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NPC : le choix des représentants syndicaux fait tiquer

26 avril 2007, 00:00

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La menace des syndicats de boycotter la mise en place du National Pay Council (NPC), oblige à travailler sur une solution de rechange. En effet, au cas où les dirigeants des quinze fédérations syndicales refusent de soumettre les noms de cinq syndicalistes qui siégeront au sein de ce comité tripartite, le ministère du Travail et des relations industrielles envisage de choisir lui-même les cinq représentants des travailleurs. Mais déjà, des voix se sont élevées?

Le comité tripartite a pour objectif de déterminer le quantum de la compensation salariale annuelle. Les dirigeants syndicaux, quant à eux, ont signé une lettre commune, expliquant leur décision de boycotter le NPC, qui, disent-ils, ne répond pas à leurs attentes. Ils souhaitent que le taux d?inflation soit l?unique facteur pour déterminer le quantum de la compensation salariale annuelle.

Mais le gouvernement n?est pas de cet avis. Outre le taux d?inflation, insistent les autorités, le quantum de la compensation salariale doit prendre en compte la productivité et la capacité des entreprises à payer. Jusqu?ici, seule la Free Democratic Union Federation, dirigée par Yousouf Sooklall, s?est abstenue de faire des commentaires à ce sujet.

Mais l?éventualité que le gouvernement désigne les représentants des travailleurs au sein du NPC n?est pas vue d?un bon oeil. L?ancien ministre du Travail et des relations industrielles, Showkutally Soodhun, met en avant la convention 144 du Bureau International du travail, selon laquelle les représentants des employeurs et des travailleurs doivent être choisis librement. ?Le ministre du Travail ne pourra donc pas choisir les représentants syndicaux à son gré?, dit-il.

Et au sein des fédérations syndicales, les dirigeants demandent à leurs membres de ne pas accéder à la requête du ministère du Travail. Faute de quoi, des actions disciplinaires pourraient être prises à leur encontre, prévient Cassam Kureeman, président du Mauritius Labour Congress. Il explique ainsi qu?il se pourrait que le gouvernement fasse appel à de petits syndicats, ce qui, selon lui, ?est mauvais pour la représentativité des syndicats?.

Les dirigeants de la plate-forme syndicale ont par ailleurs rencontré la presse, hier, pour réagir à la déclaration du ministre des Finances, Rama Sithanen, mardi dernier selon laquelle il faut maintenir le NPC. Tulsiraj Benydin, porte-parole de la plate-forme syndicale, affirme que la nomination de représentants qui ne seraient ?pas mandatés par les travailleurs constitue une entorse aux bonnes relations industrielles?.

Tulsiraj Benydin donne aussi rendez-vous aux travailleurs à Beau-Bassin pour la fête du Travail. Plusieurs organisations syndicales seront présentes pour dénoncer, dit-il, ?l?attitude du gouvernement par rapport au NPC?. Le Mouvement du 1er Mai de Jack Bizlall ainsi que le Mouvement rezistance ek alternativ répondront aussi présents.

Au ministère du Travail et des relations industrielles, les fonctionnaires attendent l?arrivée du ministre du Travail, Vasant Bunwaree, prévue pour samedi, pour finaliser la liste des représentants des travailleurs qui siégeront au sein du NPC. Ce dernier assiste une conférence du Bureau international du Travail.

Compensation : Rs 800 réclamées

■ La plate-forme syndicale a adressé, hier, un mémoire au ministre des Finances, Rama Sithanen, réclamant une compensation salariale de Rs 800. Signé par les dirigeants des quinze fédérations syndicales, le mémoire demande au Grand argentier de prendre en considération les dépenses moyennes de chaque foyer que le ?Household Budget Survey? évalue à Rs 13 104 chaque mois en 20O6. De plus, le mémoire soutient que bon nombre de Mauriciens sont endettés et que le taux d?inflation va frôler la barre de 10,5 % cette année.

Les syndicalistes estiment que pendant longtemps la classe laborieuse a été compensée en deçà de la perte du pouvoir d?achat. Ils citent la compensation salariale minimale de Rs 135 accordée l?an dernier. Pour eux, pas moins de 95 % des travailleurs du pays ont touché une compensation salariale minimale ce qui, selon eux, a profité aux ?employeurs qui ont généré des profits massifs et des dividendes aux entreprises?. ?Le paiement d?une compensation salariale minimale a résulté en un transfert de Rs 1,6 milliard au secteur privé et de Rs 1,12 milliard au budget national?, écrivent les dirigeants syndicaux. Ils concluent que le risque de tension sociale est derrière la porte en raison de la perte du pouvoir d?achat. Ils se disent prêts à défendre leurs droits acquis.

?We are going ahead preparing ourselves and our children to defend our right to live, our right to our bread?, insistent les dirigeants de la plate-forme syndicale.

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