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Peut-on combattre les moustiques sans produits chimiques ?
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Peut-on combattre les moustiques sans produits chimiques ?
OUI
Dani Joseph diplômé (BSc) en agriculture et « Technical Sales Supervisor » chez Coroi
Pourquoi devrait-on recourir uniquement aux produits bio ?
Parce que, contrairement aux produits chimiques, ces biopesticides sont moins néfastes à l?environnement. Ils ne constituent aucun risque pour l?écosystème.
Que proposez-vous comme alternative ?
Nous proposons le vectoBac, la marque d?insecticide biologique que nous vendons. Nous avons fait une offre formelle de 300 000 pastilles de vectoBac au gouvernement. Ce produit est fabriqué dans des incubateurs de haute technologie, tout comme les produits pharmaceutiques. Sa matière active est constituée de cristaux protéiques fabriqués sous culture du BTI, le Bacillus thuringiensis israelensis. Le BTI est une bactérie qui évolue à l?état naturel dans le sol et les milieux aquatiques. L?ingestion de ces cristaux par les larves paralyse leur tube digestif avant de les éliminer en 24 heures. Nous envisageons trois formules. D?abord, des micro-granulés qui, mélangés à de l?eau peuvent être répandus sur des gîtes larvaires à l?aide de pulvérisateur. Ensuite, des granulés déposés sur la rafle de maïs. Ils sont destinés aux gîtes larvaires où l?accès est obstrué par de la végétation. Finalement, le produit est proposé sous forme de pastilles qui sont déposées dans des gîtes larvaires.
Comment devrait-on qualifier votre motivation ; est-elle commerciale ou démagogiquement écologique ?
Coroi est une société commerciale. Il serait prétentieux de ne pas le reconnaître. En tant que représentant local de BASF, un des leaders mondiaux de l?industrie chimique, nous aurions pu proposer des insecticides dont la matière active est à base de téméfos. Nous ne l?avons pas fait parce que nous avons la possibilité d?offrir une alternative aux produits chimiques. Nous avons exploité un nouveau créneau commercial qui nous permet de contribuer concrètement à la protection de l?environnement.
Ç?aurait été une erreur stratégique de ne pas saisir cette opportunité. Nous ne pouvons être taxés d?opportunisme. Nous avons profité de l?expérience de notre société basée à l?île de la Réunion qui a sollicité l?expertise de Valent BioSciences en vue de lui fournir un produit naturel. Nous n?avons pas été insensibles au fait que l?île S?ur ait opté pour un biopesticide. Nous avons surtout tenu compte des débats qui ont lieu en ce moment autour de la possibilité de maintenir ou pas le statut actuel du téméfos. Il y a un lobby qui milite pour le bannissement de ce produit. Nous n?avons pas voulu prendre de risque.
Qu?en est-il des moustiques adultes ?
Nous proposons la mosquito barrier, un produit à base d?ail qui a fait ses preuves aux États-Unis. C?est un concentré composé de 99 % d?ail et qui contient seulement de l?acide citrique et du potassium de sorbate comme agent conservateur. Mélangé à l?huile végétale et à l?eau, le produit peut être répandu sur toute la végétation à l?aide d?un pulvérisateur. Pendant l?application, les moustiques adultes touchés par le produit meurent.
Après l?application, la mosquito barrier continue d?être active et a un effet répulsif qui dure de 2 à 4 semaines, surtout pour les moustiques dont la finesse d?odorat est 10 000 fois supérieure à celle de l?être humain. L?humain ne sent plus l?odeur de l?ail 30 minutes après l?application du produit. Le logement d?une contenance de 210 millilitres que nous commercialisons peut être dilué dans un volume de 5 litres d?eau.
NON
Clifford Dove agronome et « Managing Director » de Roger Fayd?herbe Co. Ltd
Pourquoi ne peut-on pas se passer de produits chimiques ?
À ma connaissance, il n?existe pas encore de produits biologiques susceptibles de combattre la prolifération de moustiques du stade larvaire jusqu?à l?âge adulte. Par conséquent, on ne peut pas remplacer totalement les produits chimiques. Mais que faites-vous de la réputation établie dans ce domaine par le larvicide biologique constitué de cristaux protéiques générés par une bactérie, le « Bacillus thuringiensis israelensis » ?
Malgré sa réputation, ce produit a un désavantage. Son efficacité dans le temps est moins durable, si on la compare à celle du larvicide à base du téméfos. En conséquence, l?application du larvicide bactérien doit se faire plus souvent.
Une réponse contraire du « Managing Director » d?une société qui commercialise des produits chimiques aurait été des plus inappropriées, n?est-ce pas ?
Nous ne vendons pas de produits chimiques. Nous offrons des solutions pour des problèmes précis, ce qui nous impose d?évoluer dans un cadre et selon les normes reconnues et approuvées tant par les organismes de contrôle à Maurice que par les sociétés multinationales, notamment Ba-yer, avec lesquelles nous avons des protocoles d?accord. Nous bénéficions des retombées des recherches pointues effectuées par les laboratoires de ces sociétés. De plus, les consignes de sécurité qu?elles nous proposent sont suivies. Cela nous a d?ailleurs valu d?être un des rares récipiendaires d?une certification OHSAS 18001, qui permet aux entreprises de respecter, de façon efficace, les normes de santé et de sécurité sur le lieu de travail.
Quelle est votre solution pour ce qui est de la lutte contre les moustiques vecteurs de maladies ?
Nous offrons une lutte intégrée en proposant un traitement biologique et un traitement chimique. Pour le traitement biologique, nous proposons l?Aquabac, fabriqué à partir du Bacillus thuringiensis israelensis, une bactérie présente dans le sol. Pour combattre les moustiques adultes, nous proposons un adulticide à base du K-Othrine, dont l?utilisation est reconnue par l?Organisation mondiale de la santé. Ce produit est présenté sous deux formes liquides.
L?Aqua-K-Othrine est utilisé pour des traitements dans des espaces ouverts effectués avec des fogging machines. Quant au K-Othrine, il est utilisé pour des traitements résiduels, plus spécifiquement à l?intérieur des maisons. Nous proposons également un larvicide à base de téméfos. Le recours aux produits chimiques, c?est bien, mais il est indispensable que chaque citoyen se fasse un devoir d?éliminer les gîtes larvaires potentiels tels que les vieux pneus et les boîtes de conserve vides.
L?utilisation de produits chimiques, en dépit des risques qu?ils présentent pour l?écosystème, n?est-elle pas en contradiction avec l?approche avant-gardiste que vous prônez ?
Non. Leur concentration est déterminée de façon rigoureuse, de sorte qu?ils ne puissent constituer un danger mortel que pour les larves et les moustiques adultes. Les formules sont revues à la lumière des résultats des recherches en laboratoire. Leur application est soumise aux exigences communiquées par les sociétés que nous représentons.
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