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Menwar un coup de génie

15 juillet 2006, 00:00

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Ay ay lolo, présenté au Festival de Musiques métisses d?Angoulême, sera lancé chez nous ce vendredi 21 juillet, lors d?un concert événement au théâtre de Port-Louis à 20 heures. Cet évènement est possible grâce au soutien de Cyper Produktion de Percy Yip Tong et d?un autre mécène, le Centre Charles Baudelaire. Courez écouter un bijou de composition, qu?un artisan de la musique locale, épris de liberté, a construit étape après étape.

La France a été séduite. Nous avons été bluffés, ébahis, par la vigueur de la création de Menwar. Ce disque unique, inédit, bénéficie du soutien d?un parrain de calibre, en la personne de Christian Mousset, directeur et fondateur du Festival de Musiques métisses, et défenseur de la World music, et de sa maison de disques Marabi Productions.

<B>Au coeur des souffrances</B>

Menwar, le fieffé bosseur, héritier de ses racines, de sa culture mixte, propose un barbecue musical sur fond de soul, de funk et de séga. Perfectionniste insatiable, toujours en quête d?émotions et de vérités, Menwar distille ses humeurs côté pile et côté face.

«Lumineux» écrivait le journaliste du Nouvel Observateur. «Gracieux», sommes-nous tentés d?ajouter. Menwar et sa musique qui perce l?âme, pénètre ainsi le «ventre» de Maurice, au c?ur de ses souffrances, de ses préoccupations, pour faire asseoir ses rythmes émouvants et dansants. Quand sa voix enfle, qu?elle devient impériale dans les aigüs, qu?elle s?égare dans les basses, qu?elle s?achève dans une prenante lamentation, Menwar emprunte à tout son être, son appartenance au monde entier.

Le chantre du sagaï ne s?interdit rien : ni les appels de la terre, ni les clins d??il au système, ni l?hymne de ses tripes. Et quand il est seulement accompagné de percussions, son cri du c?ur n?est que plus frappant. C?est fatalement de bon goût. C?est forcément inédit. C?est foncièrement nouveau. Menwar s?attaque ainsi à sa propre légende. Un croisement entre le métissage, un écho plus que favorable au précédent Eko la rivyer nwoir. Nouveau coup de maître, dans le même registre, celui de la recherche constante de nouvelles sonorités.

Trublion de la musique locale, Menwar est donc parti pour se réveiller lui-même, s?inventer, se réinventer et se réapproprier, son propre talent. Un disque à écouter, à savourer, morceau après morceau, avec au fond, cette fascination pour ce musicien, inventeur de son, au contact d?une bouteille ou d?une «peau» de pistache.

Menwar, enfant du sol, n?a pas été élevé dans le coton. Il connaît le «coaltar» et ses déboires. Mais lui, a su en tirer profit. Au final, c?est toute la musique mauricienne qui rajeunie, qui enfle et qui est partie à la conquête d?autres horizons. Ay ay lolo... Menwar est passé et a tout raflé. C?est cela l?évènement.

MENWAR

<B> « Nous avons envie que notre musique atteigne le monde » </B>

<B>Que représente la sortie de l?album Ay Ay Lolo pour l?artiste que vous êtes ? </B>

Musicalement parlant, c?est un premier album que je fais avec un producteur français, Christian Mousset, directeur du Festival d?Angoulême. C?est important de travailler avec des professionnels. C?est un producteur qui connaît son métier. J?ai été impressionné quand, à Paris, il nous a présenté notre ?tourneur?. Il bouge, il aime la world music. Christian Mousset fait tout pour que cet album ait sa place dans le monde.

<B>Est-ce une consécration pour vous ? </B>

Je ne sais pas. Tout ce que je sais, en tant qu?artiste et Mauricien, c?est que notre musique peut aller partout. Nous avons tout simplement envie que notre musique atteigne le monde. Chez nous, c?est petit. La terre est grande.

Nous savons aussi qu?il faut passer par un circuit pour atteindre cet objectif. Notre musique va déjà dans des festivals qui servent de tremplin pour percer dans la world music. D?ailleurs, nous serons au Womex 2006.

Ce salon international est l?un des plus importants lieux de rencontre des professionnels de la musique du monde. Il y a eu 600 candidatures pour le Womex. Nous faisons partie des 32 groupes choisis pour participer à cette foire.

<B>C?est une fierté... </B>

Ce ne doit pas être une fierté pour moi seulement. Il y a tout ceux qui m?aident : les médias et les sponsors.

J?ai le soutien de la Fondation Espoir et Développement, de Rogers, du Centre Baudelaire, entre autres.

Il y a aussi ceux qui m?aident et veulent rester anonymes. C?est une fierté pour l?île Maurice. Ay ay lolo nous permet d?attirer les gens qui ont les clés pour nous ouvrir les portes du monde.

<B>Vous présenterez, vendredi prochain, l?album Ay ay lolo, au public mauricien. Qu?attendez-vous de ce concert ? </B>

Je laisse au public le soin de répondre à cette question. Je ne connais pas, en fait, le nombre de personnes qui me connaissent. Quand les gens me félicitent, c?est un encouragement.

Peut-être qu?ils apprécient ma musique ou ma prestation sur scène. Je serai content lorsque les Mauriciens achèteront mon album, l?original. Je demande aux pirates de ne pas toucher à cet album et aux Mauriciens d?apprécier l?album original.

Propos recueillis par M.N.E.

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