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L?écart entre collèges publics et privés décrié
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L?écart entre collèges publics et privés décrié
Un vieux débat qui revient sur le tapis : la grande différence dans les dépenses par tête d?élève entre les collèges d?Etat et ceux du privé. Le détonateur vient d?un nouveau rapport du Management Audit Bureau (MAB), déposé au ministère de l?Education vers le début du mois.
Ce rapport, commandé vers 2003 par Steven Obeegadoo, alors ministre de l?Education, viendrait prouver que l?Etat est loin de considérer l?élève fréquentant un établissement privé sur e même plan que celui d?un collège d?Etat.
Si le rapport est rendu public, il ajoutera certainement de l?eau au moulin de la Fédération des managers des collèges privés et de l?Union of Private Education Employees (Upsee) qui a toujours demandé que leurs établissements soient traités sur un pied d?égalité avec ceux qui appartiennent à l?Etat. L?ensemble du secteur veut ainsi que le ministre de l?Education, Dharam Gokhool, rende public le document et clarifie sa position par rapport aux collèges privés.
Ce rapport, qui étudie et compare les dépenses du gouvernement par tête d?élèves pour les deux types de collèges, avait initialement comme objectif de servir comme base de travail pour aller vers une parité financière entre ces deux secteurs. Le ministre d?alors était en effet favorable à cette idée et avait pour cette raison accédé à la requête du secteur qui voulait qu?une telle étude soit effectuée.
Grandes différences constatées
Dans un autre rapport, celui du Public Accounts Committee, qui s?était penché sur les comptes de la Private Secondary Schools Authority (PSSA) pour l?année financière 2001-2002, l?on découvre les très grandes variations dans les dépenses de l?Etat par tête d?élève.
Lors de cette année financière, la Medco Bhujoharry (avec ses 933 étudiants) a touché Rs 37 401 par élève. A l?autre extrême, l?on retrouve le collège Hamilton (filles), qui comptait alors 710 élèves, et où chaque étudiante a coûté Rs 789 à l?Etat. Toujours à titre indicatif, pour le collège Modern (1 101 collégiens), l?Etat avait investit cette année-là Rs 14 641 par élève, le collège Bradley (184 étudiants) Rs 33 995, et le collège St Esprit(1 209 garçons) Rs 19 360.
Il semble ainsi qu?il n?y ait aucune harmonie dans les dépenses publiques au niveau privé-public. Pourtant, le secteur du secondaire privé est plus important en termes de capacité d?accueil que le sont les collèges d?Etat.
Selon le rapport de la PSSA, le privé pèse lourd dans la balance avec pas moins de 119 établissements secondaires, dont 99 opèrent grâce aux fonds publics. Ils offrent une éducation gratuite à 64 408 étudiants. En d?autre mots, 53 % des étudiants du secondaire vont dans des écoles gérées par le privé.
Aujourd?hui encore, Steven Obeegadoo défend le concept d?égalité entre public et privé. ?S?il a été effectivement complété, ce rapport devrait être rendu public. Nous avions demandé au MAB de calculer les dépenses de l?Etat par élève pour le secteur d?Etat et privé est de venir expliquer cette différence?, affirme Steven Obeegadoo.
Ce dernier explique que les établissements secondaires privés offrent un service public étant donné que ceux-ci accueillent des étudiants que l?Etat ne peut prendre en charge faute de place dans ses propres collèges. ?La parité répond également à l?équité. L?éducation est un droit fondamental et c?est le rôle de l?Etat de garantir une chance égale à tous les enfants. Souvent, ce sont les plus pauvres qui se retrouvent dans les établissements privés. Tenant tout cela en compte, il est tout à fait logique que les dépenses pour le public et le privé soient les mêmes de manière générale?, précise-t-il encore.
La Fédération des managers des collèges privés demande également que ce rapport soit rendu public au plus vite et souhaite que le ministre de l?Education, Dharam Gokhool, définisse clairement sa vision pour le secteur privé. ?Nous demandons cela depuis son arrivée, mais il n?a toujours pas répondu à nos questions?, indique membre de l?exécutif de cette association.
?Pas de contrôle sur les dépenses...?
La Fédération demande que le ministre indique si, oui ou non, il souhaite également la parité entre les deux types d?établissements. ?Il est faux de dire que tous nos collèges ne sont pas bons. Certains font un très bon travail, sinon mieux que ceux de l?Etat. Mais si le gouvernement veut que nous donnions le même type d?éducation, il faut nous en donner les moyens?, explique Rajen Chumroo, porte-parole de la Fédération. ?La parité est très importante parce qu?on ne peut traiter les enfants qui vont dans les collèges privés comme des citoyens de seconde zone?, tient à ajouer Rajen Chumroo.
Et cette parité doit aller de pair avec des normes bien établies que fera respecter la PSSA. C?est également ce que demande l?Upsee.
?Dans beaucoup de cas, faute d?un audit compétent, il n?y a pas de contrôle sur les dépenses faites dans les collèges privés. Nous sommes d?accord qu?il faut la parité, mais cela doit venir de critères strictes. Il faut que la PSSA fasse un suivi rigoureux pour veiller à ce que chaque sou soit réellement utilisé à bon escient?, conseille Girish Ramshaye, président de l?Upsee.
Et pour le moment, l?autorité régulatrice n?a pas les moyens de faire le suivi, comme elle le reconnaît elle-même dans son rapport confidentiel ?Partnership for secondary education in Mauritius? qu?elle a préparé et déposé au ministère le mois dernier.
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