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Les vêtements chinois bloqués en Europe font les affaires de Maurice

26 août 2005, 00:00

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Les autorités européennes ne savent plus où donner de la tête. Des dizaines de millions de pièces de vêtements chinois s?accumulent dans les ports, bloqués par les quotas imposés en juin dernier par la Commission européenne. A Maurice, les industriels du textile-habillement se réjouissent, même si ce n?est pas l?euphorie. Des commandes additionnelles, et non prévues, arrivent.

Selon l?Agence France Presse (AFP), les derniers chiffres disponibles indiquent qu?il y 44 millions de pull-overs, 17 million de pantalons, 1,6 million de t-shirts, 3,4 millions de soutiens-gorge et 500 000 chemisiers bloqués dans les ports européens. (Voir page 16).

En juin, la Chine avait accepté de limiter la croissance de ses exportations de vêtements sur l?Europe, dans une fourchette de 8 à 12,5 % annuellement, jusqu?en 2007. Ces limites ont été atteintes, a décrété la Commission européenne en début de semaine. Leurs commandes restant bloquées, les acheteurs européens s?agitent afin de trouver d?autres sources d?approvisionnement.

?Nous avons eu quelques commandes, mais en quantité marginale, de la part de clients au bas de l?échelle. Les gros clients avec lesquels nous travaillons avaient déjà anticipé et pris des précautions. Les petits clients sont coincés et peuvent difficilement se retourner tandis que l?hiver en Europe est derrière la porte?, déclare Nicolas Maigrot, directeur de Floréal Knitwear, fabricant de pull.

Etant donné que le pull nécessite un plus long délai de fabrication, ce n?est pas cette année que Floréal Knitwear pourra tirer le maximum de bénéfices de la situation. L?usine a d?ailleurs déjà atteint ses capacités de production. ?Ce qui est intéressant pour nous, c?est que les acheteurs devront changer de stratégie et étaler leurs achats sur plusieurs pays pour minimiser les risques. Cela va définitivement jouer en notre faveur. Ce sera positif pour Maurice et la région?, ajoute Nicolas Maigrot. Il précise toutefois que le marché européen reste malgré tout difficile. Les prix ont baissé de deux euros en moyenne sur un pull-over, en raison de l?invasion chinoise.

Du côté de Tropic Knits, des commandes supplémentaires pour des t-shirts ont été aussi reçues. ?Nous bénéficions de la situation. Certains clients anglais ont passé beaucoup de commandes récemment?, déclare François Eynaud, directeur de l?entreprise. Ces clients anglais dépendaient beaucoup de la Chine comme source d?approvisionnement.

François Eynaud relativise quelque peu en disant que la Chine n?est pas le fournisseur dominant sur le marché européen du t-shirt. Les vrais concurrents de Maurice dans cette filière sont le Bangladesh et la Turquie. ?Avec le quasi-blocus sur les vêtements chinois en Europe, Maurice, mais aussi d?autres pays, vont en bénéficier?, ajoute-t-il.

En Europe toutefois, on assiste à une guerre d?intérêt entre les acheteurs et les consommateurs d?une part et les industriels du textile et de l?habillement de l?autre. Les détaillants déclarent qu?ils n?auront bientôt plus rien à mettre sur leurs rayons car leurs commandes restent bloquées. Les consommateurs font cause commune pour critiquer les quotas. On risque de ne rien avoir à se mettre en hiver, soutient la BEUC, une association européenne de consommateurs.

Face à la levée de boucliers, l?Europe des 25 a demandé au commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, de trouver une solution plus flexible. Ce dernier est d?ailleurs à Pékin pour des discussions sur le textile. Une volte-face de l?Union européenne n?est pas à écarter.

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