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Pas de position tranchée sur les OGM
LA MODIFICATION génétique présente d?énormes potentiels et comporte de gros risques aussi. Opposition et gouvernement sont d?accords sur ces points. Néanmoins, le Parlement a été ajourné à mardi prochain sans qu?on puisse sceller le sort du GMO Bill.
La manipulation génétique a enflammé les parlementaires hier. On débattait du Genetically Modified Organisms (GMO) Bill. Les discussions ont surtout porté sur le timing. La majorité pense qu?il n?y a aucune raison d?attendre pour profiter des avantages conséquents de cette nouvelle science. L?opposition, elle, est plus frileuse. Elle réclame un débat national sur le sujet et suggère qu?on ne légifère pas tout de suite.
Les OGM sont déjà dans nos assiettes, a prévenu le ministre de l?Agriculture, Nando Bodha, en ouvrant le débat. Pain, fromage, viande, fruits et légumes transformés, vin, bière, chips? Ils sont dans les aliments produits à l?échelle industrielle. ?Maurice importe l?essentiel de sa nourriture. Il faut prévoir que la présence sur le marché d?aliments génétiquement modifiés ou qui contiennent des ingrédients modifiés, ne fera que s?accentuer. Avant même de se lancer dans le développement et l?exploitation des OGM, Maurice se doit donc de protéger la santé de ses citoyens ?, a-t-il dit.
Le GMO Bill vise à cette protection et prévoit le contrôle de toute activité scientifique et commerciale liée à la transformation génétique. Les produits importés seront étiquetés afin d?offrir au consommateur la possibilité d?exercer un choix informé. Un laboratoire alimentaire sera créé pour permettre la vérification de l?information étiquetée.
Le GMO Bill prétend aussi donner le cadre légal nécessaire à l?utilisation de la biotechnologie pour moderniser et rentabiliser l?agriculture. Une variété de canne transgénique, résistante à l?herbicide, a déjà été développée. Le Mauritius Sugar Industry Research Institute peut désormais la tester dans les champs. Le rêve de faire de l?agriculture non-sucre une industrie exportatrice paraît à portée de main.
La principale préoccupation, lorsqu?on envisage d?exploiter la biotechnologie à l?échelle commerciale, c?est la protection de la biodiversité. Les autorités espèrent qu?avec les mesures prévues, on pourra limiter sinon prévenir les risques pour l?environnement. Le député Sunil Dowarkasing et le ministre de l?Environnement, Rajesh Bhagwan, en sont convaincus et soutiennent sans réserve le GMO Bill.
Pour Rajesh Bhagwan, la biotechnologie est un outil pour le développement durable. Et Maurice, dit-il, ne peut se permettre de lui tourner le dos. Néanmoins, reconnaît-il, les risques liés à cette science restent méconnus. Il faut donc prôner une approche prudente.
Prudence de mise
L?opposition ne nie pas le potentiel énorme de la biotechnologie mais elle suggère la prudence. ?Nul ne s?oppose aux progrès de la science. Cependant, la communauté scientifique elle-même n?est pas d?accord sur les risques et les potentiels biotechnologiques. Nous, les profanes, nous ne pouvons prétendre savoir mieux. Ne nous hâtons pas?, a exhorté James Burty David.
La manipulation génétique est une science jeune et n?a pas subi l?épreuve du temps, dit-il. Il serait idiot d?en ignorer les risques et de jouer au poker avec la santé humaine et l?équilibre de l?environnement.
Le député Arvin Boolell, ancien ministre PTr de l?Agriculture, a abondé dans le même sens. Il a mis en garde contre les multinationales qui produisent des semences modifiées et rappelle que Maurice dépend du tourisme européen. Des Européens connus pour leur profonde allergie aux aliments génétiquement modifiés. ?Ne nous précipitons pas. Bâtissons d?abord notre capacité à gérer cette biotechnologie, nous informerons et sensibiliserons ensuite le consommateur aux potentiels et les risques de cette science?. L?intervention de Boolell a été bruyamment accueillie par la majorité qui, à maintes reprises, lui a demandé d?abréger.
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