Publicité

?L?offshore local a de bonnes références?

22 février 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

? Pourquoi la Deutsche Bank s?est-elle intéressée à s?implanter dans la juridiction offshore mauricienne ?</B>

Maurice a un certain nombre d?avantages comparatifs non négligeables. Elle a une population éduquée. Les services financiers sont bien réglementés. Le régulateur financier, la Financial Services Commission (FSC) exerce un bon contrôle sur les activités qui sont sous sa juridiction.

Le pays dispose aussi d?un réseau de traités de non double imposition fiscale qui permet aux investisseurs de structurer leurs affaires de manière efficiente. La juridiction du global business à Maurice compte des législations de compagnie et de trust modernes. Les taux de la taxe y sont également très favorables.

Tous ces facteurs font que Maurice est une place attrayante pour les services financiers offshore. Elle n?est pas très éloignée des marchés asiatiques et elle est très bien placée pour attirer beaucoup de business de la région Asie-Pacifique.

? <B>Vous êtes vous-même basé au Jersey. Quels sont les facteurs qui ont fait de cette place financière un succès mondial ?</B>

Le succès de tout centre offshore est attribuable à une série de facteurs dont le cadre de supervision et de régulation, la qualité des ressources humaines et les taux de fiscalité. Mais il y a aussi la présence des cabinets de professionnels en droit et en comptabilité qui jouent un rôle très important dans l?attrait d?une place financière.

Jersey compte plusieurs cabinets d?avocats et d?experts-comptables de grande réputation mondiale. Maurice a du pain sur la planche car il faut qu?elle se développe dans ce domaine. Elle enverrait ainsi un signal très fort aux investisseurs étrangers qui seront plus à même de faire une meilleure utilisation de la juridiction.

? <B>Quelles sont les principales activités de la Deutsche Bank à Maurice ? </B>

Notre principale activité à Maurice est de protéger le patrimoine de nos clients qui sont pour la grosse majorité des gens très riches (high and ultra net worth individuals). Nous leur proposons la sécurité et la neutralité fiscale.

Nous sommes à l?écoute des personnes richissimes qui sont à la recherche de solutions pour protéger leurs biens et pour permettre le passage de ceux-ci à des générations futures de la manière la plus efficace et sûre.

Les lois mauriciennes sur les compagnies et les trusts sont très utiles à cet effet. Elles permettent à nos clients de créer des compagnies et des trusts pour protéger leurs patrimoines tout en bénéficiant des conditions fiscales très favorables.

Les actifs sont administrés à travers ces structures qui opèrent sur une base de neutralité fiscale. La notion de neutralité fiscale est un élément fondamental dans le secteur bancaire offshore. Cela veut dire que les investisseurs ne payeront pas plus de taxe à Maurice que s?ils auraient investi à Jersey ou dans les îles Caïmans. Cette condition permet à la juridiction d?être compétitive par rapport à la concurrence. Elle fait partie des facteurs qui rendent la place financière mauricienne attrayante aux yeux de nos clients.

La Deutsche Bank est très satisfaite de ses opérations à Maurice. Nous avons la conviction que nous sommes dans un endroit extrêmement fiable. Notre équipe ici est compétente et très efficace. Nous avons une grande confiance dans notre business à Maurice.

? <B>Quelles sont les types de compétences qui sont nécessaires pour faire un centre bancaire offshore efficace ?</B>

Il faut des compétences dans l?administration des trusts, les services bancaires, et dans l?administration des fonds. Il faut aussi des bons professionnels de l?investissement.

Nous utilisons Maurice comme un back office pour offrir des prestations à nos clients qui sont basés dans des différents endroits de la planète.

Ces gens-là recherchent des instruments de placement créatifs, des idées nouvelles et des protections sécurisées pour leurs biens ainsi que des relations confidentielles avec leurs banquiers. Ils recherchent des produits d?investissement dans l?immobilier et dans les devises étrangères. Ils veulent structurer leurs actifs de manière à ce qu?ils puissent passer leurs biens aux prochaines générations tout en bénéficiant des bienfaits d?une fiscalité légère.

Notre rôle est de créer des différents types de véhicules tels des compagnies, des trusts et des fondations pour y mettre ces actifs. Cela permet la séparation des patrimoines des effets personnels du promoteur des structures en question. Cette séparation des biens offre l?avantage d?une bonne planification de succession, d?une plus grande confidentialité, une meilleure protection des actifs et une protection à des litiges liés au fisc, entre autres. Ce sont là des objectifs que recherchent les clients richissimes.

? <B>Les opérations de gestion des investissements sont-elles entreprises à partir de Maurice par la Deutsche Bank ? </B>

Les opérations d?investissement sont effectuées ailleurs. Nous avons beaucoup de solutions de placement structurées dont des fonds d?investissement. Mais beaucoup de nos clients n?ont qu?un advisory account chez nous. Nous leur proposons des idées. C?est eux qui choisissent comment ils souhaitent investir leurs biens.

Les services d?investissement sont effectués à partir d?autres places financières telles Londres, Hong Kong, l?Allemagne, le Luxembourg et la Suisse. La décision de localiser une opération dans les différentes juridictions est faite sur la base d?un certain nombre de critères.

Toute décision concernant un changement à ce niveau devra être motivée par des considérations de la clientèle.

? <B>Quelles sont les forces qui tirent la croissance dans le secteur de l??offshore banking? ? </B>

C?est un secteur qui est très compétitif aujourd?hui. Il faut toujours faire preuve d?innovation en terme de législations et de mesures d?encouragement fiscales, entre autres. Il faut aussi pouvoir attirer des cabinets de légistes et d?experts-comptables de qualité.

Les juridictions offshore ont besoin des départements spécialisés dans la promotion. Il faut promouvoir la juridiction à travers des road shows et des tournées promotionnelles à l?étranger.

Il est très essentiel d?être toujours pro-actif pour pouvoir concurrencer les autres places financières. Il faut engager les cabinets d?avocats, les études comptables, les banques et les sociétés d?assurances dans cet effort.

? <B>Quels sont les marchés porteurs du moment ? </B>

Il y a beaucoup de business venant de l?Inde et de l?Afrique du Sud. À la Deutsche Bank, nous recevons beaucoup de transactions venant de l?Asie. Mais Maurice est géographiquement bien placée pour faire du business avec n?importe quelle région du monde en raison de sa zone horaire.

Le traité fiscal avec l?Inde a beaucoup contribué à démarrer les activités offshore à Maurice. Aujourd?hui, les choses ont beaucoup évolué. Maurice peut être utilisée par n?importe quel investisseur à travers le monde.

? <B>Comment assurez-vous qu?il n?y a pas de criminels parmi vos clients ? </B>

Nous pratiquons des normes très rigoureuses de sélection de clients. Nous exigeons des renseignements sur les références du client ainsi que sur l?origine de sa richesse. Ces procédures nous permettent d?éviter des clients douteux.

Ces normes varient de juridiction à juridiction. Maurice est un centre financier crédible qui essaye d?attirer du business de qualité. Le centre dispose d?un bon cadre de régulation et des règles de client adoption très fiables. D?ailleurs, c?est aussi l?avis de la Financial Action Task Force (FATF). En 2000, la FATF avait émis un rapport sur les territoires offshore qui ne coopèrent pas dans le combat international contre le blanchiment d?argent et le financement du terrorisme. Maurice ne figurait pas dans les 23 pays cités.

Maurice ne fait pas partie non plus des 47 pays qui pratiquent des régimes fiscaux nuisibles répertoriés par l?Organisation de coopération et de développement économique en 2000. L?offshore mauricien a de bonnes références et il est très bien vu à l?étranger.

? <B>Certains opérateurs se plaignent que les régulations sont trop lourdes et freinent le développement du secteur ?</B>

En tout cas à la Deutsche Bank, nous sommes très à l?aise avec les règles en place à Maurice. Du reste, nous opérons seulement dans des juridictions qui offrent un niveau de régulation élevé.

Il se peut que les opérateurs de petite taille trouvent que les règles sont trop strictes. Ce n?est peut-être pas dans l?intérêt de Maurice d?attirer des opérateurs qui sont susceptibles de mettre la réputation de la place en danger.

<I>Propos recueillis par</I> <B>Akilesh Roopun</B>

Publicité