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Marjorie Seevraz en majuscule
Quatre ans de silence. Quatre ans, pour tordre le cou aux démons de sa vie et regarder la vie droit dans les yeux, le comprendre, l?apprivoiser. Marjorie Seevraz sait être mélancolique, mais pas nostalgique. 30 ans et 13 ans de carrière, lui ont servi à se construire une personnalité.
L?artiste laisse tomber des considérations adolescentes, pour se pencher sur des considérations de femme et de citoyenne. Ce nouvel opus, elle a pris le temps de le travailler. C?est la raison pour laquelle ce disque est plus personnel. « Il vient du c?ur, » souligne-t-elle timide.
Maladie stress, le premier morceau qui donne toute sa couleur à son CD, secoue ceux qui l?écoutent. Elle nous embarque rapidement dans son univers, un monde fait de franchise, avec des cuivres et un arrangement soigné, signé Christophe Serret de Cassiya Production. Sur ce disque où elle essaye de comprendre la vie, l?artiste comble le vide en se faisant plaisir. Celui de chanter d?abord, celui des mélodies soignées ensuite, enfin, ces paroles « mauriciennes », sur des airs bien de chez nous.
Mais quand elle est face à nous, Marjorie Seevraz est d?une incroyable discrétion. Elle semble préférer la scène à cet exercice de communication. On sent qu?elle voudrait esquiver ces questions où il faut se dévoiler. « Je suis de nature discrète, je préfère m?exprimer en chanson. D?ailleurs, sur cet album, la musique et la chanson ont été pour moi une véritable thérapie. »
Et même lorsqu?on lui parle de ces instruments qu?elle joue avec dextérité depuis longtemps, la jeune femme semble vouloir se terrer loin de tout. Des années passées sur les bancs du Conservatoire de musique François Mitterrand, et Marjorie Seevraz sait jouer de la guitare basse, rythmique et acoustique. Elle joue également de la flûte à bec, de l?harmonica, du violon, et de cet instrument, le « mélodica », sorte de clarinette dans laquelle on souffle, avec dextérité. C?est dire à quel point, elle est une artiste accomplie.
C?est à quatre ans, sur une scène de kermesse de sa paroisse de l?Immaculée à Port-Louis, que Marjorie Seevraz scelle son destin. L?envie de chanter naît auprès de son père Marc, membre des Markies, de Pepito ou encore des Typhoon Band. Depuis, elle a trimballé sa voix accrocheuse et ses papiers à musique, dans les hôtels du pays.
Un univers pas toujours rose où il faut compter sur les horaires tardifs, les week-ends chamboulés et les passages en coup de vent à la maison.
Mineure au début de sa carrière, elle est accompagnée partout par sa maman Huguette. « Quand j?ai débuté, il y avait peu de moyens de réussir et d?avancer. J?ai renoncé à beaucoup de choses, à mon adolescence notamment. Quand mes camarades s?amusaient, moi je travaillais mes partitions et mes instruments. Mes parents voulaient que je réussisse également mes études. J?ai fait du chemin, mais j?en ai encore à faire avant d?être une artiste accomplie, » explique-t-elle timide, mais déterminée.
Les concours télévisuels des années 90 lui apportent une certaine notoriété et sa carrière s?emballe. Sa rencontre avec Yvon Macabé est décisive. C?est de là que naît le titre Ton Philippe. Nous sommes en 1998 et Marjorie Seevraz a 22 ans.
Deux ans plus tard, malgré le piratage de son disque, elle forme avec quelques copines, dont Kiki Cerdor, un quatuor 100% féminin appelé les Cool Girls. L?album Fam linivers sort deux ans plus tard. Entre-temps, Marjorie Seevraz a la chance d?être membre du board de la Mauritius Society of Authors, (MASA). Elle parvient à comprendre la place des artistes locaux et à percer à jour certaines personnes «malhonnêtes », dont le but ultime est de « se faire de l?argent ».
Malgré toutes ces zones d?ombre, Marjorie Seevraz évite de se décourager. « J?ai appris que le découragement ne me permettrait pas de faire ce que j?aime. Pendant treize ans, j?ai eu de mal à me faire accepter. Mais aujourd?hui j?ai appris à avoir confiance en moi. Je me suis donc remise à écrire et à composer. » Elle trouve une bulle de réconfort auprès du groupe Cassiya. Elle travaille à sa guise, et sait qu?elle peut leur faire confiance.
Marjorie sera avec ses complices de la troupe des Enfants d?un rêve du 13 au 28 octobre, parce qu?un artiste doit savoir partager. C?est une belle façon de concevoir son métier.
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