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Pour tout l?or du monde?
Le veau d?or est toujours debout chante-t-on dans Faust. Son histoire remonte aux Israélites qui, se montrant un peu veules, firent un tel veau selon la légende. Toutefois les générations suivantes ont préféré le cheval au boeuf et c?est l?étalon or qui a été longtemps vénéré au cours des temps modernes avant d?être abandonné au cours des années 30.
Des nations soignent quand même leurs réserves et la plus réputée, celle de Fort Knox aux Etats-Unis, tente plus d?un malfrat. Violer ses coffres toutefois est considéré mission impossible.
L?or qui circule au lieu de rester ainsi en sommeil contribue à des ornements, bijoux, et autres menus usages comme monnaie, médailles ou médecine. La couleur jaune, unique, ne ternit pas. De plus le métal ne se laisse pas attaquer par les agents de la corrosion. Puisqu?il reste intact on en fait des alliances symbolisant l?amour qui, comme l?or, devrait demeurer éternellement brillant. Il y a là autant d?optimisme que ces regrets éternels exprimés sur des pierres tombales.
Les joyaux sont associés à l?histoire, à des légendes ou encore à des anecdotes. Une impressionnante collection associée à l?histoire fut trouvée dans le tombeau de Tout Ank Amon. La légende connaît la couronne du roi de Syracuse qui permit à Archimède de crier ?Eurêka? et une anecdote concerne une Alsacienne après la défaite de Sedan en 1870. Elle vanta devant une Allemande le talent des joailliers français capables de faire un bijou de n?importe quoi. Celle-ci s?arrachant un cheveu lui demanda d?en faire un bijou. L?orfèvre choisi retourna finalement une pièce en or montrant l?aigle allemand tenant dans ses serres le cheveu duquel pendaient l?Alsace et la Lorraine avec la légende ?l?aigle ne les tient que par un cheveu?.
Bijoutier, joaillier, orfèvre ajoutent tous beaucoup de petits plus à l?or. Le troisième artisan, au nom prestigieux, porte une racine voulant dire fabricant. Il rappelle Homo faber, surnom de notre espèce, l?homme qui fabrique des outils. Parmi les artistes de l?or figurent les ciseleurs dont le plus fameux, Benvenuto Cellini, eut droit à un opéra de Berlioz. L?oeuvre fut malheureusement un four.
Le métal des princes
Les objets d?or contemporains ne sont pas tous portés avec distinction. La parvenue par exemple exhibe des doigts boudinés chargés de grosses bagues lourdes d?inélégance. Plus discret était le monsieur d?hier avec sa canne de bois précieux à pommeau d?or bruni. Le mot ne veut pas dire assombri mais poli au brunissoir, sphère d?agate qui écrase les aspérités. Cette action révèle que le métal est mou. Si mou d?ailleurs qu?il ne peut être travaillé sans être raffermi par une adjonction de cuivre ou d?argent. La proportion de métal noble se mesure en carats, 24 étant de l?or pur. Certains pays tolèrent un très faible titre, par exemple 9 carats. Mais un bijou de bonne facture devrait être au moins de 18.
La vaisselle aussi est parfois d?or et pas seulement sur la table des princes. Dans le conte, Barbe Bleue possède de la vaisselle d?or. Les précieuses pièces servent en cas de coup dur, et Louis XIV fit fondre les siennes pour contribuer à l?effort de guerre.
De plus petits objets sont valables comme monnaie. Doublons, ducats, écus, louis, napoléons, pistoles, souverains tintent agréablement. Au cours de nos jeunes années on trouvait encore des souverains dans certaines familles.
L?étranger n?a pas le privilège de battre monnaie d?or. Chez nous existent des dodos coins de trois dénominations. Ils sont ?legal tender ? mais pas monnaie courante. L?emploi de monnaie d?or remonte loin et certaines des premières pièces portaient déjà l?effigie du monarque, ce qui lui faisait de la publicité. A César par exemple.
L?or est aussi utile en très minces couches. Comme il ne durcit pas à frapper, on l?étale en feuilles si fines qu?elles laissent filtrer une lueur verte. Un souffle les froisse et elles s?effritent au toucher. L?art de convertir le métal précieux en feuilles est très ancien et les Egyptiens connaissaient déjà des feuilles de 5 millièmes de millimètre d?épaisseur. Parmi les emplois de ces feuilles figure l?art du relieur qui dore tranches ou titres. Le talent d?autres artisans, voire d?artistes, dore des statues comme celle du prince Albert consort de la reine Victoria, ou encore des monuments comme le temple d?or à Amritsar.
Sur les engins spatiaux de minces pellicules d?or reflètent les rayons trop chauds du soleil, tandis qu?une couche ténue, placée en sandwich dans une plaque de verre pour avion, conduit un courant électrique. Il chauffe le verre et empêche la vapeur environnante de se condenser en glace. Et à l?intérieur du verre, l?or en parcelles colloïdales colore en rouge des vitraux de cathédrales.
Mais même en couche mince le métal jaune peut au contraire jouer un rôle d?écran. C?est qu?il recouvre alors de menus objets destinés à l?examen au microscope électronique.
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