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L?éradication de la pauvreté entre dans sa phase pratique

30 juin 2008, 00:00

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Le programme d?éradication de la pauvreté, l?une des priorités du budget 2008-2009, est maintenant à son étape de maturation. La mise en place du comité d?Eradication of Absolute Poverty (EAP), dont certains des membres ont été présentés à la presse ce samedi, est un gage de bonne foi dans ce combat contre la précarité. Ayant à sa tête Carrim Currimmjee, ce comité où siègent, entre autres, Roland Dubois, Malenn Oodiah, Raj Makoond, Sheila Baguant, Manda Boolell, Tim Taylor, Amba Veerasamy, n?aura pas la tâche facile. Le ministre des Finances, Rama Sithanen, lors de la conférence de presse qu?il a tenue à Port-Louis, n?a pas caché les difficultés qu?implique le combat pour faire reculer la précarité.

Mais il a tenu à exprimer «la volonté politique du gouvernement de ramener nos compatriotes, que la pauvreté afflige, vers le mainstream». Mais cette lutte ne sera pas l?apanage du gouvernement. Y sont associés, le Trust Fund for the Integration of Vulnerable Groups dont l?EAP Programme est un sous-comité, l?Empowerment Programme, le secteur privé, les ONG, la société civile et, bien sûr, les partenaires économiques que sont l?Union européenne et la Banque mondiale.

«Il y a une seconde exigence, au-delà d?une croissance forte, robuste, équilibrée. C?est le besoin d?une croissance juste, partagée, inclusive. C?est pour cette raison qu?une intervention forte, non seulement du gouvernement, mais également de toutes les parties prenantes, est nécessaire pour attaquer le problème», souhaite le ministre des Finances. Pour le ministre, si l?on considère le critère dit de l?Income inequality, qui mesure les écarts de revenu entre les habitants d?un pays donné, il s?avère que Maurice fait partie des pays où il n?existe pas de grandes inégalités entre les revenus. Le troisième critère d?évaluation de la pauvreté est celui dit Human Development Index qui prend en compte l?inégalité entre les revenus, le taux d?alphabétisation, l?accès aux soins médicaux et le purchasing power parity. Au vu de ce critère, sur 177 pays, Maurice occupe la 67e place. «Mais cela dit, la pauvreté existe à Maurice», reconnaît Rama Sithanen. «Mais nous pouvons en venir à bout, avant qu?elle ne devienne insoutenable. Si l?on considère le critère de deux dollars par jour soit Rs 1 100 le mois par personne, à peu près 1,5 % de la population est concernée, soit 5 000 familles ou 20 000 personnes. Mais si nous prenons le critère de pauvreté relative utilisé dans les pays riches où sont considérées comme étant pauvres, les familles dont le revenu est inférieur de 50 % au revenu médian, alors 7,9 % de la population mauricienne est concernée, à peu près 26 400 familles soit autour de 104 200 personnes».

Compte tenu de l?immensité et de la complexité de la tâche à accomplir, l?accent a d?abord été mis sur l?éradication de la pauvreté absolue d?ici sept à dix ans. Quelque 7157 familles sont concernées par ce programme, soit à peu près 28 000 personnes à travers l?île, disséminées dans 229 poches de pauvreté, et présentes dans 118 régions. Pour y arriver, des actions concrètes seront entreprises dans six différents domaines tels que l?éducation préscolaire, le training and reskilling, la micro-entreprise, le logement social, l?acquisition du life skill, et la réduction du gender inequality.

D?après Carrim Currimjee, le président du comité EAP, «bien que seulement 1,5% de la population soit frappée par la pauvreté absolue, c?est quand même un défi pour moi et pour tout le comité que j?ai l?honneur de présider».

Jean Claude de l?Estrac, président du Steering Committee de l?Empowerment Programme, salue pour sa part le volet éducation, qui selon lui, est primordial dans l?éradication de la pauvreté. «Aucun autre discours ne parviendra à ramener l?espoir et la confiance en l?avenir chez les personnes qui souffrent, en dehors d?actions concrètes en vue d?assurer l?éducation de leurs enfants», soutient Jean Claude de l?Estrac.

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