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Maurice impressionne par son plan d?action anti-tsunami

16 avril 2005, 00:00

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La deuxième réunion internationale de coordination est à peine entamée que déjà Maurice se signale par le professionnalisme de son plan d?action. Lors de la présentation de ce document jeudi, la délégation australienne, dirigée par Robert Owen-Jones, l?a même proposé comme modèle pour toute la région. «La présentation était très claire et correspond au type de système que nous recherchons», devait-t-il expliquer à l?express.

Le plan sollicite trois focal points ou organisations qui entreront en jeu pour sa mise en ?uvre. Dans le cas de Maurice, ces organisations sont : le ministère de l?Environnement, les services météorologiques et le Mauritius Oceanography Institute (MOI). Le Natural Disasters Committee du Bureau du Premier ministre est aussi impliqué dans la mesure où il sera responsable de la coordination des activités d?un National Tsunami Centre.

Après cette première phase, le plan d?action s?articulera selon trois autres volets : évaluation nationale des risques de tsunamis; mise sur pied du centre d?alerte national aux tsunamis et promotion de l?éducation ; enfin, atténuation des aléas et sensibilisation du public. «On a adopté une approche holistique», explique un conseiller du ministère de l?Environnement.

Informer les pays de la région

Le premier volet, par exemple, appelle à la création d?une carte qui désignera les zones hautement vulnérables du pays. Si le MOI devrait avoir complété cette carte avant janvier 2006, l?on sait déjà que la région Nord-Est de l?île est la plus à risque. «Un vrai travail scientifique est en train d?être fait», confie le conseiller.

Le Bureau du Premier ministre devra, de son côté, élaborer une stratégie d?évacuation et une autre pour la réhabilitation du territoire affecté.

Finalement, les services météorologiques seront responsables du protocole d?alerte, basé sur ceux du Pacific Tsunami Warning System (PTWS) et de l?Agence météorologique japonaise (JMA), qui inclut la diffusion de bulletins d?information, d?évacuation et d?évaluation. En attendant le lancement d?un système d?alerte provisoire en octobre, le PTWS et la JMA avertiront les pays de l?océan Indien en cas de tsunami.

Suivant cette logique, les services météorologiques seront prochainement habilités à informer les pays de la région de l?Afrique de l?Est de l?arrivée d?un tsunami. D?ores et déjà, le dernier cri technologique en matière d?alerte aux tsunamis a récemment été installé à la station de mesure du niveau de la mer à Port-Louis. Quant à la station de jaugeage de marées de Rodrigues, elle a été modernisée. Ces mesures ont été financées par le Flash Appeal des Nations unies, créé suite au tsunami dévastateur de décembre 2004. Le ministère de l?Environnement prépare actuellement un pamphlet et un poster pour «sensibiliser le public à ce qu?est un tsunami et ce qui doit être fait en cas de tsunami».

Ces dispositions ne pouvaient mieux répondre aux attentes du directeur général de L?Unesco, Koichiro Matsuura, qui a souhaité hier voir mettre en place un système d?alerte permanent d?ici décembre 2006.

«Je remarque que Maurice prend les choses au sérieux, en particulier à travers son National Disaster Committee ? un modèle de plate-forme nationale que d?autres pays pourraient émuler», souligne le directeur du secrétariat inter-agences de la stratégie internationale pour la réduction de désastres, Salvano Briceno. A part Maurice, seuls 14 des 27 pays de la région de l?océan Indien ont identifié leurs focal points nationaux. Ce qui place le pays au rang des avant gardistes.

POUR UN SYSTEME D?ALERTE ADAPTE

Le directeur général de l?UNESCO et le Premier ministre se sont rejoints dans leurs déclarations respectives sur l?urgence d?un système d?alerte régional. Pour le premier, l?expérience récente de mars a démontré «qu?on n?avait pas encore de moyens de détecter la présence d?un tsunami». Il a donc rappelé l?engagement des pays concernés à créer un seul système d?alerte en collaboration avec la Commission océanographique intergouvernementale (COI). Avant de revenir sur la création d?un groupe de coordination intergouvernementale (GCI) lors de la prochaine assemblée de la COI à Paris en juin. Par-delà le système d?alerte, il a notamment insisté sur la coordination de la recherche et la planification d?actions à moyen et long terme pour un système sûr. Pour sa part, Paul Bérenger a attiré l?attention sur le choix d?un système d?alerte adapté à la région, le financement, la formation requise, et le choix du site pour un éventuel centre régional.

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