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L?interprétation

11 février 2006, 20:00

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L?interprétation éclaire-t-elle une matière à interpréter ? Il ne s?agit pas de retrouver derrière les mots, des valeurs, un substrat que les mots auraient déformé, il n?y a pas d?infrastructure à découvrir (Marx), une réalité sociale (Hegel), une nature ou des instincts primitifs d?une nature (Levi strauss) humaine.

Michel Foucault dans Les mots et les choses décèle quelque chose qui est déjà une interprétation et jamais une vérité qui aurait été interprétée.

Le sens primitif des mots bon et mauvais, c?est une interprétation faite par ceux qui dominent dans le corps social. Ce n?est pas une réalité, un sens premier. Interpréter n?est pas interpréter des signes mais interpréter une interprétation. Interpréter des valeurs, c?est retrouver au fond les sens grossiers des mots bon et mauvais et montrer comment ils sont liés à des actes vivants et concrets.

« Les mots eux-mêmes ne sont pas autre chose que des interprétations. Ils n?ont pas de signifié, ils imposent une interprétation. La généalogie des mots ne recouvre pas des faits, elle reconstitue des attitudes, une volonté des mobiles ; au fond, tout est déjà interprétation, la chose est l?interprétation d?autres signes ».

Penser revient donc à dévoiler une interprétation. Il n?y a pas de textes, il n?y a que des prétextes où s?affirme une volonté de puissance, d?affirmation de soi. Il n?y a donc pas d?accord entre la réalité et le langage car il n?y a pas de réalité. Mais s?il ne s?accorde pas avec la réalité au sens d?une image du réel, ne pourrait-on pas tirer à partir de là l?idée que l?on ne pourrait pas adapter le langage à la réalité afin qu?il y ait un accord ?

Le langage est utile pour coopérer, ?uvre d?intelligence, il découpe, fixe, agence extérieurement. Mais alors, ne pourrait-on pas dire qu?on ne trouvera pas un accord en cherchant une adéquation, mais cet accord ne pourrait-il pas être adapté à la réalité ? De ce point de vue, n?y aurait-il pas accord ou désaccord ?

Le citadin et le campagnard ont des modes de vie adaptés à leur existence. Pour le campagnard, le langage du citadin apparaît en désaccord avec le monde rural. N?est-ce pas de ce point de vue que le langage nécessite une adaptation plate à la vie sociale ? Les sophistes pensent ainsi que le langage fait partie de l?équipement technique où tout est de convention depuis la nomination des choses jusqu?au langage que l?on tient : c?est un accord, non du mot avec la chose, mais comme convention et même revient à l?énoncé primitif : ceci est un homme, la justice?

L?homme est homme parce qu?il est nommé tel : d?une chose on ne peut dire que son appellation. Dans ces conditions, il n?y a pas à s?accorder à la réalité. Il y a à être conforme à son intérêt. Or, contrairement à ce que l?on pensait, la thèse de l?adaptation ne se soutient que si l?on soutient l?idée qu?il n?y a pas d?accord. Le problème de l?accord n?a plus de sens si on considère que tout devient, qu?il n?y a rien de stable dans le langage. L?accord alors ne serait qu?avec l?apparence.

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