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Me Ivan Collendavelloo veut museler la presse et la police

7 novembre 2005, 20:00

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Silence, on enquête? Pas question, dit Me Ivan Collendavelloo, que la presse rapporte les travaux de l?enquête préliminaire pour faire la lumière sur la mort de la styliste Vanessa Lagesse. Pas question non plus que le commissaire de police ou ses officiers, notamment le surintendant Prem Raddhoa, fasse des commentaires y relatifs dans la presse. L?avocat de Bernard Maigrot, le principal suspect dans cette affaire, l?a expressément demandé au tribunal de Mapou hier. Il a présenté une motion en ce sens au magistrat Azam Neerooa. L?accusation n?y a pas objecté. Le magistrat fera connaître sa décision aujourd?hui.

Me Collendavelloo a, en fait, demandé au magistrat d?émettre hier même un ordre pour interdire aux journalistes de couvrir les travaux de cette enquête préliminaire. Cela, pour qu?ils ne puissent, par la suite, plaider l?ignorance. Un ordre a également été réclamé contre Prem Raddhoa pour qu?il lui soit interdit de parler publiquement de l?affaire Vanessa Lagesse. Le ma-gistrat n?a toutefois rien décidé hier.

Aucun témoin n?a encore déposé dans le cadre de cette enquête préliminaire. Les précédentes audiences ont servi à Me Collendavelloo comme moyen de recueillir de plus amples informations auprès du Police Prosecutor, l?inspecteur Mumtazally Chamroo, afin de mieux préparer la défense de son client. Après avoir posé quelques questions à l?inspecteur Chamroo sur les Standing Orders de la police, l?avocat a présenté quatre motions.

?Commentaires intimidants?

Auparavant, il a produit une copie de l?hebdomadaire Mauritius Times, en date du 28 octobre 2005, dans lequel il y a une interview du surintendant Prem Raddhoa. Il a également déposé plusieurs coupures de presse ayant trait à l?affaire Vanessa Lagesse. Il devait rappeler avoir produit, dans le passé, la copie d?une interview du SP Raddhoa, dans laquelle ce dernier aurait déclaré ?Mon objectif est de prouver la culpabilité de Bernard Maigrot?. La défense, a-t-il précisé, a protesté contre de telles publications et s?est plainte auprès du DPP et du commissaire de police. Le DPP, ajoute-t-il, avait promis de prendre les sanctions appropriées mais jusqu?ici rien n?a été fait.

Me Collendavelloo a argué que l?interview de Prem Raddhoa parue dans Mauritius Times constitue une campagne persistante à porter préjudice à son client. Car, estime-t-il, la publication d?une telle interview après le début de l?enquête préliminaire est une tentative de ?put improper pressure on the administration of justice? et l?opinion publique.

Me Collendavelloo a aussi fait état de ?commentaires intimidants? faits par le SP Raddhoa à son encontre. Il est d?avis que si ce dernier est en train de parler à la presse, c?est qu?il a obtenu l?autorisation du commissaire de police. Mais il n?y a, dit-il, aucune indication que l?accusation soit intervenue pour demander au SP Raddhoa de mettre un frein à ses allégations contre la défense ou de rechercher l?intervention du DPP ou du CP. D?où, explique-t-il, la nécessité d?un ordre sommant le CP et ses officiers de ne plus de faire de déclarations sur la présente affaire.

Me Collendavelloo veut ainsi que l?accusation soit invitée à prendre des actions appropriées afin d?interdire aux officiers de faire des déclarations publiques concernant cette affaire. Il soutient que la défense se réserve le droit de ?seek other redress which is of private nature, administrative nature or civil nature?.

Me Prameeta Cheetoo, Senior State Counsel, assistée de Me Nirupa Narayen, State Counsel, a réclamé du temps pour répondre à son confrère. Me Collendavelloo n?a pas objecté.

Bernard Maigrot est provisoirement accusé du meurtre de Vanessa Lagesse. Cette dernière a été retrouvée morte dans la bai-gnoire de son bungalow à Grand -Baie le 10 mai 2001.

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