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Passe-droit allégué au MIE : le «board divisé»

5 juillet 2008, 00:00

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L?indignation est telle qu?un membre a fini par claquer la porte. La réunion spéciale du conseil d?administration du Mauritius Institute of Education (MIE), en début de semaine dernière, ne s?est pas déroulée comme prévu.

Le grief porte sur la décision qu?aurait prise le conseil d?administration à l?effet, a priori, de laisser Lilette David à son poste de doyenne de la faculté des Arts et des Sciences humaines, qu?elle occupe depuis 2001, jusqu?à sa retraite.

Selon les règlements internes du MIE, le doyen doit être nommé par le conseil sur recommandation du Comité de nomination (Appoint-ments Committee). Il est précisé que ce poste sera initialement offert pour deux ans. Mais le comité de nomination peut, sur recommandation du directeur, étendre cette période.

Lors de cette réunion du conseil d?administration, des membres ont fait valoir que les procédures n?auraient pas été respectées et qu?aucune recommandation n?a été faite par le comité concerné.

<B>Nouvelles propositions</B>

«On n?a pas compris pourquoi ce n?est que le poste de doyen de la faculté des Arts et des Sciences humaines qui est soumis à ce régime-là et pas les trois autres pour lesquels la nomination continuera à se faire par rotation tous les deux ans», avance un membre mécontent du conseil d?administration du MIE.

Dharam Gokhool, ministre de l?Education, soutient néanmoins qu?aucune décision définitive n?a été prise par le conseil d?administration lundi dernier. «Toute cette question doit être revue à tête reposée. Nous allons essayer de trouver une solution et de faire de nouvelles propositions. Pour le moment, c?est le statu quo», déclare-t-il.

Il explique le contexte qui a mené à cette situation dont l?origine remonterait à février dernier. Le conseil, poussé par les syndicats et par la réforme de l?institution en cours, décide alors d?appliquer le principe de rotation pour le poste de doyen. Il y a quatre facultés au MIE, il y a autant de doyens.

Un principe qu?elle n?avait plus appliqué depuis 2001 et qui a donc permis à Lilette David de conserver son poste jusqu?à présent. Mais peu après l?annonce, cette dernière sert une mise en demeure au MIE. Selon le ministre, elle aurait argué que ses collègues nommés doyens en même temps qu?elle ont pu partir à la retraite en étant titulaires de ce poste. Tenant compte de cette situation, elle aurait soutenu qu?il s?agit pour elle d?un droit acquis que celui de rester à son poste de doyenne jusqu?à l?âge de sa retraite. «Nous ne pouvons pas ignorer ce développement-là», dit le ministre Gokhool.

Lilette David était injoignable hier, malgré des messages laissés auprès de sa secrétaire. Celle-ci a confirmé à l?express, à 15 h 30 hier, que la doyenne de la faculté des Arts et des Sciences humaines avait bien reçu le message.

<B>Procédure accélérée du PRB ?</B>

Des modifications à la structure du Mauritius Institute of Education (MIE) suscitent pas mal de questions. Le point de départ serait un courrier, adressé par Lilette David au Pay Research Bureau (PRB) le 4 juin dernier, soit une semaine après la publication du dernier rapport du PRB. Elle aurait demandé au PRB d?apporter deux modifications à la structure de cet institut, notamment au niveau des clauses MIE 39 et 41.

La première porte sur le poste de Deputy Registrar (Personal). Dans sa lettre, Lilette David aurait soutenu que le titre est une anomalie et devrait être simplement Deputy Registrar. La seconde clause concerne le poste de Deputy Director, qualifié, dans le rapport PRB, équivalent à celui de Professor. Lilette David occupe seule cette fonction au MIE. Les titulaires de ces deux derniers postes doivent toucher Rs 75 000.

Moins de deux semaines plus tard, le PRB décide de modifier la grille salariale du MIE et renomme le poste de Deputy Director en Deputy Director (Personal) avec un salaire de Rs 66 000, soit Rs 11 000 de moins que celui de Professor. Dans une lettre du ministère de la Fonction publique, datée du 19 juin (voir ci-dessus), il est en effet indiqué que «le PRB a recommandé que ces amendements demandés soient apportés au rapport 2008 du PRB». Avec cette modification, le second au niveau de la hiérarchie salariale du MIE devient donc uniquement le titulaire du grade de Professor. «Nous trouvons extrêmement étrange que le PRB agisse à partir de la lettre d?une personne qui n?est pas mandatée par le MIE pour demander des corrections auprès de cet organisme. Autre fait troublant : les erreurs et anomalies doivent être soumises dans un délai de trois mois. Le PRB prend ensuite neuf mois pour préparer son rapport, dans lequel il apporte des mesures correctives. Comment a-t-il pu prendre moins de deux semaines pour faire des modifications ?» s?interroge un cadre du MIE.

Bijaye Kumar Appanah, directeur du PRB, se défend d?avoir agi à la demande de qui que ce soit. «Ce n?est pas parce que quelqu?un nous écrit que nous allons agir tout de suite. Cette lettre et notre décision ne sont qu?une coïncidence. Quand il y a une erreur qui va gêner le processus d?exécution du rapport, ou s?il y a une demande d?éclaircissement, nous agissons tout de suite. Il s?agit ici de l?éclaircissement d?une situation.»

Depuis 2006, le MIE est dirigé par Sheila Thancanamootoo, directrice suppléante (Acting Director).

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