuis, tout le monde reprend ce chiffre. Cela s?appelle se tirer une balle dans le pied», répond Ramgoolam, sans hausser le ton.

Les échanges sur la prostitution infantile à Maurice entre le leader de l?opposition et le Premier ministre ont ainsi tourné en rond pendant une demi-heure. Paul Bérenger se base sur le dernier rapport du US State Department, qui classe Maurice dans la catégorie Tier 2. Le chef de l?opposition met en avant, dans le libellé de sa question, que le rapport précise que « les autorités ne sont pas en train de faire assez pour combattre le problème.»

Le Département d?Etat américain classe les pays en quatre catégories dans la lutte contre la prostitution infantile. Le Tier 1 comprend les pays qui se conforment aux critères minimaux du US Trafficking Victims Protection Act, le Tier 2 regroupe les pays dont les gouvernement ne se conforment pas complètement aux standards, le Tier 2 Watchlist s?applique aux pays qui ont connu une hausse du nombre de victimes et où il n?y a pas eu suffisamment d?efforts pour combattre le fléau, et enfin le Tier 3 comprend les pays où il n?y a pas eu de réels efforts pour combattre le problème.

Bien qu?admettant que selon le rapport, Maurice n?est pas en train de se conformer totalement aux standards, le Premier ministre récuse l?accusation selon laquelle les Etats-Unis jugeraient que les autorités ne font pas assez pour combattre le problème. «Je ne sais pas si nous sommes en train de lire le même rapport, mais je n?ai pas vu où le rapport dit que le gouvernement ne fait pas assez d?efforts. Au contraire, le rapport dit que the Mauritian Government demonstrated increased trafficking law enforcement efforts, vigourously investigating cases of human trafficking throughout the year.»

Le Premier ministre ajoute qu?en 2004, «Maurice était classée sous le Tier 2 Watchlist alors que maintenant, nous avons progressé et sommes classés sous le Tier 2. C?est une mesure des actions prises par le gouvernement pour combattre le trafic de personnes».

<B>«Un cas est un cas de trop»</B>

Paul Bérenger accuse le Premier ministre de ne «lire que les paragraphes favorables à Maurice» et dit que c?est une question de «verre à moitié rempli ou de verre à moitié vide». Mais ajoute-t-il, « un cas est un cas de trop».

Les deux hommes sont ainsi demeurés sur des positions diamétralement opposées, et n?ont donc pu s?entendre sur la question. Bérenger a même proposé que l?on mette un avertissement à l?arrivée à l?aéroport. Avertissement qui serait un signal fort aux touristes, pour avertir que la prostitution infantile est sévèrement punie.

« Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Ce serait envoyer le message que Maurice est un pays où le problème est énorme (?) alors qu?il y a des pays européens, le Japon et même Singapour dans la même catégorie », réplique le PM.

Le leader de l?opposition revient aussi avec insistance sur le chiffre de 2600 mentionné dans le rapport et note que le Premier ministre ne mentionne pas ce chiffre dans sa réponse. Navin Ramgoolam revient sur le fait que c?est l?ancien gouvernement qui mentionne ce chiffre pour la première fois, et ajoute qu?il faudrait peut-être (comme l?a demandé à plusieurs reprises le leader de l?opposition) mener une nouvelle enquête «parce qu?il faudrait corriger cette image négative qui date de 2002».

A une interpellation de Nando Bodha, le Premier ministre répond que «nous faisons ce que nous devons. Après tout, nous ne sommes pas les Etats-Unis et nous ne pouvons prétendre avoir des solutions à tous les problèmes, mais ce qui compte, et je le répète, c?est que nous avons progressé.»

A noter que le gouvernement compte venir de l?avant avec un Combating of Trafficking in Persons Bill. Les recommandations d?un conseiller légal du United Nations Office for Drugs and Crime, qui était à Maurice en juin dernier, sont également attendues.

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