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Manuels de ?Standard I? : ?Peut mieux faire??

24 avril 2007, 00:00

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Nous débarquons en pleine réunion dans la salle des professeurs. Le visage fermé, trois instituteurs de Standard I sont assis autour de Nicole Rohan, maîtresse d?école de Notre Dame de Lorette RCA. Cela fait à peine une demi-heure qu?ils ont reçu les quatre nouveaux manuels.

Durant tout le premier trimestre, la transition de la maternelle à l?école primaire s?est faite par le biais des activités de Bridging the gap (absence de manuels scolaires, accent sur les chansons, les jeux, les poèmes entre autres). L?introduction des manuels scolaires en Standard I a eu lieu hier. Ou plus exactement, les enseignants que nous avons interrogés les ont reçus hier. ?C?est à la maison que je vais les analyser?, explique Bhama Lallmun de Père Laval RCA.

En attendant, les réactions à chaud pleuvent. Les exemples aussi. D?un doigt énergique, Nicole Rohan feuillette le livre de Health Education, ?ce que l?on faisait auparavant en EVS?. Elle s?arrête au chapitre consacré à l?hygiène personnelle. L?exercice : encercler les objets avec lesquels on se nettoie les oreilles. On reconnaît du ?tissue paper?, une serviette, un crayon et une allumette. ?On retourne à l?époque où il n?y avait pas de coton-tige?, note la maîtresse d?école, moitié pour rire, moitié stupéfaite.

Même manuel, autre exemple. Le livre demande à l?apprenant de ?circle the thing which protects my mouth?. Parmi : une paire de lunettes, des gants, une casquette, un casque de moto et des bottes. Les instituteurs restent perplexes.

Ces livres, ils ont eu l?occasion d?y ?jeter un coup d??il?. C?était lors d?un atelier de travail d?un jour, organisé pendant les vacances de Pâques. Avant de les recevoir, hier, premier jour du deuxième trimestre. ?Ce qui coïncide avec la journée mondiale du livre?, remarque Serge Noël, assistant maître d?école au St François Xavier RCA.

Dans cet établissement portlouisien, il n?y a qu?une seule classe de Std I, gérée par Veena Lutchmanen. Comme ses collègues de Notre Dame de Lorette RCA, elle commente d?abord l?aspect ?visuellement attrayant? des nouveaux livres, avantagés par des illustrations en couleur.

?D?un extrême à un autre?

Mais les instituteurs interrogés sont unanimes à le dire : ces livres sont trop lourds. A titre d?exemple, le manuel d?anglais est passé de 84 à 191 pages. Imaginez la différence pour un enfant habitué à ne porter, outre son déjeuner, qu?une ardoise et un cahier de dessins. ?C?est horrible pour des enfants de cinq ans?, s?insurgent Kathleen Perombelon et Guilène Aza, Deputy Head Teachers à Notre Dame de Lorette RCA.

Question contenu, elles estiment que le livre de mathématiques est ?très bon? et que les ?thèmes comme les nombres et les figures géométriques ont déjà été travaillés?. En revanche, pour ce qui est du manuel d?anglais, les instituteurs pensent que ?les textes pour la lecture ne sont pas à la portée d?un enfant de Std I?. Exemple, celui de la page 30, jugé ?trop long?, avec des ?mots trop difficiles. A mon avis, c?est plutôt pour un élève de Std III?, dit Kathleen Perombelon.

La difficulté : s?occuper de chacun, ?quand on a une classe de 40 enfants?. Entre les élèves qui savent déjà écrire leur nom et ceux qui ne savent même pas tenir un crayon, souligne Veena Lutchmanen. Tous ceux interrogés partagent la même appréhension : termineront-ils ces manuels avant la fin de l?année scolaire ? Les instituteurs en doutent.

?Les textes pour la lecture ne sont pas à la portée d?un enfant de Standard I? A mon avis, c?est plutôt pour un élève de Standard III.?

Si Bridging the gap est en soi une transition, ils notent le manque d?étape intermédiaire entre Bridging the gap (le moment où l?on fait parler l?enfant, de sa famille, de ses centres d?intérêts) et l?arrivée des manuels au deuxième trimestre. ?C?est une coupure, on passe d?un extrême à un autre.? Ils estiment que c?est ?dans deux semaines, même un mois? que le manuel sera véritablement en utilisation.

Joint au téléphone, Alain Doolub, secrétaire de la Roman Catholic Education Authority explique pour sa part : ?Nous avons demandé à nos écoles de ne pas accorder tant d?importance que cela aux manuels. Ce qui est primordial c?est d?adapter les items en fonction de la classe. Auparavant, le livre c?était une bible. Maintenant, l?accent est sur l?enfant. Quelle que soit la présentation du livre, ce n?est pas un gros problème, il faut travailler.?

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