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Marcel Masson,directeur financier de Beachcomber

24 mai 2006, 00:00

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<B>Comment appréciez-vous la performance du premier semestre de New Mauritius Hotels ? </B>

Il faut d’abord retenir que nous sommes en progression. Comparé à ce qu’il était pour les premiers six mois de la précédente année financière, le taux d’occupation moyen est passé de 72 % à 76 % et le chiffre d’affaires a augmenté par 9,2 % pour atteindre Rs 3, 519 milliards. Les bénéfices d’exploitation sont, en revanche, demeurés pratiquement les mêmes : Rs 1,285 milliard (contre Rs 1,278 milliard l’année précédente). Le revenu par client par jour est resté au même niveau, en raison de la politique tarifaire prudente pratiquée. Les bénéfices ont été de l’ordre de Rs 971 millions malgré un manque à gagner de quelque Rs 75 millions pour le mois de mars dû à la menace du chikungunya.

Bien que la hausse des coûts variables par client ait été bien contenue à 2,5 %, au moyen d’une politique d’achats efficiente et d’un contrôle efficace, les frais totaux ont grimpé de 10 %, principalement en raison de l’augmentation du prix de l’énergie, de la masse salariale et des dotations d’amortissements. L’Earnings per share (EPS) a été de Rs 6.01 comparé à Rs 5.95 pour la période correspondante de la précédente année financière. Un dividende de Rs 2.00 par action a été payé aux actionnaires en mai 2006

<B>Pouvez-vous expliquer comment, après avoir estimé le manque à gagner à Rs 75 millions pour le premier semestre, vous estimez que le chikungunya sur l’année financière, va vous coûter Rs 200 millions ?</B>

Le premier semestre comprend les mois de décembre, janvier et février, où on était en pleine croissance dans les arrivées. Cette progression a été stoppée au mois de mars. Cette année Pâques est tombée au mois d’avril, soit au second semestre et nous estimons la perte pour ce mois d’avril à Rs 70 millions. Par la suite, l’effet chikungunya va s’atténuer avec l’arrivée de la basse saison. En somme, mars et avril vont compter pour près de 75 % de l’effet chikungunya. Sur toute l’année financière qui se termine au 31 septembre 2006, nous estimons donc à Rs 200 millions le manque à gagner dû à l’impact du chikungunya.

<B>Comment se présentent les six prochains mois ?</B>

Une croissance de 5 % des bénéfices est prévue pour l’ensemble de l’année financière 2005-2006. Cette prévision se fonde sur les chiffres d’avril et les réservations actuelles pour les semaines à venir, et tient compte de la fermeture pendant quatre mois du Victoria pour rénovation ; le réaménagement de 181 chambres Deluxe au Shandrani et de huit villas de luxe au Paradis ; et un manque à gagner dans les bénéfices estimé à Rs 200 million dû au chikungunya. Mais le montant total des bénéfices devrait dépasser Rs 1 milliard.

<B>Avec de tels bénéfices, NMH fait définitivement partie de ces compagnies qui ont les moyens de payer plus que ce que le gouvernement a décidé pour la compensation salariale… </B>

La compensation salariale de juillet 2006 votée par le gouvernement est la suivante : 5 % up to Rs 2,700 rounded up to the next rupee or Rs 135 which-ever is the higher. Selon ces dispositions, et compte tenu de notre structure salariale, le personnel dans son ensemble recevrait une compensation uniforme de Rs135 par mois. L’appel des autorités gouvernementales aux employeurs de considérer ces dispositions comme étant un minimum et invitant ceux qui seraient financièrement capables de le faire, de considérer le paiement d’une compensation plus généreuse, a été entendu par la direction de NMH. Celle-ci a déjà informé le personnel de ses entreprises que la compensation salariale de juillet 2006 sera allouée selon le barème suivant : les employés touchant jusqu’à Rs 2 700 obtiendront une compensation de 5 % ou de Rs 135, whichever is the higher. Pour les autres catégories, la compensation accordée sera graduée entre Rs 285 et Rs 315.

Cette mesure vise à assurer à tous ceux se trouvant au bas de l’échelle salariale, une compensation égale à l’augmentation du coût de la vie, estimée par le gouvernement à 5 %. Nous espérons qu’elle donnera satisfaction à l’ensemble du personnel à qui nous réitérons notre appréciation pour le bon travail accompli.

<B>Est-ce suffisant pour une compagnie comme NMH ? </B>

Nous parlons bien de compensation et non pas d’augmentation salariale. A NMH, c’est au mois d’octobre qu’on procède à la révision des salaires, qui est basée sur un système d’évaluation de la performance mis en place depuis maintenant plus de 15 ans. De plus, une composante essentielle de notre politique salariale est la participation aux bénéfices pour les employés de NMH. Depuis 1997, NMH a mis en place un profit sharing scheme. Comme son nom l’indique, ce système permet aux employés de bénéficier de la croissance et des profits de NMH. Aussi longtemps, bien entendu, que ceux-ci se maintiennent. En 2005, les employés qui s’étaient joints à la compagnie avant le 1er octobre 2004 ont eu droit à un boni de productivité de base équivalent à 2,088 fois leur salaire mensuel. Soit, concrètement, un 14e et un 15e mois de salaire (en plus du 13e mois prescrit par l’Etat). Le boni de productivité est calculé selon une formule qui tient compte des paramètres de rentabilité des entreprises concernées, de la nécessité d’assurer un taux de dividendes raisonnable aux actionnaires et de préserver une partie des profits aux fins de réinvestissement dans l’entreprise. NMH va encore plus loin : les employés du groupe bénéficient de mesures sociales tels un fonds de pension et un fonds d’assurance maladie. La part de la contribution de la compagnie au fonds de pension équivaut à 15,5 % du salaire de base de l’employé (au-delà de la contribution au NPF).

<B>Il est beaucoup question ces temps-ci de distribution équitable de richesses produites.</B>

D’abord, tout pays a besoin, pour répondre aux aspirations de sa population en termes d’emplois, d’entreprises performantes et prospères. Autrement, c’est le dépôt de bilan, le licenciement et le chômage et tous les problèmes sociaux qui s’ensuivent. La bonne santé financière d’une entreprise repose sur un juste équilibre pour satisfaire ses trois partenaires que sont les clients, les salariés et les actionnaires. Voyons ce qu’il en est pour NMH sur la base du Value Added Statement pour les opérations locales des six mois se terminant au 31 mars 2006. Sur un chiffre d’affaires de Rs 2 942 millions, NMH a payé aux 1 200 fournisseurs de matériel et de services, un montant de Rs 953 millions. La valeur totale créée, soit Rs 2 386 millions est ainsi répartie : Salaries & Wages – Rs 624 millions, soit 26,15 % ; Etat – Rs 622 millions, soit 26,07 %, sous formes de taxes, impôts et charges diverses (TVA, Environment fees, Corporate tax, Licenses, leases and campement site tax et social security charges). Le montant des dividendes pour les actionnaires s’élève à Rs 322 millions, soit 13,5 %, alors que les intérêts sur les emprunts auprès des institutions financières se chiffrent à Rs 121 millions, soit 5,1 %. Le capital retenu pour maintenir et développer les opérations s’élève quant à lui à Rs 697 millions, soit 29,21 % de la richesse créée ; de cette somme, Rs 600 millions ont déjà été allouées à des dépenses capitales précises, nécessaires pour assurer la croissance et la pérennité des entreprises du groupe.

<B>Globalement, comment voyez-vous l’évolution du secteur pour le reste de l’année. </B>

Nous entrons dans la basse saison, qui coïncide avec la venue de l’hiver. Toutefois, nous sentons déjà dans les réservations, une légère reprise sur le marché français pour les prochains mois. Donc si nous arrivons à dégager une stratégie de lutte appropriée contre le chikungunya et une communication intelligente, les arrivées touristiques devraient retrouver des taux de progression intéressants.

<I>Propos recueillis par</I> Stéphane SAMINADEN</B>

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