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Maddly Bamy : Brel ne la quitte pas
Avez-vous déjà entendu parler de deuil joyeux ? De cette jubilation par delà la mort, qui permet de parler du cher disparu comme s’il ne se serait absenté que l’espace d’un court instant ? Avant de faire la connaissance de Maddly Bamy-Brel, nous avions nos doutes. Compagne des derniers jours du chanteur qui “avait le mal des autres”, sur quel type de veuve allions nous tomber ?
Ses antécédents parlaient franchement contre elle. Un parcours en dent de scie, semé de passages éclairs. Une existence en état de manque, placée par la suite sous le signe de ses écrits. Livres après livres dont le fond de commerce est ostensiblement son histoire d’amour – qui a duré sept ans – avec le valseur qui dansait sur mille temps.
D’abord celui au sein de la compagnie Renaud-Barrault, puis sous les diktats de Claude François, dans le short moulant de “capitaine des Clodettes .” Petit rôle au cinéma dans L’Aventure c’est L’Aventure de Claude Lelouch, qui permet à celle “qui voulait toujours devenir artiste”, de donner une autre dimension à son quotidien.
Une bibliographie aux allures d’appel du pied. Collection édifiante qui débute avec La rivière sans rives, sorti en 2000. La critique y va de son couplet : “La rive, c’est déjà l’obstacle au libre cours de l’eau. Maddly Bamy a transformé la disparition de Jacques Brel en une énergie qu’elle nous livre.” La plume poursuit sur sa lancée. L’année suivante, la comédienne-danseuse, désormais auteur, livre La gymnastique énergétique, une série de mouvements organisés en “méthode”, pour tirer profit des “connexions fluidiques.”
La même année paraît Et si la parole de Jacques Brel était vivante ? La plume fait éclater ses penchants mystiques, son culte au dieu Brel qui, pour avoir basculé de l’autre côté de la vie, n’a semble-t-il pas arrêter de parler à sa compagne. L’ouvrage est qualifié de “conversation” entre Maddly Bamy et celui qui lui ouvre les portes de la notoriété. Un échange qui dépasse les âmes prosaïques pour occuper les lignes de trois tomes des “considérations lancées par le grand Jacques à travers l’espace infini de la mort ! A chacun de savoir s’il désire réveiller la force spirituelle qui sommeille en lui”, intime l’ouvrage.
Le cheminement “ littéraire ” atteint son apothéose avec la convergence de deux destins. Ou plutôt de quatre vies. Un frère et une sœur qui ont eu la “chance” de partager l’intimité de deux monstres sacrés. Si Maddly Bamy filait le parfait amour avec Jacques Brel, son frère Eric chauffait les “chaussons musicaux” de Johnny Hallyday.
Mais le scepticisme ne résiste pas à la bonne foi. Nous ne savons pas comment fait Maddly Bamy-Brel, mais elle a su conserver juste assez de candeur pour nous convaincre que la mort pouvait “n’être qu’un passage.” Que l’état de manque pouvait être vécu dans l’absence de larmes.
Rencontrée jeudi au Domaine Les Pailles, la fraîcheur de Maddly Bamy-Brel a traversé les frontières des idées préconçues. Pouvoir de la simplicité. Quand elle évoque le disparu, elle parle au présent. Au point où il est impossible de ne pas se retourner pour voir surgir la silhouette effilée du chanteur. Mauvais réflexe. C’est du regard de Maddly Bamy-Brel qu’émane la magie.
Baignant dans la fraîcheur de son ensemble en lin, l’îlienne répond spontanément à nos interrogations. Questionnée sur le déclic qui a fait jaillir les mots de sa plume, l’intime de Brel répond : “Je me suis mise à écrire quand Jacques Brel m’a demandé d’être sa mémoire, son témoin. De dire ce qu’il était vraiment, ses idées, sa pensée. C’est dans ce but que j’ai écrit Tu leur diras.”
Lutter contre la perception. Maddly Bamy en a fait son objectif. “Les gens pensaient que Jacques Brel était quelqu’un de sombre, de dépressif, alors qu’ il était jovial, un bon vivant, soucieux des autres et donc de lui-même. Il sentait que sa vie allait être traitée un peu n’importe comment. Il n’avait qu’à ouvrir les journaux pour le constater. Brel a voulu remettre les pendules à l’heure. Il m’a demandé d’écrire à sa place, ce que j’ai fait.”
Difficile de lutter contre les forces qui échappent au raisonnement. Surtout quand d’elle-même, l’auteur avoue, “Je n’avais écrit qu’une petite comédie musicale pour un groupement de commerçants, à laquelle Brel avait collaboré avec une chanson que nous avions composée ensemble. J’avais donc écrit des chansons et des comédies, c’est peut-être pour cela que Jacques Brel m’a demandé d’écrire sur sa pensée.”
FESTIVAL
<B>L’Age d’Or, sur les airs d’autrefois</B>
■ La visite de Maddly Bamy-Brel est une initiative de Marlin Productions et Atoll Evénements, organisateurs du Festival International de l’Age d’Or. Il est programmé au Domaine Les Pailles du 10 au 18 septembre. A l’affiche de l’événement : André Gilles avec Les Années Music Hall. Coup d’envoi du festival, le vendredi 10 septembre à 20 heures au Domaine Les Pailles. Sont aussi annoncés : l’humoriste Georges Mathieu et Clarel Betsy qui reprendra “Ti Frer” sur scène avec Maddly Bamy-Brel. Le couple italien Emilio et Christina Doria présentera une Fiesta Italiana au restaurant Dolce Vita, au Domaine Les Pailles. C’est le chanteur français Eric Vincent qui clôturera le festival. Le prix des billets pour les spectacles est fixé à Rs 300. Celui du Grand Bal de l’Age d’Or prévu le dimanche 12 août, à partir de 13 heures est à Rs 200, alors que l’accès au gala de Eric Vincent coûte Rs 500. Les billets sont en vente dans les supermarchés Winners, au Domaine Les Pailles et chez Atoll Evénements.
Par ailleurs, trois des livres de Maddly Bamy-Brel seront disponibles dès jeudi prochain au Bookcourt du Caudan lors d’une séance de dédicace.
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