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Musique locale

26 mai 2006, 20:00

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Mario Justin à sa manière

Il écrit cette fois pour lui-même. Après des succès conjugués avec Nancy Dérougère, Mario Justin propose pour la fête de la musique, un album de dix titres, dont quelques duos et quatre reprises, baptisé Bouc émissaire. Pas question de faire dans la facilité, le leader des Zot Sa veut encore faire date, avant de gagner les pays européens en juin, pour une tournée à sa manière.

Mario Justin fait toujours ce qu?il fait, pour prendre du plaisir et en donner. Après avoir fait de Nancy Dérougère la «Diva séga» du circuit musical local, le charismatique leader de Zot Sa, s?occupe enfin de lui. Il compose, invente, crée, pour faire pivoter les têtes et danser dans la rue (voir hors-texte), ou dans les chaumières. Pour faire parler de lui, rien de tel qu?un nouvel album. Et si Bouc émissaire, le titre de l?album est en plus revendicatif, tant mieux. Le tout c?est de pouvoir laisser son empreinte.

Dans le monde selon Mario Justin, il y a des questions et des réponses qui ne coïncident pas toujours, et beaucoup d?interrogations qui restent en suspens. Des «bouc émissaires», il en existent à la pelle. Et pas que dans le système judiciaire. Il y a des méchants et des gentils, la fatalité contre le destin. Et des miracles aussi. La musique en est un. Il en est persuadé depuis ses débuts. « La mizik la, pou zot sa !» est devenu son slogan.

Aujourd?hui, après avoir composé, arrangé, chanté et produit, il s?est remis à la tâche, mais au lieu d?autres voix, il choisit la sienne. «Nou pena chanteur dans Zot Sa. C?est moi kine touzour chant avek Nancy.» Jamais en panne d?inspiration, il retourne vers les sources bénies du séga typique, pour trouver un son neuf pour son nouvel opus. Et c?est en France, lors de sa récente tournée, alors qu?il neigeait à outrance, que Mario, enfermé dans sa chambre d?hôtel, a écrit les titres de son nouveau disque.

«Mone trouv mo la limier»

«Mone repend sime chanson engaze, mone melanz phrase ragga, mone prend in pe tou pou fer enn zoli melanz. Quand mone senti ki ena enn chaler, enn lambians, avek enn ti kote revendikatif, avek en plis enn gros doz romans, mo pense ki mone trouv mo la limier.»

Avec son étonnant flair, Mario Justin a toujours su ce qui pouvait plaire au public mauricien. Son cerveau à réaction, a ainsi détecté quatre morceaux, passés inaperçus, qu?il a retravaillés sur ce nouveau CD, pour leur donner un second souffle. Ainsi Nouvo Vibe de T-East, Souvenir de Gérard Bacorilall, Letan longtem, de feu John Kenneth Nelson, sur un texte d?André Masson et Batter Bis de José François, vont renaître de leur cendre.

«C?est bann morso ki ena enn gro potentiel mais ki dimoun pane kone apprecie,» souligne-t-il. Et sur ce nouveau disque, il donne sa chance à son fils Jude. Ce dernier, de nature spirituelle, est parfaitement à l?aise sur Toi ki dispose. Il aide également Michel Nany, le fils de l?un de ses cousins, qui a récemment ouvert son studio d?enregistrement, à faire ses premières armes. Toujours à l?affût de nouveau genre, de créations inspirées, Mario Justin reste lui-même. C?est déjà ça !

Meera Mohun Enfin au sommet !

La vague qui l?avait menée au loin, la ramène aujourd?hui triomphante. Waves, le nouvel opus de Meera Mohun, sortie dix ans après son Chataniya, est un disque éclairé, authentique et réjouissant. Fruit du travail conjoint entre Meera Mohun et Gérard Louis. Produit et distribué par Geda Music, l?abum, disponible chez tous les disquaires, est en vente à Rs. 180.

Trente ans qu?elle chante. Dix ans depuis qu?elle n?avait sorti de disque. Aujourd?hui, la «chanteuse Bollywood» de Maurice a retrouvé le sourire. Elle est presque au sommet. Le succès de Mon c?ur épris, en duo avec le Réunionnais Dominique Barret, l?a amené lentement, mais sûrement, dans le c?ur de chaque Mauricien. «Je crois que c?est le style de cette chanson qui a plus. Ce mélange de créole réunionnais et de bhojpuri a été très bien accueilli par le public,» explique-t-elle modestement.

Qu?elle chante en hindi, en bhojpuri ou en créole, c?est du pareil au même. Le public aime la voix haut perchée de Meera Mohun, ses mélodies savoureuses, ses compositions éclairées. Avec Gérard Louis, son ami d?enfance, son complice des journées d?autrefois, avec qui elle chantait des airs connus en hurlant dans «enn touk,» lui a offert de beaux arrangements et de belles inventions en musique. Résultat : le disque fera date et sera distribué à la Réunion, en France et en Haïti.

Meera Mohun a toujours cru en la magie de la musique. Sa foi, sa détermination, lui assurent aujourd?hui un come-back de toute beauté. Le vent tourne enfin en sa faveur. Son heure de gloire a-t-elle enfin sonné ?

« Ma seule joie aujourd?hui, c?est de savoir que tous les Mauriciens ont attendu la sortie de ce disque. Mone touzour travay avek mo leker. Lor sa album le, Gérard pane lesine lor aucaine moyen,» explique-t-elle de sa voix douce. Meera Mohun a toujours souri à la vie et la vie la lui rend bien. C?est une chanteuse, auteur-compositeur, qui se raconte, met en scène la vie et son quotidien, qui chante autant le patriotisme que l?amour.

Le «dolok» tourbillonne

Sur son nouvel opus, elle met en scène des instantanés, des univers qui lui sont propres. Sur le CD, les percussions s?envolent, le piano virevolte, le tabla résonne, le «dolok» tourbillonne, les guitares cabriolent. Ce sont des petits bonheurs, présents sur chacun des huit morceaux que composent l?album. Rarement disque a été aussi festif et réjouissant, sans même que les textes soient compris.

Meera Mohun réussit ainsi l?exploit d?intéresser tous les Mauriciens. Sa musique « bollywood » se marie au séga réjouissant comme sait si bien le faire Gérard Louis. Ce dernier ne cache pas avoir trouvé lui aussi, une autre façon de faire des arrangements, lui, qui avant Meera, ne s?était guère intéressé à la musique orientale.

La séduction est aussi immédiate qu?omniprésente. Chaque morceau propose une escale au c?ur de rythmes et de sonorités travaillés avec minutie. Ils ressuscitent aussi le plaisir de danser sur une fusion visionnaire. La magie intacte de la voix haute de Meera Mohun invite au dépaysement, à la quiétude, au bonheur.

Gérante dans une librairie, Meera Mohun se révèle ainsi auteur-compositeur de génie. «Se ki mo feel, mo capav mette li en parol ek exprim li en chanson.»

Sur Waves où son talent prend toute sa dimension, elle retrouve des amis de l?écurie Geda Music qui pousse ses chansons encore plus loin. Outre un featuring réussi avec Tony Farla, le leader des Negro Pu Lavi, Meera Mohun chante en duo avec Sandra Mayotte. Deux voix aux contrastes évidents, mais deux voix qui se marient à la perfection. Sur Waves, toutes les facettes de la musique mauricienne se conjuguent aux sonorités indiennes, pour un voyage musical unique. Le résultat est pimpant à souhait.

José Charles L?autre voix venue des Seychelles

Des Seychelles, nous connaissons le «gout kreol» de Jean-Marc Volcy, le reggae de Ras Ricky ou encore les couleurs savoureuses du séga de Patrick Victor. Ces chanteurs qui sont parvenus, à des époques différentes, à percer sur le marché de l?océan Indien, sont aujourd?hui des références. Difficile souvent pour d?autres artistes des Seychelles, de tenter une percée sur le marché.

Depuis 1982, José Charles, essaye de se faire un nom. Ce chanteur, auteur-compositeur, ne se contente pas d?un genre de musique. Pour plaire au plus grand nombre, il fait du reggae, de séga, du zouk et de la ballade. Son nouvel album, le dixième de sa carrière, s?intitule Sénou. C?est un disque festif, qui porte loin son accent seychellois. Avec la complicité de Didier Confait, il chante des préoccupations de Dallon, la vie et ses plaisirs simples. C?est agréable à l?oreille, plein de soleil et surtout festif. A découvrir !

DANSE LOR LARI

Pour que vive le séga

Octobre sera le mois Zot Sa et Mario Justin. Avant de s?envoler pour une tournée en Angleterre, en Suisse, en Belgique et en France, Mario Justin et ses complices de Zot Sa, proposent une nouvelle façon de raviver le séga.

Danse lor lari, une émission télévisée à venir, sponsorisée par Universal Breweries, choisira, par le biais d?éliminatoires dans toutes les régions de l?île, les meilleurs danseurs de séga. Après une sélection devant un jury de professionnels de la musique, les sélectionnés, deux couples, par sélection, participeront à une demi-finale, avant d?accéder à la grande finale.

Après Cité Briquetterie et Petite-Rivière, c?est la région de Tamarin qui sera le c?ur de cible d?une autre sélection le 17 juin. Vingt sélections se dérouleront dans diverses régions de l?île, de Baie-du-Cap, à Rivière-Noire, en passant par Chemin Grenier ou encore Cité Roche-Bois. Des prix alléchants de Rs 25 000, Rs 15 000 et Rs 10 000, récompenseront les trois couples gagnants. A venir également pour le mois d?octobre, le premier album du groupe A latak, qui sera co-produit par Michel Nany et Mario Justin. Groove M?Positif, distillera un son neuf, chanté par quatre garçons dans le vent. Prochainement, le best of de Nancy Dérougère avec deux inédits.

Zot Sa sur scène

Deux dates à retenir, pour voir Mario Justin, Nancy Dérougère et tous les musiciens du groupe Zot Sa, en live.

● Demain, dimanche 28 mai, sur la plage publique de Flic-en-Flac, à partir de 15 heures. ● Le 4 juin, pour le fancy-fair du collège BPS. ● Le 30 juillet, à l?occasion du fancy-fair du collège du Saint-Esprit.

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