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L?université payante
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
C?est une honte nationale. L?université de Maurice est si indigente qu?elle n?a pu accueillir tous les étudiants qui se sont inscrits pour la nouvelle année. Une confusion totale a plané à Réduit hier. Par conséquent, la rentrée a été retardée pour un grand nombre d?étudiants. Faute de disponibilité de locaux. Tandis que certains étudiants étaient tout simplement éconduits, d?autres ont été canalisés vers des collèges avoisinants où se tiendront leurs cours. Ce pays doit vraiment s?inquiéter des failles de son enseignement supérieur.
Déjà, au début de l?année, le premier établissement d?enseignement supérieur du pays avait connu un sérieux problème. Il frôlait la faillite et était incapable de payer les salaires de ses employés. L?université prévoyait alors un déficit de Rs 49 millions, chiffre qui a été ramené à Rs 32 millions après des coupures consenties par son administration. Une rallonge de Rs 18 millions accordée par la TEC lui a permis de régler certains problèmes de trésorerie les plus immédiats. Aujourd?hui, l?université appelle à son secours les collèges de la région pour lui prêter des salles de classe. Jusqu?à quand l?université continuera-t-elle dans cette politique d?urgence ?
La politique de l?Etat n?est pas lisible non plus. Tandis que le ministre des Finances clamait en juin dernier que ?Our vision is to transform Mauritius into a knowledge-based economy?, il accordait à l?université une dotation à la limite du dérisoire. Cela peut paraître invraisemblable mais la somme allouée à l?université de Maurice pour l?année financière en cours s?élève à Rs 270 millions seulement, soit pratiquement le même montant que celui qui est alloué au Mahatma Gandhi Institute. Le budget de fonctionnement de ce dernier s?élève à Rs 245 millions. Ces statistiques peuvent être consultées sur le site de la TEC.
L?Etat doit faire un choix : Soit, il consacre davantage de fonds publics à l?université, soit il permet à celle-ci d?envisager l?instauration de frais de scolarité. En effet, il ne faut pas avoir peur de toucher aux vaches sacrées. Une université payante serait une garantie pour une formation de qualité dans un pays où la demande est très forte pour ce service.
Pour donner un nouvel élan à une université qui agonise, pour répondre aux besoins des étudiants qui veulent suivre les cours dans des locaux équipés et pas surchargés, pour attirer des professeurs qualifiés, pour créer les filières requises par le marché du travail, l?université doit avoir les moyens financiers adéquats. Il revient au gouvernement de lui donner l?autorisation de réclamer une contribution financière des étudiants. Pour l?étudiant, c?est un investissement sur le long terme
Le pays a économisé quelques dizaines de millions de roupies en privant l?université des moyens d?augmenter sa capacité d?accueil. Mais a-t-on pensé au gâchis que constituent ces milliers de jeunes qui ne peuvent étancher leur soif d?apprendre ?
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