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L’ultime frontière technologique

26 mai 2006, 00:00

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George Bush a grandi dans un Etat, le Texas, qui a une très longue frontière avec le Mexique. Il veut aussi démontrer qu'il est encore capable de lancer de grands projets, malgré l'Irak, et alors qu'il lui reste moins de deux ans à passer à la Maison-Blanche.

Il avait convoqué les principales chaînes de télévision récemment à une heure de grande écoute, pour annoncer le déploiement de 6 000 gardes nationaux à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, afin de lutter contre l'immigration clandestine. Il était sur le terrain, quelques jours après, pour mieux faire passer son message.

CNN retransmettait en direct le discours qu'il prononçait, en chemisette, à Yuma (Arizona), devant les policiers chargés de garder la frontière. On avait vu auparavant le président prendre manifestement grand plaisir à se promener à vive allure dans un véhicule spécialement construit pour parcourir les dunes à la poursuite des clandestins. “Le système actuel est moralement dégradant”, disait-il. Les passeurs, appelés “coyotes”, font payer très cher leurs services. Les policiers interpellent les clandestins et reconduisent au Mexique les ressortissants de ce pays. Mais les autres, venus des autres pays d'Amérique latine, sont souvent relâchés au bout des trente jours de détention prévus par la loi. Ils viennent grossir les rangs des 11 ou 12 millions de personnes qui vivent illégalement aux Etats-Unis.

Retrouvant ses vieux accents populistes, George Bush demande au Congrès d'agir enfin en débloquant les fonds pour la construction, sur 1 400 kilomètres, d'une clôture très sophistiquée, munie de caméras pour la vision nocturne et de toutes sortes d'équipements de surveillance électronique. “Il y a beaucoup de politicaillerie à Washington. Il est temps de s'en débarrasser, de faire ce qui est bon pour les Etats-Unis et de vous aider à accomplir votre travail”, disait-il aux policiers de la patrouille des frontières. “Il faut des résultats immédiats”, répétait-il. Le plus important est donc de sécuriser la frontière, qui doit devenir “la plus avancée du monde sur le plan technologique”.

Ce que propose George Bush n'est pas nouveau. Les clôtures, les senseurs thermiques (pour détecter la présence d'êtres vivants), les caméras à infrarouge existent déjà sur une partie de la frontière. Il s'agit de les installer de façon plus systématique. En même temps, George Bush demande la création de permis de travail temporaires, munis de données biométriques, pour les travailleurs saisonniers. La technologie, encore une fois, est appelée à la rescousse.

<B>Dominique DHOMBRES</B>

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