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Partenaires inégaux

12 septembre 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Par Akilesh ROOPUN</B>

A partir du 1er janvier 2008, les échanges commerciaux entre Maurice et l?Europe se feront dans de nouvelles conditions. Le système des préférences commerciales non réciproques tire à sa fin et sera remplacé par l?Accord de partenariat économique (APE). Mais voilà qu?à trois mois de l?échéance, le flou persiste toujours autour du régime censé prendre le relais.

Il y a des répercussions immédiates. Un exportateur qui reçoit une commande aujourd?hui pour une expédition en janvier de l?année prochaine n?est pas en mesure de savoir sous quel régime il acheminera ses produits vers l?Europe.

Le retard accusé dans la conclusion de l?APE est l?illustration même de la difficulté de Maurice de faire cause commune avec ses pairs africains en matière de commerce international.

Maurice fait partie de l?Eastern and Southern Africa (ESA) dans le cadre des négociations avec l?Union européenne (UE). Les pays de la zone n?arrivent pas à établir un agenda commun en raison de leurs niveaux de développement variés.

Maurice veut jouer une carte beaucoup plus offensive dans les services où il possède des compétences non négligeables. La plupart des pays de l?ESA sont encore très dépendants de l?agriculture et n?ont pas les mêmes aspirations que Maurice qui a, d?ailleurs, fait le pari de l?économie des services.

Dans l?industrie manufacturière, le textile-habillement mauricien fait montre de meilleures dispositions à affronter un marché libre que les industries naissantes africaines même si la déferlante chinoise représente toujours une menace.

La solidarité de l?ESA est sérieusement compromise avec des membres qui essayent de négocier avec l?UE par la porte arrière. Certains sont à la recherche d?accords bilatéraux avec le vieux continent. D?autres veulent négocier à travers des sous-groupes telles des unions douanières.

Maurice se retrouve du coup sans partenaire sérieux pour pouvoir influencer les discussions. Dans la précipitation pour arracher un accord avant la fin de l?année, le pays risque d?y laisser des plumes.

Cette absence de cohérence du groupe ne fait que renforcer le pouvoir de marchandage des Européens. Déjà, des voix se sont élevées pour dénoncer le fait que l?Europe essaye d?obtenir avec les APE ce qu?elle n?a pu obtenir dans les négociations à l?Organisation mondiale du commerce (OMC) en termes de réciprocité et d?accès au marché.

Une plus grande solidarité au sein de l?ESA permettrait, par exemple, de contrer tout excès de zèle des Européens et de négocier un calendrier de réduction tarifaire aussi flexible que possible.

L?UE, de son côté, insiste que l?APE représente une grande opportunité pour l?Afrique à transformer ses rapports avec l?Europe sur la base de la compétitivité et non sur les préférences tarifaires et de protection de quotas.

Face à cet argument, de nombreux pays africains, dont Maurice, demandent aux Européens de mettre à leur disposition des ressources financières et techniques pour qu?ils puissent améliorer leurs capacités industrielles. L?accès aux marchés des pays industrialisés n?a pas de sens si les pays du Sud n?ont pas les moyens d?en profiter pleinement.

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