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L’envers du décor à Port-Louis : quand Le Caudan devient poubelle
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L’envers du décor à Port-Louis : quand Le Caudan devient poubelle
Ce week-end, les promeneurs se sont faits rares du côté de la marina du Caudan. Pour cause. Une odeur pestilentielle contraint les passants à se pincer les narines dès qu’on s’approche des lieux. Même les jeunes couples en quête d’un peu d’intimité font demi-tour.
On s’approche des quais, les émanations font penser à la scène des premières pages du célèbre roman «Le Parfum» de Patrick Süskind. Nous avançons... L’odeur nauséabonde persiste, mélangée aux effluves fortement empreintes de mazout. Nous sommes dans un port. Les cargos et autres chalutiers au mouillage, on le sait, laissent parfois s’écouler un peu de carburant.
Empruntons le passage longeant l’hôtel Le Labourdonnais, côté mer. Quel tableau ! C’est l’envers du décor. Des détritus flottent à la surface de l’eau. On trouve, pêle-mêle des contenants en plastiques, des gobelets en papier. Plus loin, une tête de marlin en putréfaction dégage une odeur irrespirable. C’est trop, il faut battre en retraite.
Du côté de la marina, la puanteur est moins insupportable, mais les détritus qui s’y accumulent à côté de yachts donnent un air de dépotoir à ciel ouvert à ces lieux se trouvant à un jet de pierre des plus luxueuses enseignes de la place. Ici, c’est Mare-Chicose-sur-Mer.
Aux abords du restaurant flottant non-loin du bâtiment d’IBL, ce n’est pas mieux. Le ponton reliant le quai au restaurant offre une vue dégoûtante. Des détritus s’y agglutinent, reculent et s’avancent au rythme du flux et du reflux des vagues.
Des promeneurs qui pensaient s’offrir un après-midi de détente s’éloignent d’un pas pressé. «C’est vraiment répugnant ! En tout cas, pour moi, il est hors de question de rester ici avec ma famille», déclare Asraf, un habitant de Plaine Verte. Ils sont nombreux à penser comme lui. L’endroit est désert.
«Ce matin, j’ai même aperçu un chien mort qui flottait», nous confie Asraf. Il pense qu’il s’agit d’ordures jetées à l’eau par des marins. «Après l’histoire de cadavres de chiens découverts dans une benne à ordures, plus rien ne m’étonne», souligne-t-il.
Un autre promeneur, Jean-Claude, un habitant de Terre-Rouge, se joint à la conversation. «J’entends souvent dire que les autorités ont l’habitude de nettoyer mais je ne vois vraiment pas le résultat jusqu’ici.»
Il dit qu’il est un habitué des lieux. Il vient régulièrement marcher seul le long des quais. Selon lui, il a déjà vu pire à ce même endroit. Jean-Claude a une explication à l’état d’insalubrité aggravé de cette partie du port. «Les responsables attendent que les déchets s’accumulent pour effectuer le nettoyage», dit-il.
«Je viens très régulièrement ici. D’ordinaire, les ordures viennent souvent se déposer tout autour du Caudan Waterfront. Le problème ne date pas d’hier. C’est triste de le dire, mais avec le temps, on s’y habitue», confie Jean-Claude, qui décide finalement de poursuivre sa marche non pas sur les quais mais dans la galerie marchande Caudan.
Sollicitée pour une intervention à ce sujet, une source proche de la direction du Caudan Waterfront répond qu’ils s’occupent uniquement de ce qu’ils peuvent. Avant d’ajouter que le Caudan Waterfront n’est ni le gérant ni le propriétaire du port:
«Nous ne sommes pas les seuls opérateurs aux abords du port et la tâche de garder ces espaces propres revient à la Mauritius Ports Authority. Nous avons formulé une requête pour un bateau nettoyeur en 2004 et on attend toujours. Le mois dernier, on a réitéré notre demande et on nous a fait savoir que le bateau en question est déjà opérationnel mais qu’il ne pouvait s’approcher aux abords des quais pour enlever les saletés agglomérées», indique cette même source.
Shirley Parisi, la directrice du restaurant flottant au Caudan, souligne qu’il lui est déjà arrivé de fermer une demi-journée, car les ordures étaient montées jusqu’à la jetée.
«A chaque fois que les saletés s’entassent chez nous, on fait de notre mieux pour nettoyer. D’ailleurs, nous avons toujours deux personnes qui à l’aide de paniers ramassent les bouteilles et les sacs en plastique flottant dans l’eau. Hélas, on ne peut tout faire. La dernière fois, nous avons sollicité la State Property Developement Co. Ltd (SPDC) qui a, par la suite, dépêché son personnel pour faire le nécessaire», explique-t-elle.
Selon un porte-parole du comité de la santé à la municipalité de Port-Louis explique que le ramassage des débris accumulés dans la mer ne relève pas de leurs responsabilités. Néanmoins, il avance que la mairie a placé des grilles métalliques à quatre endroits stratégiques dans la capitale, nommément, au ruisseau du Pouce, au ruisseau Kreol, au Pont de Paris et à Grande-Rivière, afin d’éviter que les bouteilles, sacs en plastique et autres détritus ne finissent leur course à la mer.
Lexpress.mu a essayé vainement d’avoir une réaction de la Mauritius Port Authority (MPA). Mais selon ce que nous avons appris, le bateau-nettoyeur serait en réparation au Chantier naval de l’océan Indien.
 
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