Publicité
Production agricole à Madagascar :Un projet qui piétine
Par
Partager cet article
Production agricole à Madagascar :Un projet qui piétine
Le projet de production agricole mauricienne à Madagas-car est au point mort. Si tous les ingrédients sont réunis, la mayonnaise ne prend toujours pas. Mais Arvin Boolell, le ministre de l?Agro-industrie en fait un enjeu. Il y va, selon lui, de la sécurité alimentaire de Maurice.
En janvier 2006, le projet avait suscité l?engouement général. Mis en place sous l?égide de la Food and Agricultural Organization (FAO), il visait à encourager l?investissement trans-frontalier (cross border investment) dans le do-maine agricole, pour les pays de la Southern African Develop-ment Corporation (SADC).
Mais un an et demi plus tard, on est toujours à la case départ. Pour le ministère mauricien de l?Agro-industrie la difficulté réside notamment dans la mise en place et l?application des normes phytosanitaires. Pour les entrepreneurs, ce serait aussi une question de volonté politique?
Pourtant, Maurice et Mada-gascar s?imposaient d?entrée comme les partenaires privilégiés du programme. Madagascar serait le grenier et Maurice la semeuse. Les Mauriciens se positionnaient comme les investisseurs sur des terrains alloués par les Malgaches.
«On en parle depuis 1990 et ces dernières années avec les coûts de production qui ne cessent d?augmenter, le principe devient de plus en plus impératif», plaide Jean-Cyril Monty, le directeur de la Chambre d?agriculture de Maurice.
En 2006, tout avait bien commencé. Un forum d?investissement organisé à Madagascar avait réuni 28 Mauriciens et une centaine de Malgaches. Produc-teurs de pommes de terre, de fruits et légumes ou encore de fleurs des deux pays avaient côtoyé les spécialistes en bio-énergie, en normes sanitaires, les techniciens des deux gouvernements et les ministres respectifs.
L?objectif était de permettre aux entrepreneurs mauriciens de prendre des engagements d?investissement et aux pouvoirs publics malgaches de donner les garanties nécessaires pour la réussite du projet.
<B>«Volonté politique»
Des «zones d?investissement agricoles» avaient été identifiées par le gouvernement malgache. Ces zones se situent dans un rayon de 150 à 250 kms de l?aéroport international et du port de Toamasina.
La production devait concerner principalement la pomme de terre, l?oignon, le maïs ou encore les fruits et légumes. Le potentiel de production intéresse le marché mauricien mais aussi celui de la SADC et même celui du bassin de l?océan Indien (la Réunion, les Emirats arabes, l?Inde).
«Malheureusement, il n?y a pas eu de développement majeur. Nous butons sur la question de normes phytosanitaires mais aussi sur les problèmes liés aux facilités d?exportation pour le port de Toamasina», regrette Jean-Cyril Monty.
L?Agricultural Marketing Board veut rester optimiste. L?organisme s?est impliqué dans le projet. Et il se dit prêt à s?investir davantage. «Nous sommes même disposés à investir dans la mise en place de chambres froides, dans le port malgache, pour faciliter la tâche des producteurs mauriciens», insiste un haut responsable de l?organisme.
Pour Jean-Cyril Monty il y a la question de l?octroi des terres qui reste un sujet sensible. Et si l?Etat malgache a pris des engagements, ceux-ci ne se traduisent pas forcément dans les faits. Il y a encore des dissensions, selon lui. «Mais il faudrait surtout une véritable volonté politique tant du côté malgache que de celui des Mauriciens», ajoute le directeur de la Chambre d?agriculture. Il n?hésite pas à lancer un appel au chef du gouvernement mauricien afin qu?il «mette tout son poids» dans le projet.
Arvin Boolell, lui, ne cache pas sa déception. Voire même une certaine inquiétude. Pour le ministre de l?Agro-industrie, le projet s?inscrit bien dans le cadre de la diversification agricole mauricienne.
Jean-Cyril Monty fait remarquer qu?après deux décennies de croissance, la production agricole a commencé à chuter depuis 2005. Une tendance qui provoque l?inquiétude du ministre de l?Agro-industrie. Et qui explique son impatience de voir le projet mauriciano-malgache se concrétiser. «Il y va, à terme, de l?autosuffisance alimentaire mauricienne», conclut-il.
Publicité
Publicité
Les plus récents