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Pour que vivent les IRS

28 janvier 2006, 20:00

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Il est beaucoup question d?IRS aux quatre coins du pays ces temps-ci. Ce nouveau pôle de croissance, de par l?ampleur des investissements, les superficies des terres concernées et la nature des travaux, aura de profonds impacts socio-spatiaux et économiques. Dès lors, le défi c?est comment inscrire les IRS dans une stratégie de développement durable.

C?est dans le budget 2002-2003, que le gouvernement MSM-MMM signifie son intention d?aller de l?avant avec l?« Integrated Resort Development ». Les réactions ne se sont pas fait attendre avec des mises en garde contre le danger de la spéculation foncière et le risque de braderie du territoire national. L?opposition d?alors avait vivement critiqué les projets IRS, menaçant même de révoquer les permis IRS une fois au pouvoir. Dans « Setting the stage for robust economic growth », Rama Sithanen parle de « revisit » les projets IRS. Depuis, des projets se sont retrouvés dans le « Fast track committee » ; c?est dire l?importance qu?accorde le gouvernement aux projets IRS pour relancer le train du développement.

L?exploitation intelligente du capital foncier (constitué de terres libérées de la canne et de terres marginales) à travers les IRS, constitue une réelle opportunité pour relancer l?investissement, créer des emplois directs et indirects et soutenir le développement de PME pour « service » les IRS et autres développements résidentiels. Pour mieux réussir l?« Integrated Resort Development », il ne faut cependant pas perdre de vue les aspects potentiellement problématiques de ce développement.

Valeur du jour, tous les projets IRS se ressemblent. Dépendant du contenu de la déclinaison du concept, un IRS peut être une enclave ? ghetto pour les riches ? qui viendrait conforter les critiques qui parlent de ségrégation économique et sociale. Un IRS peut aussi, dépendant du profil de la clientèle ciblée, être un pôle sur lequel peuvent venir se greffer des activités, des prestations et services autres que ceux de bonnes, de jardiniers, de chauffeurs et autre personnel d?entretien. Un IRS ciblant les personnes retraitées par exemple, peut générer des emplois dans le domaine médical et paramédical. Au-delà des IRS, le séjour de 5 000 retraités, hors résidence IRS, disposant de revenus mensuels de 2 000 euros par mois équivaut à une injection mensuelle de Rs 400 millions, soit Rs 4,8 milliards par an, dans l?économie nationale.

Le bon sens veut que ce soit le plan d?ensemble de l?aménagement du territoire qui devrait être le principe directeur de tout développement foncier. Maintenant que les IRS vont de l?avant, il s?agit de penser à leur intégration dans une stratégie de développement durable dans une logique de « win-win-win » entre promoteurs, Etat, et population. Le groupe Médine a eu la vision de préparer un « Master Plan » de ses terres pour la période 2005-2025 avec comme principes directeurs, l?intégration socio-spatiale et économique et la valorisation du patrimoine naturel et historique. Dans le cadre de son projet Anahita, CIEL a annoncé une étude sociologique pour connaître les attentes et les besoins des populations environnantes. Il convient d?apprécier à sa juste valeur ces initiatives des promoteurs ayant compris l?importance de la dimension sociale du développement. Il s?agit en effet de voir plus loin que le bout de son nez. De telles initiatives ne doivent surtout pas être du « lip service » ou une man?uvre pour paraître « politically correct ».

L?heure est à l?imagination créative pour être compétitif. Vivement que les IRS rivalisent sur le volet « Innovations et Réalisations Sociales » ? l?autre IRS ! Cet « autre IRS » est une déclinaison de l?entreprise citoyenne, qui est une notion qui réunit deux ordres distincts, l?ordre civique et l?ordre marchand, et pose le problème du rôle de l?Etat et des acteurs économiques (l?articulation de leurs missions, leur distinction, leur complémentarité).

Intégrer la dimension sociale du développement dans tout projet de développement ne veut nullement dire faire ?uvre de bienfaisance ; il s?agit plutôt de pratiquer une économie de la responsabilité ou de la responsabilisation. L?imagination créative mentionnée plus haut doit porter tant sur le contenu des innovations et réalisations sociales que sur les mécanismes et les types de partenariat à mettre en place pour leur concrétisation. L?enjeu est tout simplement la pérennité de ce nouveau pôle de croissance et son intégration dans le développement national.

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