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Pour ou contre la peine capitale ?

22 février 2006, 00:00

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?Aux grands maux, les grands remèdes?, diraient certains ministres devant la montée de la criminalité. Comprenez par là, la réintroduction de la peine capitale pour les crimes les plus haineux. Il semble que la question divise le cabinet, comme elle divise la population. Mais, au-delà d?une appréciation et d?une opinion personnelle, la question a trait à la pertinence de la sentence de mort et son incidence sur le taux de criminalité.

La peine de mort par pendaison a été suspendue en 1995, objet d?un accord politique entre Sir Anerood Jugnauth et Xavier Duval. La dernière exécution remonte à 1987 : Eshan Nayeck, connu comme Alexandre, est condamné en juillet 1987. Sa demande de clémence à la Commission de pourvoi en grâce est rejetée. Anerood Jugnauth, Premier ministre d?alors, signe l?ordre d?exécution. La pendaison a lieu le 10 octobre. Un des seuls quatre témoins de l?exécution raconte : ?C?était une affaire de quelques minutes. (...) Une heure après, les médecins ont confirmé la mort par strangulation. Le commissaire et son adjoint ont signé un certificat pour dire que judgment of death was this day executed on Eshan Nayeck in our premises.?

Mais la peine de mort est toujours présente dans nos lois. Si la décision prise par Sir Anerood Jugnauth en 1995 a fait des heureux ? les défenseurs des droits de l?homme ? d?autres l?ont regrettée. Ils pensent que la peine de mort est une façon de décourager les crimes crapuleux. Mais l?est-elle vraiment ?

Le débat est international. Dans le monde, 78 pays pratiquent la peine capitale, 79 l?ont abolie pour tous les crimes alors que 15 l?ont supprimée sauf circonstances exceptionnelles. Toutefois, 23 des pays qui la reconnaissent comme mode de punition ne l?ont pas utilisée durant les 10 dernières années.

Les exécutions en Chine (3 400 personnes par an) sont pour 90 % des peines mondiales. Singapour détient le taux le plus élevé, avec une moyenne de 70 éxecutions par an pour une population de 4 millions d?habitants. Aux états-Unis, où 13 des 51 états l?ont abolie, 60 personnes ont été exécutées en 2005. Là-bas, des études démontrent que le taux de criminalité est plus élevé dans les états où la peine capitale est en vigueur.

Droits de l?homme et droit à la vie

Alors que les débats interpellent les citoyens, les raisons qui poussent à l?abolition sont souvent politiques : un pays européen ne peut se joindre à l?Union s?il accepte la peine de mort comme moyen légal de punition.

La réintroduction de la peine de mort est demandée quand le taux de criminalité augmente. Ceux qui objectent arguent que l?état ne peut tuer une personne. L?erreur judiciaire est également évoquée : elle serait assez courante, risquant l?exécution d?innocents.

Les ?pour? affirment que le criminel n?a pas le droit à la vie quand sa victime est morte. Ils soutiennent que cette sanction fait réfléchir à deux fois, argument qui n?a pas cependant été réellement prouvé.

Le débat ne semble pas rationnel. Dans un sondage américain, 69 % des sondés étaient pour, contre 22 % opposés à la peine capitale. Toutefois, 41 % croient en son côté dissuasif, alors que 53 % ne le pensent pas?

Réintroduira-t-on la peine de mort ? A une époque où un gouvernement se dit pour la protection des droits de l?homme, sans exception aucune, il pourra difficilement justifier une telle décision?

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