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Nittin, poignardé par un voisin jaloux
Jaywantee Kunnee, 51 ans, passe son temps à veiller au bien-être de ses deux fils. Femme au foyer, elle s?est fixé pour objectif depuis trente ans de protéger ses « fleurs », accourant à leur moindre éternuement.
D?origine modeste ? elle n?a même pas son certificat d?études primaire ? elle est vraiment très fière de ses enfants. Ils ont tous deux réussi un parcours scolaire brillant.
Vipin, l?aîné, a fait du management après avoir été admis dans un star college. Il s?est acheté une jolie voiture, initie sa mère à la conduite, et se lance dans la construction de sa maison. Le benjamin, Nittin, 23 ans, prépare assidûment une maîtrise en informatique à l?université de Maurice.
À Ghoordin Lane, Mahébourg, dans leur modeste maison, elle mène une existence tranquille auprès de son époux, réceptionniste à l?hôpital tout près.
Que demander de plus quand ses enfants ont un avenir tout tracé. Matin et soir, elle est aux petits soins avec eux, allant jusqu?à leur préparer des frites à 23 heures passées lorsque ces derniers révisent jusqu?à fort tard?
À côté, de l?autre côté du mur ou par les fenêtres de sa somptueuse demeure, Peer Hajee Neerunjun, aussi appelé Issoop, 59 ans, jette un ?il mauvais sur la petite famille. Il est « jaloux » du succès de ses jeunes voisins.
<B>Il rumine de sombres desseins</B>
Depuis trois ans, il rumine de sombres desseins contre ces garçons qu?il a vu grandir. Pour une lumière allumée tard, car ils révisent, ou à cause de la mère qui fait la cuisine au beau milieu de la nuit pour assouvir leurs petits creux, il n?a pas hésité à brandir son sabre.
Malgré ses menaces incessantes, ses injures répétées, les enfants Kunnee ont continué leur petit bout de chemin. Issoop n?est pas resté en reste. Chaque occasion était bonne pour insulter la mère. Sans raison. « Sak cou li dir mo pu touye zot. Li ti zalou nou », se lamente Jaywantee.
Il y a moins d?un an, elle a dû solliciter l?aide de la police pour empêcher Issoop de s?en prendre à elle. Il était tapi dans l?ombre, une arme à la main.
Dimanche matin, Issoop a joint finalement l?acte à la parole. Installé au beau milieu de la rue, un couteau caché derrière le dos, il attend Nittin qui vient à bicyclette, deux baguettes de pain dans son sac. Lorsque le jeune homme arrive à sa hauteur, il l?attrape par le cou et lui plante le couteau dans le ventre ! « Maa, maa, Issoop ine tape mwa coute couto maa », hurle Nittin en s?engouffrant chez lui.
« Robinet disan ti pe couler. Mone dir dan film ki mo habitier truv sa et sa pe arriv la devan mwa », confie Jaywantee lancée dans un récit à perdre haleine. Un couteau imaginaire à la main, elle montre comment Issoop a poignardé son fils.
« Mo endan briler mo dire ou kan mo guet mo zenfan kuma pe soufer. Li dan coma », lâche-t-elle dans un souffle saccadé. Il aura fallu une intervention d?environ quatre heures pour le remettre en état. « Bane la ine dir mwa pa plore divan li. Dokter ine dir mwa enkor ene tigit li ti pou mor. Ene sans couto pane travers so bane cote. »
Heureusement, Nittin est hors de danger, bien qu?il soit encore sous observation à l?Intensive Care Unit de l?hôpital de Rose-Belle.
Issoop, lui, est en détention. Il s?est constitué prisonnier au poste de police de la localité après avoir commis son forfait. Il est passé aux aveux et dit avoir agi dans un accès de folie?
Mais selon Jaywantee, si la police avait agi bien avant, un tel drame aurait pu être évité. « Depi avan mone sonne zot mai zamer zot fine pran mwa cont. Zot ine deza demane mwa Rs 500 pu paye taxi pu avoye Issoop lopital mental. »
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