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L?heure de vérité
La durabilité de l?alliance MMM-MSM est devenue une question dominante de l?actualité. Les observateurs politiques seront à l?affût du moindre indice lors de la campagne en vue du 1er Mai, qui démarre cet après-midi à Goodlands et à Triolet pour l?alliance au pouvoir.
Certes, il n?existe aucun fait concret qui expose des fissures dans les relations entre les deux leaders, Paul Bérenger et Pravind Jugnauth, mais certains positionnements au MSM ouvrent, imperceptiblement, la perspective d?une recomposition politique. Des rapports sont établis entre le MSM et le PTr. L?explication se trouve dans les aspirations électoralistes des seconds couteaux du MSM.
Le scénario d?une grogne parmi les membres ordinaires au sein de cette composante du pouvoir a commencé à se dérouler après la débâcle de l?alliance au pouvoir à la partielle de Rivière-du-Rempart. Certains membres du MSM ont cédé à la panique en constatant l?ampleur de la victoire du PTr.
Atterrés par cette défaite, ils font l?analyse que ce qui reste de leur base sera laminée par les travaillistes si ceux-ci insistent dans leurs attaques frontales contre la personne de Paul Bérenger lors de la prochaine campagne électorale. En particulier ce sont les élus du MSM issus des régions rurales qui sont concernés par le mouvement de contestation.
Ils ne sont pas rentrés dans le rang même si leur leader continue de dénoncer avec vigueur les travaillistes. Hier encore, à la conférence de presse de l?alliance MMM-MSM, Pravind Jugnauth a stigmatisé le ?communalisme? et la ?démagogie? de l?opposition. Ce n?est pas l?absence d?ambiguïté dans ses propos qui empêche ses troupes d?évoquer, de plus en plus ouvertement, un changement de partenaire.
Un moyen de rassurer les éléments du MSM, qui seront candidats dans les régions rurales, aurait été d?accepter la formule proposée par Emmanuel Leung Shing au comité parlementaire sur la réforme électorale. Il préconise le repêchage systématique du candidat arrivé juste derrière les trois élus. Cette formule aurait l?avantage de garantir un certain nombre de sièges au MSM même si le PTr devait rafler la mise dans les villages et le MMM dans les villes. Toutefois, cette formule est vivement combattue par le secrétaire général et d?autres caciques du MMM. En revanche, le leader, Paul Bérenger, reste ouvert à toutes les propositions.
Outre les réunions de mobilisation en vue du 1er Mai, le congrès du MSM, qui se tiendra ce dimanche, devra être riche d?enseignements sur ses intentions réelles. Soit Pravind Jugnauth rappelle à l?ordre ceux qui sont tentés par la recherche d?une autre alliance, soit il décide de les soutenir passivement. Sa méfiance quasi viscérale envers les travaillistes le portera à se pencher pour la première option mais rien n?est sûr. Certains de ses proches pèsent d?un poids capable d?influer sur la marche des événements.
Si, en dépit des probabilités, un rapprochement entre le PTr et le MSM devait se concrétiser, ce serait le début d?un nouveau cycle politique. Une alliance entre le MSM de Pravind Jugnauth et le PTr, avec à sa tête Navin Ramgoolam et Rashid Beebeejaun, reproduira la configuration du paysage qui a existé en 1967 avec Sir Seewoosagur Ramgoolam, Razack Mohamed et Sookdeo Bissoondoyal. La forte polarisation ethnique qu?elle a engendrée a marqué une des pages les plus sombres de notre histoire.
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