Publicité

Lutte contre la drogue

Les responsables religieux veulent parler d’une seule voix

13 août 2026, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Les responsables religieux veulent parler d’une seule voix

■ Une trentaine de responsables religieux de différentes confessions se sont réunis mardi à l’évêché de Port-Louis à l’initiative de Mgr Jean Michaël Durhône.

Face à une situation jugée alarmante, une trentaine de responsables des différentes reli- gions ont décidé de renforcer leur collaboration contre le fléau de la drogue dans l’île. Réunis à l’initiative de Mgr Jean Michaël Durhône, à l’évêché de Port-Louis, le mardi 11 août, ils souhaitent désormais passer des initiatives dispersées à une action coordonnée.

La drogue, notamment les substances synthétiques, n’épargne aucun milieu. C’est l’un des principaux constats dressés lors de cette rencontre consacrée à la situation actuelle dans le pays. Les participants ont également relevé un rajeunissement préoccupant des personnes touchées tandis que les familles, tous milieux sociaux confondus, sont confrontées aux conséquences de la toxicomanie.

«Dans cette affaire de drogue, aucune communauté n’est épargnée. Nous voyons les situations autour de nous. Et nous, en tant que religieux, comment est-ce que nous voyons cela ? C’est bien que nous puissions le partager», a souligné Mgr Durhône. Les échanges ont notamment porté sur la fragilisation de la cellule familiale. Manque de communication entre parents et enfants, influence des groupes de pairs et des réseaux sociaux figurent parmi les préoccupations exprimées. Pour les responsables religieux, la prévention doit commencer tôt, notamment à travers l’éducation, le dialogue familial et une présence accrue auprès des jeunes.

La drogue est également perçue comme le symptôme de problèmes sociaux plus larges : développement d’une économie parallèle, incivisme, banalisation du phénomène et indifférence collective.

Coordonner les initiatives

Les différentes communautés mènent déjà des actions de sensibilisation, des causeries, de l’écoute et de l’accompagnement auprès des personnes dépendantes et de leurs familles. Certaines proposent également un soutien spirituel, ainsi que des programmes de thérapie et de réhabilitation. Mais ces initiatives restent parfois méconnues des autres acteurs. D’où la nécessité, selon les participants, de mieux partager les informations, d’identifier les programmes efficaces et de renforcer la formation des responsables religieux sur les réalités de la toxicomanie.

Une plateforme interreligieuse figure parmi les propositions avancées. Elle pourrait permettre de coordonner les actions tandis que des cellules interreligieuses régionales pourraient favoriser un travail de proximité. Les responsables souhaitent également travailler davantage avec le gouvernement, les organisations non gouvernementales, les organismes spécialisés et les forces de l’ordre afin d’agir à la fois sur la prévention, l’accompagnement et la réduction de l’offre de drogue.

Au terme de la rencontre, Mgr Durhône a rappelé l’importance de la famille, qu’il considère comme la «base de la société», tout en appelant à maintenir l’espérance. «Nous ne baissons pas les bras», a-t-il affirmé, invitant les différentes communautés à mettre en commun leurs expériences et leurs forces. Un comité a été constitué pour coordonner les prochaines actions. Une nouvelle rencontre devrait permettre de dégager des priorités et des propositions concrètes.

Le message lancé mardi est sans ambiguïté : face à un phénomène qui traverse les communautés et les milieux sociaux, la lutte contre la drogue ne peut être portée par un seul acteur.

Publicité