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L?imaginaire sur fond de ?Kouler Moris?

18 décembre 2005, 20:00

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Le muscle de l?exposition repose sur l?île Maurice. Cinq artistes, petits et grands, nous lancent une carte d?invitation à un banquet de style bigarré. Kouler Moris, c?est surtout une ode à l?imaginaire.

Typiquement créole. Avec ces bouffées de fraîcheur émanant des mains de Françoise Vrot, des sculptures de Michel, des cases créoles de Karo, des batiks de Laetitia Ly et des esquisses naïves et innocentes de Fabien Cango et de ses élèves.

L?exposition concocte des surprises. C?est dans cette diversité de styles et de cultures qu?on essaie de comprendre l?histoire de ce poignant partenariat.

Il a débuté tout simplement par le biais de Françoise Vrot. Elle voulait réunir des artistes. Elle s?est donc entourée de deux enseignants d?art qui donnent des cours au sein de la galerie. Notamment Fabien Cango et Michel. Karo, qui projetait d?exposer à la galerie du Coin de Mire, s?est ainsi jointe au groupe de même que Laetitia Ly. Le résultat se résume en un bouillonnant parcours au creux de la palette mauricienne.

Envie et volupté

Encore elle, celle qui passionne. Celle qui transforme l?homme en un épris. La mer a bercé le pinceau et le couteau de Françoise Vrot. En partie du moins. Elle y laisse flâner ses personnages de la mer, des pêcheurs entre autres. ?J?ai montré ce côté très alléchant de l?île Maurice que tout le monde aime voir.?

Ce qui attire le regard dans les ?uvres de Françoise Vrot, ce sont ces pigments d?acrylique or et terre qu?elle éclabousse sur la toile tendue. Ses personnages se sculptent dans le fond. L?artiste se laisse d?abord porter par ses envies de couleurs. Et des formes voluptueuses et souples se greffent sur le tout. L?éclat est toujours aussi lumineux, captivant. Elle n?hésite pas à imposer un bleu ciel piqué à vif sur un morceau de terre uni. L?homme à la fourche, celui qui laboure le sol, coupe la canne et le souffle. Il nous laisse sur une faim. Il nous prend par la gorge et nous porte loin, dans les champs de cannes. Des champs où la peintre libère son pinceau.

A l?autre extrémité de ce style résolument abstrait et subjectif, se tient Karo et son art réaliste. Rien ne viendra troubler les plis de ce sari rouge que porte fièrement l?Hindoue. Nulle ligne ne pourrait manquer d?exactitude et de dextérité. Karo parvient à exulter et à exploiter les couleurs types des cases créoles. Françoise Vrot parle d?elle et de ?ses ti coups d??il sur Maurice?.

Les tableaux que nous montrent Karo ressemblent plutôt à des clichés. Si véridiques. Dérangeant de par leur reproduction trop exacte. Le regardeur est pris par ce précisionnisme cru.

Quand l?enfant ose

Loin de là, se dresse la candeur dans son plus simple appareil. La peinture des enfants. Les tableaux sont empreints de sincérité et c?est bien cela qui nous atteint au plus profond. Que ce soit les ?uvres des élèves de Fabien Cango ou les sculptures des élèves de Michel.

?Il y avait un tel engouement autour de ces tableaux, confie Françoise Vrot. Même si les enseignants n?ont rien vendu encore, ils étaient contents de voir la réaction du public.» Ce n?est pas étonnant que l?adulte se laisse prendre par cette soudaine douceur. Quand un enfant ose s?exprimer en peinture, il en sort toujours des choses, des objets ou des personnages oubliés et farfelus. L?enfant voit au-delà du réel. Il possède cette faculté de parer la toile de simplicité au lieu de la farcir de réflexion.

De même que pour les batiks et savons sculptés de Laetitia Ly, chaque artiste communique ses messages à travers des techniques différentes. Quand petits et grands se conjuguent dans une même exposition, le résultat ne peut qu?être des plus intéressants.

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