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Paradoxe de l?emploi dans la construction

24 décembre 2006, 00:00

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Paradoxe. C?est le terme qui pourrait résumer le litige entre les employés de la Development Works Corporation (DWC) et le gouvernement. Une interprétation minimaliste, mais pas moins réaliste, du débat expose un fait paradoxal : alors que l?industrie de la construction a besoin de 1 500 à 3 000 employés, les employés de la DWC refusent les offres d?emploi du privé.

Si personne n?ose mettre le doigt sur les causes de cette obstination de ces fonctionnaires, tous sous-entendent un problème de mentalité qui prévaut dans la société mauricienne. Mais les principaux concernés brandissent les raisons humaines et sociales pour défendre leur position et leur refus catégorique d?être recyclés dans l?industrie privée de la construction.

Ces derniers, regroupés sous la bannière commune de l?Association des entreprises de construction (Bececa), maintiennent leur offre par la voix d?Alain Hardy, directeur de l?association. « Notre offre tient toujours. Maintenant, c?est aux employés de la DWC de faire le pas. Depuis le mois d?août, l?industrie de la construction éprouve un manque de 1 500 à 3 000 employés dans certains secteurs spécialisés, notamment des carreleurs, des charpentiers et autres maçons. »

Toutefois, Alain Hardy hésite à commenter cette obstination des employés de la DWC de répondre à ce manque, alors que les industries privées se voient contraintes de se tourner vers la main-d??uvre étrangère.

« C?est clair qu?à la DWC la productivité n?est pas la même que ce qu?exigent les entreprises du privé. Le fait que la DWC ferme démontre clairement cela. Peut-être est-ce là la source du refus de ces anciens employés », ajoute-t-il.

Mais pour ces fonctionnaires forcés à reconsidérer leur avenir, le débat est tout autre. Le syndicaliste Reeaz Chuttoo maintient que fondamentalement, ils ne peuvent laisser l?Etat licencier ainsi des fonctionnaires, car cela provoquera un précédent qui risque de se reproduire à l?avenir. « C?est vrai que dans le privé, les conditions d?emploi sont plus défavorables. Déjà il n?y a pas de garantie, imaginez la situation de ceux ayant plus de 50 ans. »

Reeaz Chuttoo poursuit avec l?argument que le gouvernement n?est pas un businessman dont le modus operandi dépend du retour de son investissement. « L?Etat est en train de licencier sans considération sociale. Cela peut créer un précédent. Il ne faut pas oublier que le gouvernement opère avec l?argent des contribuables, et de ce fait, est redevable envers eux. »

Néanmoins, le syndicaliste concède que la peur du changement pourrait expliquer en partie l?obstination des anciens de la DWC. « C?est dans la nature humaine de bouger plus vers la sécurité que vers une situation à risques. Mais en tant que syndicalistes, nous voyons le problème globalement. Ce problème ne touche pas que la DWC mais tous les secteurs. Nous ne pouvons créer un précédent. »

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