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Liverpool, si près du but?

18 décembre 2005, 20:00

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C?est donc du ?jamais deux sans trois? pour Liverpool. Ils ont échoué, hier, pour la troisième fois de leur histoire contre une formation d?Amérique du Sud. Les Reds lâchent une Coupe du monde des clubs qui se refuse, perpétuellement, à leur glorieux palmarès (échec contre Flamingo 3-0 en 1981 et Independiente 1-0 en 1984)?

Et pourtant, et pourtant, que les Reds sont passés près du but ! Contre Sao Paulo, hier, Liverpool a joué crânement sa chance et a tout tenté. Mais, lorsque vos attaquants ne sont pas efficaces, que la chance vous abandonne et que l?arbitrage est douteux, il n?y a pas grand-chose à faire. Sauf à implorer le ciel par dépit, comme Steven Gerrard à la fin du match?

La victoire, 1-0, des Brésiliens, hier, à Tokyo confirme en tout cas, que le titre de champion du monde des clubs inspire grandement Sao Paulo, déjà vainqueur face à Barcelone et au Milan AC en 1992 et 1993.

Qu?a-t-il manqué, hier, aux Reds de Rafael Benitez ? Le brin de chance qu?a eu Mineiro pour stopper le record défensif des Reds (aucun but encaissé depuis 11 matches jusque-là), profitant de la seule belle période de domination de l?équipe pauliste.

Liverpool n?avait certainement pas grand-chose à envier à un Sao Paulo qui réunit des joueurs brésiliens de second rang, les meilleurs évoluant évidemment en Europe, ou encore dans des pays fortunés (au pays de l?or noir ou du Soleil Levant).

La seule star, Cicinho, qui vient d?atterrir dans la galaxie extraterrestre de la Selecao, n?a, en effet, été recrutée que pour trois mois à l?Atletico Mineiro? L?avant-centre Amoroso conserve sa technique qu?on avait découverte quand il évoluait à la Fiorentina et Parme mais n?a plus ses jambes de 20 ans. L?autre buteur, Aloisio, avait évolué au PSG et à Saint-Etienne sans jamais vraiment casser la baraque?

Certes, il y a aussi le gardien Rogerio Ceni, imbattable hier, auteur de 50 buts (!) dans sa carrière sur penalties ou coup franc, et Ballon d?Or brésilien en 2 000 s?il vous plaît. Un sacré personnage que l?on a découvert hier, un portier de grand talent aussi, auteur d?une parade exceptionnelle sur un superbe coup franc de Gerrard qui filait pleine lucarne?

Mise à part leur aisance balle au pied, les Brésiliens étaient largement débordés et dépassés dès que les champions d?Europe ont accéléré et fait peser leur impressionnant jeu de tête. Témoins les 17 corners à 0 en faveur des Anglais et le siège en règle des buts de Sao Paulo en seconde période.

En fait, on a senti que Gerrard et les siens ne jouaient pas que pour eux et le club? Cette Coupe ils voulaient la ramener, surtout pour leur manager Rafael Benitez, qui avait refusé de rentrer en Espagne pour l?enterrement de son père, comme lui suggérait la direction du club, parce qu?il voulait rester jusqu?au bout et rentrer avec ses joueurs lundi en hommes de principe qu?il est?

Même menés au score, les Reds ont jeté toutes leurs forces dans la bataille pour saluer leur mentor et semblaient très tristes de perdre au coup de sifflet final. Mais le propre des grandes équipes c?est aussi de savoir quitter une compétition la tête haute, en ayant mouillé le maillot et fait honneur à ses couleurs.

Inutile de venir chercher d?autres excuses et de contester la loi du sport, mais soulignons au passage qu?un arbitre japonais aurait évité le début de polémique qu?a soulevé l?arbitre Mexicain qui a officié hier, refusant notamment un 3e but parfaitement valable, voire un penalty sur Garcia dans les arrêts de jeu?

Cela dit, Liverpool confirme qu?il est meilleur dans un rôle d?outsider que dans la peau d?un favori. Et les Reds sont, pour une fois, dans le rôle de celui qui marque un but et qui s?impose en s?accrochant à son bien coûte que coûte.

En tout cas, ceux qui pensaient que le niveau de la Coupe du mondes des clubs n?était pas relevé peuvent, maintenant, ravaler leur jugement ! Sao Paulo est largement meilleur que Portsmouth?

Finalement, le plus rageant ce matin pour les supporters de Liverpool sera certainement d?entendre les quolibets de leurs ?amis? fans de Manchester United. Ces derniers ne manqueront bien évidemment pas de leur rappeler que les Red Devils, eux, avaient remporté la Coupe Intercontinentale de clubs en 1999, aux dépens de Palmeiras, 1-0 (but d?un certain Roy Keane).?

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