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Patch passion?

6 avril 2005, 00:00

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Assise dans un sofa au milieu d?une grande variété de couleurs vives, Maudlyn Gébert a du mal à identifier le patch (morçeau de drap cousu au col ou sur la manche de l?uniforme pour indiquer l?arme et le numéro du corps de troupes, dit le Larousse) pour lequel son c?ur bat le plus. Cette policière affectée au poste de police de Port-Mathurin à Rodrigues est la première femme dans la région de l?océan Indien à se découvrir une passion pour la collection des écussons des différents postes de police dans le monde.

Cet art est appelé scutelliphilie et ce nom est dérivé du latin scutellus qui veut dire petit trophée et du grec phileein (amour), c?est-à-dire aimer les petits trophées.

?Un patch qui a la forme d?un trophée, contient généralement des armes, une carte ou une vue en miniature. Ce patch peut-être fabriqué avec les matériaux qui plaisent le plus aux commanditaires même si la plupart d?entre eux préfèrent la laine ou la broderie?, explique la collectionneuse.

Partie en Australie en 1999 pour des vacances, cette habitante de Crève-C?ur a eu le coup de foudre pour le patch lorsqu?elle a visité pour la première fois la Victory Police Academy où un patch lui a été offert.

?C?est comme cela que l?idée m?est venue de collectionner des écussons en nouant des contacts avec d?autres pays à travers Internet.?

Valeur du jour, elle en a collecté plus de 580 d?Allemagne, du Canada, d?Amérique, d?Espagne, d?Italie, d?Israel et de la Hollande mais elle avoue qu?elle a une nette préférence pour l?Australia Police and Social Club Patches Collection qui a à son actif 99 écussons incluant quatre autres de la Nouvelle-Zélande et seize de la police aborigène. Pour ajouter davantage de pièces à sa collection, la policière ne lésine pas sur les moyens pour convaincre les autres collectionneurs. Elle leur propose celles qu?elle a obtenues en double.

?J?ai de la chance parce que dans la plupart des cas, j?arrive à atteindre mon objectif ?, dit-elle en souriant.

Pour être collectionneur de patchs, la policière explique qu?il ne suffit pas seulement d?appuyer sur la souris de son ordinateur pour échanger un e-mail.

?C?est une passion indescriptible. Une fois arrrochée, c?est très difficile de s?en défaire?, dit-elle avant de ranger soigneusement les nouveaux patchs dans un cadre en bois, déjà rempli.

Membre de deux associations de collectionneurs, l?une au Canada et l?autre en Australie, la Rodriguaise n?impose pas de limite à ses ambitions. Elle rêve d?avoir 6 000 écussons comme son amie d?origine américaine.

Maudlyn qui reçoit plusieurs messages électroniques et qui en envoie plusieurs par jour, rappelle que les autres collectionneurs rêvent eux-aussi d?avoir un patch de chaque pays de par le monde.

En attendant de passer la barre de 6 000 écussons qu?elle surveille comme la prunelle de ses yeux (marron), Maudlyn souhaite de tout c?ur que Rajmanooj Gopalsingh, le commissaire de police, accède à sa demande pour une exposition de sa collection à Maurice.

<B>Faire découvrir l?île</B>

?C?est pour moi une autre manière de faire découvrir mon île au monde extérieur?, dit-elle, non sans rappeler que Rodrigues n?est plus inconnue auprès des contacts qu?elle a déjà établis au niveau international.

En attendant, les visiteurs de passage à Rodrigues peuvent jeter un bref coup d??il à l?intérieur du poste de police de Port-Mathurin pour admirer l??uvre de Maudlyn où elle a exposé quelques patchs.

Qui est Maudlyn Gébert ?

Fille unique de Gaëtan Gébert, actuel assistant commisaire de police à Port-Mathurin, elle a pris goût à ce métier alors qu?elle fréquentait l?école primaire du St-Esprit et qu?elle attendait papa dans les couloirs du poste de police de Curepipe avant de rentrer chez elle. ?J?ai été impressionnée par le travail effectué par les policiers. D?où mon attirance pour ce métier au point où je me battais souvent avec mon frère pour cirer les chaussures du père avant qu?il reprenne le chemin du poste de police.?

Quelques années après ses classes secondaires au collège Maréchal, Rodrigues, Maudlyn ne quitte toujours pas les baskets de papa. Elle veut à tout prix porter le même uniforme. Le jour tant attendu arrive. Elle est convoquée comme d?autres pour suivre la procédure pour être admise. ?On n?entre pas dans la force policière rien que pour porter l?uniforme. C?est un métier qui exige beaucoup de patience et de force de caractère?, dit-elle.

L?ECHANGE

<B>Ses règles</B>

Il y a des facteurs qui empêchent d?obtenir facilement des écussons. Il est interdit de demander ou d?échanger des patchs avec les pays en guerre et où il existe une instabilité politique. Avec des initiales qui ont été déjà utilisées par un autre département. D?échanger des patchs des Nations unies. D?échanger ou d?utiliser des patchs qui sont sujets à controverse. Par exemple, il était strictement interdit aussi de reproduire le patch utilisé pendant la tenue des Jeux olympiques qui s?étaient tenus à Sydney en l?an 2000. Les patchs utilisés dans les séries télévisées. Ceux ou celles qui seraient intéressés à échanger des patchs avec Maudlyn peuvent le faire en la contactant à l?adresse suivante : http:/gebert .et.tc.

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