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Plus fort que du piment confit
Donner l?exemple. Serge Clair a trouvé le bon geste. Celui qui a fait sourire et applaudir la petite foule massée face à la mer, au Caudan Waterfront, à Port-Louis. Encouragé par le triangle, la ravanne et le bobre, le chef commissaire n?a pas hésité à tomber la veste pour danser le séga-tambour. D?un pas assuré, il a évincé le cavalier tournoyant autour d?une jeune fille en robe à fleurs.
Le sourire aux lèvres, Serge Clair a bougé en cadence. Celle de Rodrigues, à l?honneur au Caudan jusqu?à dimanche. La scène s?est déroulée hier, lors du lancement de Festival Rodrigues. Alors qu?il reprend son souffle, la mazok, version rodriguaise de la mazurka, prend le relais et fait bouillir le sang de l?assistance. Dès que l?on quitte les marches de l?esplanade pour se rapprocher des marquises abritant les exposants, c?est la fête de l?agroalimentaire. Et de l?artisanat.
Jane Hortense ne sait plus où donner de la tête. Entre les étiquettes à coller sur les pots de piment ourite, de confiture coco et les paniers de limons et de bergamotes, ce membre de l?Association Rodrigues Entreprendre au Féminin (AREF), rend la monnaie et donne des explications sur les produits. Vend son île. ?Je veux travailler pour mon pays, c?est pour cela que je suis ici?, dit-elle entre deux demandes pour ?l?échange de Rs 200?.
Les pots de piment ourite au margoze, d?achards de limon ou de bilimbi long sont entre Rs 75 et Rs 90. ?Avec enn ti lentil noir, sa mem ase?, suggère Jane Hortense. Comme pour la prendre au mot, un marmiton portant l?uniforme de l?hôtel Labourdonnais vient demander : ?Nou bizin troi po piman an grain.? L?établissement d?accueil propose un festival gastronomique composé de spécialités rodriguaises.
Françoise Baptiste, présidente de l?AREF, déborde d?enthousiasme. Les yeux exorbités, les mains fébriles face à la petite foule massée devant l?échoppe, elle est ravie. ?Depuis le matin, 3 000 pots de condiments sont déjà partis. Les 5 000 tourtes sont finies. Nous en recevrons d?autres par le prochain vol. Nou depas kontan.? Optimisme affiché pour la première journée du festival Rodrigues. ?Nous allons travailler toute la nuit.?
Faire baisser le prix du billet
A 15 heures, Arlette Collet, elle, nous avoue qu?elle n?a pas encore déjeuné. Les clients se bousculent devant son échoppe de chapeaux en aloès et de vétiver.
Chez Careco, c?est le règne de la noix de coco. Pendentifs et boîtes à bijoux disputent l?espace aux bougeoirs et cendriers. Autant d?atouts qui font de Rodrigues un ?produit touristique rural?. Propos de Xavier-Luc Duval, vice-Premier ministre et ministre du Tourisme lors de l?ouverture. ?Festival Rodrigues augure une campagne d?information, qui sera suivie de nombreuses campagnes.? Comme ? Maurice repré-sente plus de 70 % des arrivées sur Rodrigues, les Mauriciens sont une clientèle privilégiée qu?il faut relancer?. Conscient que ? le coût élevé du transport reste un frein considérable pour les Mauriciens?, le ministre s?est dit ?confiant que le gouvernement fera des efforts pour faire baisser le prix du billet afin de rapprocher les deux îles?.
S?agissant de la visibilité internationale de l?île, le ministre a annoncé le passage de quatre équipes de télévision à Rodrigues. Elles viendront de la Réunion, de la France, de l?Allemagne et de l?Italie. ?Je compte également réactiver la promotion de Rodrigues sur la Réunion?, a-t-il conclu.
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