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Message et marketing
Ceux qui se réclament de la dynamique du mouvement ne s?en sont pas cachés. Qu?ils se trouvent parmi le patronat, la société civile et les observateurs, ils ont tous approuvé, à divers degrés, les propositions budgétaires. Quitte souvent à charrier l?épithète «d?agents du grand capital ou du FMI et de la Banque mondiale». Mais c?est le prix à payer, quoi qu?il importe d?opérer une différence entre apôtres de l?ultralibéralisme et adeptes de la société de marché.
Dans les deux cas, ces citoyens n?ont pas besoin d?être convaincus sinon à travers la transformation des intentions en actes concrets. Ils sont conscients de la pertinence d?une politique économique d?ouverture avec même une certaine dose de dérèglement du marché et une minimisation du traditionnel interventionnisme de l?Etat régalien. Même l?opinion populaire, et pas nécessairement partisane, commençait à admettre la nécessité d?une politique sociale qui fait place au ciblage.
Un certain consensus se dégageait par conséquent. Et cela n?est pas l?affaire d?une seule élite intellectuelle ou financière. Tant le sentiment se propageait que les recettes, qui avaient assuré le développement économique, étaient désormais dépassées. Les plus curieux ou les plus avertis savent aussi de leurs lectures et de leurs recherches que l?économie de marché est presque un passage obligé vers la modernité. Pour les uns, elle peut être une option alors que pour d?autres, c?est un impératif. A chacun ses convictions mais une chose est sûre: même les Chinois ont fini par adapter l?économie libérale à leur conception de la gestion des affaires.
C?était donc entendu et ceux qui refusent de l?admettre fonctionnent trop sous le mode de la négation primaire pour être crédibles entièrement. La critique qui ne s?accompagne pas de propositions est souvent vaine. Il y a longtemps que l?économie administrée s?est fracassée contre les réalités socio-économiques. Aujourd?hui le socialisme est devenu, pour les plus ardents libéraux, la religion du misérabilisme. De toutes les manières, l?opposition entre le monopole du c?ur des gauchistes et le pouvoir ou la rationalité des libéraux est définitivement surannée. Si les clivages idéologiques peuvent servir quelquefois, celui-là semble définitivement avoir fait son temps.
C?est dans ce contexte que quatre réformateurs étrangers sont venus justifier l?urgence d?une politique de rupture. L?initiative en soi mérite considération. Sans verser dans la facilité des opposants aux gouvernants qui affirment que la plume de Sithanen est guidée par la Banque mondiale, il est des questions qu?on ne peut écarter. Qui sont ceux qui souffrent le plus des récents choix économiques? Cette masse des Mauriciens ont-ils été réceptifs à FitzGerald, Richardson, Guzman ou Levy?
Voici quelque temps, le Premier ministre sonnait la charge. Il faut expliquer le budget, disait-il. Cette volonté didactique témoigne du souci d?inclure tout le monde dans le processus en cours. On ne réussit les réformes en profondeur qu?en s?assurant du soutien, même si elle peut parfois être très critique, d?une majorité de la population.
Les témoignages des experts de la Banque mondiale ont le mérite de nous sortir un peu de notre nombrilisme. Mais c?est d?un autre nombrilisme dont on a peur. Celui des gouvernants qui pourraient être tentés de se regarder gouverner. Qu?ont dit les experts finalement? Le libéralisme économique, pas de problème! Mais le marché pour le marché sans une politique sociale ambitieuse, là il y a de graves problèmes! Autant donc que ces visites ne servent pas seulement à faire le marketing d?un gouvernement. Que le message soit entendu. C?est à cette aune-là que le gouvernement sera mesuré ?
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