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L?UE accepte de décaisser Rs 1, 6 milliard

7 décembre 2007, 00:00

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Ils recevront des sucreries en récompense pour leur bon comportement. C?est le cas de le dire. A peine l?accord entre l?Etat et la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) conclu, Claudia Wiedey, chef de la délégation de la Commission européenne à Maurice s?est engagée à décaisser un fonds de 36 millions d?euros (Rs 1,6 milliard). Le montant total de l?aide prévue pour l?année se terminant au 30 juin prochain s?élève à 58 millions euros (Rs 2,6 milliards). De son côté, le gouvernement traite avec diligence le dossier sucre. Hier, le ministère de l?Agro-industrie a délivré à deux usines la lettre autorisant leur fermeture.

Le ministre des Finances, Rama Sithanen, n?a pas attendu longtemps après la conclusion de l?accord intervenu mercredi entre l?Etat et les sucriers pour entamer des négociations avec Claudia Wiedey. Des discussions ont eu lieu entre les techniciens pendant toute la journée d?hier et c?est en début de soirée qu?une réunion au sommet s?est tenue. Au total 58 millions d?euros étalés sur quatre conventions de financement étaient en jeu. Une première convention a déjà été signée. Il a été agréé que deux autres conventions de financement seront signées samedi, ce qui portera à 36 millions euros la somme acquise sous forme de mesures d?accompagnement de la réforme sucrière.

Face à l?UE, le ministre Sithanen a mis en avant l?argument selon lequel il faut faire une évaluation qualitative des progrès réalisés vers la modernisation de l?industrie sucrière. Si l?UE avait insisté sur des critères précis à respecter avant le 31 décembre, le décaissement des fonds allait être sérieusement compromis. Finalement, Claudia Wiedey a été sensible au fait qu?un «progrès satisfaisant» a été enregistré dans la poursuite de la réforme. Les décaissements, en ce qui concerne le fonds de 36 millions d?euros, se feront à partir de février prochain.

Quant au reste de l?aide promise, soit 22 millions d?euros, il ne sera pas déboursé avant une évaluation de certains indicateurs spécifiques ou liés à la performance macro-économique. A cet effet, le ministre des Finances a sollicité hier la compréhension de l?UE et a réclamé une «flexibilité» de sa part. Certains indicateurs liés au secteur sucre risquent de ne pas répondre aux attentes de l?UE.

Le financement des plans de retraite anticipé (VRS) pour des employés de l?industrie sucrière a également préoccupé le ministre des Finances hier. Il a donné des instructions à ses officiers pour que l?Etat se porte garant pour les emprunts que devront contracter les sociétés sucrières auprès des banques commerciales. Le remboursement se fera dès que l?UE aura décaissé les fonds. Rama Sithanen a souhaité que le VRS des employés de St. Félix soit payé avant fin décembre. «Le bridging loan doit être établi en tant que ?back to back support? aux mesures d?accompagnement pour la fermeture des usines et par rapport au moment auquel la demande pour le VRS va se faire au niveau des usines», a déclaré pour sa part Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie.

Le ministre Boolell a annoncé avoir pris les premières mesures pour enclencher la centralisation. La fermeture de deux usines a été autorisée par son ministère hier, et celle d?une troisième le sera aujourd?hui. «Hier j?ai émis deux lettres par rapport à la fermeture de deux usines, notamment Mon Désert Mon Trésor et de Riche-en-Eau. Aujourd?hui, la lettre d?autorisation pour St Félix va être remise aux liquidateurs», explique-t-il.

Les sucriers parlent eux aussi d?une volonté de faire avancer rapidement les choses. «Nous travaillons en étroite collaboration avec les différents ministères afin que les engagements qui ont été pris avec l?Union Européenne soient respectés» déclare Jean Li, directeur de la MSPA. «On essaye d?accélérer et de mettre les bouchées doubles afin de respecter les engagements pris avec l?Union Européenne». Les réunions devraient s?enchaîner d?ici la fin de l?année.

<B>Paul Bérenger : «Rattraper le temps perdu»</B>

■ « Mieux vaut tard que jamais. On a perdu beaucoup de temps. Navin Ramgoolam a nourri un conflit inutile. Il faut maintenant rattraper le temps perdu. On a perdu du temps à la fois en ce qui concerne les discussions avec l?Union européenne et la réforme de l?industrie sucrière», a déclaré Paul Bérenger à «l?express» hier en réaction à la décision de l?UE. Par ailleurs, le leader de l?opposition axera sa PNQ, lors de la séance parlementaire de cet après-midi sur le sucre. Il interrogera le ministre de l?Agro-industrie sur les détails de l?accord signé entre le gouvernement et le MSPA. Il compte également évoquer le dossier St Félix.

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