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Certificats médicaux privés

La Police Fighters Union remporte une manche et interpelle le CP

29 août 2026, 16:00

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La Police Fighters Union remporte une manche et interpelle le CP

Photos: Vashish Sookrah.

La Police Fighters Union (PFU) réclame le retrait d’une circulaire du commissaire de police (CP), Rampersad Sooroojebally, refusant les certificats médicaux délivrés par des médecins privés. Forte d’un jugement favorable de l’Employment Relations Tribunal, elle appelle désormais au dialogue plutôt qu’aux sanctions. Réunie hier à la mairie de Port-Louis, la PFU a fait le point sur une décision de l’Employment Relations Tribunal qu’elle qualifie de «victoire importante» pour les droits des policiers. Au cœur du litige : la validité des certificats médicaux émis par des médecins du secteur privé pour justifier un congé maladie.

Le président de la PFU, le Sub Inspector Satish Buljeeon, a vivement critiqué une circulaire émise le 14 août 2025 par le CP. Selon lui, ce document prévoit que les certificats délivrés par des praticiens privés ne soient pas reconnus au sein de la force policière, exposant les officiers concernés à des mesures disciplinaires, voire à une retenue sur salaire. «Le CP a émis trois circulaires sans consulter ni informer le syndicat : sur les congés maladie, le remboursement du kilométrage et les allocations dominicales», a-t-il déclaré, estimant que les représentants des policiers auraient dû être associés aux discussions.

C’est le cas du sergent Ajeet Fokeer qui a conduit l’affaire devant le tribunal. Souffrant d’une gastro-entérite, il avait consulté un médecin privé et obtenu un certificat médical. Celuici n’ayant pas été accepté par sa hiérarchie, une déduction salariale lui avait été infligée. Le tribunal lui a finalement donné gain de cause, lui permettant de récupérer son salaire.

Pour le sergent, la circulaire crée une situation difficilement justifiable. Il rappelle que, contrairement à d’autres secteurs publics, un policier doit produire un certificat médical même pour une seule journée d’absence. «On ne comprend pas pourquoi un certificat émis par un médecin privé, pourtant enregistré auprès du Medical Council, ne serait pas valable», a-t-il soutenu.

Il dénonce également les contraintes imposées aux policiers travaillant par équipes. Un agent en service de nuit, de 23 heures à 7 heures, serait parfois contraint de poser deux jours de congé pour couvrir une seule absence, tout en devant se déplacer vers les centres médicaux de la police aux Casernes centrales, à Vacoas ou à Candos pour obtenir un certificat reconnu.

«Privilégier le dialogue»

Au-delà de cette affaire, Satish Buljeeon a rappelé le rôle de la PFU comme syndicat reconnu chargé de défendre les salaires et les conditions de service des policiers. Il affirme que plusieurs disparités relevées dans le rapport du Pay Research Bureau restent en suspens. «Le CP doit comprendre que nous défendrons les droits de nos membres. S’il refuse de nous écouter, notre seul recours reste la cour. C’est une dépense inutile qui pourrait être évitée par le dialogue», a-t-il déclaré. La PFU reconnaît que les mesures du commissaire viseraient à lutter contre l’absentéisme au sein de la force policière. Toutefois, elle estime qu’une minorité de contrevenants ne devrait pas entraîner des restrictions pour l’ensemble des effectifs.

L’union demande désormais le retrait de la circulaire ou, à défaut, une révision de son application en concertation avec les représentants syndicaux afin de parvenir à une solution équilibrée pour la police mauricienne.

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