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Petits moyens pour grandes ambitions

8 décembre 2007, 00:00

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Ce prix de la Jeune chambre internationale (JCI) lui a redonné confiance en des lendemains meilleurs. Car avec Maustraltours Ltd, c?est souvent la croix et la bannière pour boucler les fins de mois. Gladys doit parfois mettre la main à la poche pour y arriver. «Je dois me débattre au quotidien», avoue-t-elle.

Avant d?être entrepreneur, cette femme de 32 ans, après avoir suivi un cours de secrétariat chez Orian à l?issue de sa Form VI, a cumulé plusieurs emplois en tant que secrétaire de direction. Cette mobilité est motivée par un désir de monter en grade et d?améliorer ses conditions salariales. C?est par ce biais qu?elle découvre l?univers de la construction, celui de l?architecture, le monde de la purification des eaux avec Tedeco et, finalement, les méandres de l?offshore avec Rogers. «C?est à Tedeco que je me suis familiarisée aux procédures à suivre pour monter des sociétés. Et c?est dans l?offshore que l?idée d?entreprendre pour être autonome a germé.»

Un autre facteur a accéléré ce processus d?émancipation. En effet, avec les horaires extensibles de l?offshore, elle n?arrivait plus à consacrer le temps qu?elle voulait à Gregory, son fils de six ans et à son mari Gérard, professeur de musique et de chant au collège Lorette de Quatre-Bornes ainsi qu?au Conservatoire François Mitterrand.

En tant que femme qui se tient informée, Gladys se dit que le tourisme est un créneau porteur. Elle est déterminée à se jeter à l?eau. Et estime que c?est dans cette industrie qu?elle pourrait se faire une place au soleil. Avec uniquement des notions d?administration, elle met sur pied une compagnie de tour-opérateur qu?elle nomme Maustraltours Ltd. L?enregistrement de ladite compagnie, qui est située à la route Royale, Curepipe Road, a lieu en 2004. Mais Gladys doit patienter une année avant de se mettre au travail, le temps pour elle d?obtenir ses permis d?opération.

"Les gens de l'industrie touris- tique qui ont été contactés jusqu'ici ont com- pris le contept. mais chez les entrepreneurs mauriciens, c'est plus lent à prendre"

Ayant peu de moyens, elle y injecte un capital de Rs 100 000. Et embauche trois personnes, dont un graphiste, pour l?aider. La France et La Réunion, deux des réservoirs à touristes les plus importants pour Maurice, sont les marchés qu?elle veut avant tout cibler. En manque de liquidités, elle contracte, en 2005, un emprunt pour assister au salon Top Resa à Deauville et ainsi tenter de faire connaître Maustraltours Ltd. Si elle se fait quelques contacts, l?épidémie de Chikungunya est, à cette époque, un élément dissuasif pour les voyageurs. Tous les acteurs de l?industrie subissent des revers. Et plus encore Maustraltours Ltd, qui n?en est qu?à ses débuts.

En 2006, les affaires vont légèrement mieux. Gladys parvient à faire son marketing à La Réunion, de même qu?à assister au Salon mondial du Tourisme à Paris. Elle fait des rencontres intéressantes mais sans grandes répercussions pour Maustraltours Ltd. Elle reconnaît que son entreprise n?est toujours pas profitable. Et qu?elle n?arrive pas à vivre de ce qu?elle gagne.

Même si elle pense avoir pris la bonne décision en créant cette société, Gladys admet que la boîte a pêché par manque de marketing. Et reconnaît qu?il faut avoir les reins financièrement solides pour percer dans ce domaine. «Il fallait un marketing plus agressif. Pour cela, il faut voyager beaucoup. Le manque de finances me bloque.»

Que faire ? Fermer boutique ou restructurer ? En attendant d?être fixée, Gladys cherche une alternative. En allant sur le Web, elle découvre des sites commercialisant des espaces vidéo. L?idée lui plaît et elle prospecte la chose. Elle réalise que ce créneau, qui a un potentiel de développement énorme, est quasiment inoccupé à Maurice. Elle décide donc d?écrire un projet en ce sens et, surtout, de l?appliquer.

Un de ses contacts belges pense entrer en partenariat avec elle dans ce projet de Web Tv. Mais au fur et à mesure que les discussions progressent, la partie étrangère se désintéresse, au point de se désister. Malgré cela, elle décide de se lancer dans la création effective du projet Web Tv Ile Maurice Ltd dont le site occupera quatre pages. Son objectif est non seulement de vendre des espaces vidéo à tout promoteur intéressé à faire de la publicité (et ce, quel que soit son produit), mais également de relayer toute information concernant Maurice dans l?optique de promouvoir l?île. Elle propose différents tarifs pour ces espaces, le minimum étant de Rs 14 000 par an pour une vidéo de 15 à 20 secondes. Et le maximum à Rs 50 000 par an pour une vidéo de cinq minutes. «Il est possible d?avoir des vidéos de plus longue durée et à un prix pouvant être débattu.»

Aussitôt dit, aussitôt fait. Le graphiste qui travaille pour elle chez Maustraltours Ltd monte le site. Depuis mai d?ailleurs, il est en ligne. Elle a embauché une dizaine d?agents pour le marketing. Si le site a été consulté par 12 000 visiteurs, elle n?a eu qu?une dizaine de clients. «Les gens de l?industrie touristique qui ont été contactés jusqu?ici ont compris le concept. Mais chez les entrepreneurs mauriciens, c?est plus lent à prendre. J?espère que cela viendra. Il se peut aussi que mes agents n?aient pas bien maîtrisé le concept et aient donc du mal à le vendre. Il me faudra revoir tout cela.»

«best business plan»

Au cas où les clients potentiels trouveraient ses prix trop chers, Gladys vend aussi l?espace sur trois autres sites, à savoir ile maurice.tv, ile maurice.org et oasis féminin.com.

C?est sur les conseils d?un ami qu?elle présente son projet au capital souscrit de Rs 200 000 au concours du Best Business Plan de la JCI, où elle est membre depuis 2004. Elle s?y était déjà essayée avec son projet Maustraltours Ltd en 2004, et avait figuré parmi les nominés. Mais elle n?avait pas récidivé les années suivantes.

Cette fois, elle était loin d?imaginer qu?elle l?emporterait. Ce prix lui a donné le coup de fouet nécessaire pour qu?elle se ressaisisse et qu?elle reprenne ses affaires en main. C?est décidé, dès janvier, Gladys nommera un responsable à Maustraltours Ltd alors qu?elle se consacrera entièrement à Web Tv Ile Maurice Ltd. «Je dois recruter des rédacteurs pour assurer la partie rédactionnelle du site. Tout comme je dois également embaucher un caméraman et m?équiper en conséquence pour pouvoir effectuer le tournage des vidéos pour les clients qui n?en sont déjà pas pourvus.»

Et pour faire connaître son site au plus grand nombre, Gladys compte organiser un événement touristique vers les mois de juin-juillet 2008 et mettre la vidéo sur son site. «Je veux que mon site devienne la référence et à terme qu?il devienne une chaîne de télévision à part entière sur le Web.»

Beaux projets d?avenir mais comment contournera-t-elle l?obstacle majeur des finances à trouver ? Gladys envisage à nouveau d?emprunter. «Je verrai s?il est possible de frapper à la porte d?un organisme d?Etat comme par exemple l?Empowerment Programme.» En voilà une idée qu?elle est bonne !

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