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Offensive maintenue sur l?aide financière

10 février 2006, 20:00

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Le sucre est au centre des préoccupations du gouvernement. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, promet que tout sera entrepris pour que le pays obtienne la part qu?il mérite dans les enveloppes de compensation financière suivant la réforme sucrière en Europe.

Le chef du gouvernement animait hier une conférence de presse au bâtiment du Trésor. Il avait à ses côtés le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, et le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell. La récente mission de lobbying en Europe des deux ministres a été le principal sujet évoqué.

Maurice critique la méthodologie utilisée pour appliquer les mesures d?accompagnement post-réforme sucrière. Maurice va bénéficier pour 2006 de seulement 15 % du montant consenti à l?ensemble des producteurs sucriers, soit 5,82 millions euros (Rs 217 millions) sur une enveloppe globale de 40 millions euros (Rs 1,5 milliard).

Selon les critères en question, le montant sera déboursé aux pays en fonction du poids de l?activité sucrière dans le produit intérieur brut (PIB). Maurice rejette ce postulat en mettant en avant l?argument de la multifonctionnalité du sucre dans le développement du pays.

Le Premier ministre évoque les nombreuses mesures prises dès que le gouvernement a eu vent de ce développement à Bruxelles. «Nos ambassades nous ont alertés. J?ai immédiatement convoqué le chef de la délégation de la Commission européenne et les ambassadeurs français et britanniques pour demander des explications. Ils n?étaient eux-mêmes pas au courant des critères du déboursement en question.»

Navin Ramgoolam dit avoir contacté le même jour le commissaire au Développement, Louis Michel, et écrit à plusieurs chefs d?Etat européens dont le Premier ministre britannique Tony Blair et le président français, Jacques Chirac.

Le Premier ministre se réjouit de l?attitude de celui-ci qui, dit-il, s?est montré très attentif à la cause mauricienne et serait intervenu pour faire reporter toute décision sur les modes de compensation.

Il a aussi fait état des rencontres qu?il a eu sur la question lors de ses récents déplacements à Athènes et à Washington. «Nous aurons besoin de ressources additionnelles pour restructurer l?industrie sucrière. En même temps, nous sommes sous un triple choc économique, à savoir la baisse de recettes sucrières, les problèmes dans le textile et les cours élevés des produits pétroliers et du gaz. Il faut tenir compte du rôle multifonctionnel du sucre dans notre économie.»

Rama Sithanen, dépêché en mission d?urgence en Europe en compagnie du ministre Boolell, explique l?action de lobbying : sensibiliser les dirigeants européens aux conséquences de la baisse drastique de 36 % du prix du sucre sur l?économie mauricienne; exprimer notre désaccord sur les critères de déboursement; et dissiper tout malentendu sur le fait que Maurice a les moyens de faire face aux changements toute seule.

«Nous demandons que les décaissements se fassent sur la base du plan stratégique multi-annuel que nous avons soumis à l?Union européenne. Il nous faut des ressources en amont pour faire les investissements nécessaires. L?enveloppe globale pour les perspectives financières 2007-13 devraient être plus conséquentes. Nous avons chiffré le coût de la modernisation et de la réforme de l?industrie sucrière à Rs 25 milliards», déclare le grand argentier.

Tout laisse croire qu?il est déjà trop tard pour pouvoir changer les choses pour l?année en cours. Maurice entend mettre le paquet en terme de lobbying pour que ses intérêts ne soient pas encore lésés les années suivantes, lorsque les montants des compensations seront plus élevées. Le gouvernement mauricien plaide en faveur de paramètres «justes et équitables» concernant les perspectives financières pour la période 2007 à 2013.

«Maurice a toujours utilisé les recettes sucrières de l?Europe à bon escient. Nous avons toujours respcter l?accord de Cotonou dans toute sa rigueur. Nous ne pouvons pas être victime de notre succès», insiste Arvin Boolell.

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