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Pêche à la senne : la déception

14 mars 2006, 00:00

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Mercredi à 13 h 30 au débarcadère de Trou-d?Eau-Douce. Des pêcheurs vendent leurs prises du matin à des banians et des habitants de la région. Mais une semaine après l?ouverture de la pêche à la senne, le grand enthousiasme d?autrefois a cédé la place à la déception.

L?année dernière, à pareille époque, leurs embarcations accostaient le débarcadère avec de grosses prises alors que cette fois celles-ci sont tellement minces qu?elles sont très vite écoulées. Certaines personnes sont passées deux à trois jours de suite et n?ont pu avoir du poisson

?Mes trois amis et moi, nous sommes rentrés avec seulement 20 livres de mulet dans notre bateau alors que l?année dernière, nous retournions avec des prises de 400 à 500 livres?, explique Elvis Fanchette, qui a une longue expérience de la pêche à la senne.

Allocation insuffisante

Ce mercredi, la plupart des pêcheurs sont rentrés avec des prises de mulet. ?Nous vendons le mulet à Rs 35 la livre aux banians. Aujourd?hui, nous n?avons pas pu couvrir nos frais. L?essence coûte cher et nous passons de longues heures en mer?, se plaint-il.

Les poissons pêchés à la senne sont le mulet, le cateau, le capitaine, la gueule-pavé et le cordonnier. Mais, notent les pêcheurs, le lagon n?est plus aussi poissonneux qu?autrefois. ?Le mauvais temps, associé au cyclone Diwa, nous a aussi infligé un rude coup. L?allocation de mauvais temps est infime et ne suffit pas?, dit Elvis.

Michaël Andy, secrétaire de la société coopérative Notre Dame de Banneaux, basée à Trou-d?Eau-Douce, précise que les bateaux des coopérateurs rentraient, jadis, avec au moins dix tonnes de poisson. ?Cette fois, nos prises d?une semaine s?élèvent à moins d?une demi-tonne?, précise-t-il. Le pêcheur affirme qu?en vingt-deux ans d?existence, la coopérative n?a jamais eu à faire face à une telle situation. ?Nous possédons quatre bateaux, mais nous engageons aussi d?autres pêcheurs avec cinq bateaux additionnels?, indique-t-il.

Tout en soutenant qu?il n?est pas contre des projets de développement, il pointe aussi du doigt certains projets hôteliers et des activités touristiques comme les sports nautiques qui gênent les pêcheurs dans leur métier. Selon lui, des travaux de comblement de la mer ont détruit des mangroves et les lacaze poissons provoquant l?érosion.

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